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CHAPITRE XXVIII

ÉPURATION DES EAUX D'EGOUT

rifiée, est ensuite épurée. Lorsqu'on la recueille, après son passag-e à travers le sol perméable, on la trouve limpide, dépourvue d'azote organique ou ammoniacal, aussi pauvre en microbes que les eaux souterraines, chargée il est vrai de chaux, de chlore, de nitrates, en assez forte proportion, qui révèlent à Tobservateur exercé son origine, mais dont on n'a plus rien à redouter, de sorte que non seulement on peut la rejeter dans les nappes superficielles ou souterraines, sans crainte de les contaminer, mais que souvent elle y fournit un appoint beaucoup plus pur que ne le sont leurs propres eaux.

Les ingénieurs^ qui se sont proposé de mettre à profit cette précieuse propriété du sol, n'ont pas tardé à reconnaître que, pour obtenir une épuration parfaite, il est indispensable que l'air se renouvelle fréquemment dans les pores du sol, où l'eau d'égout, dépourvue d'oxygène, n'apporte pas Télément primordial indispensable à la combustion des substances organiques : d'oii la nécessité de procéder par intermittence, de laisser le sol s'égoutter, après chaque arrosage, pendant un temps suffisant pour que l'air en pénètre la masse et lui rende son activité première. Telle est l'origine du procédé dit de la filtration intermittente^ qui a été préconisé d'abord en Angleterre, et que les expériences de la station de Lawrence (Massachusetts) ont remis en honneur dans ces dernières années.

Il diffère essentiellement par là du filtrage des eaux destinées à l'alimentation, qui peut s'opérer au contraire d'une manière continue, sans doute parce que les eaux superficielles qu'on soumet à cette opération contiennent, à l'encontre de ce qui se passe dans les eaux d'égout, une forte proportion d'oxygène et sont d^ailleurs relativement très peu chargées de matières organiques : d'autre part, il s'en rapproche par l'obligation, oii l'on se trouve dans l'un comme dans l'autre cas, de revivifier de temps à autre la surface filtrante, ce qui se fait en l'espèce par un travail d'ameublissement et de retournement superficiel, tout à fait analogue au labour. On conçoit que, le feutrage de la surface se faisant beaucoup plus vite avec des eaux plus chargées, cette revivification doit avoir lieu à intervalles plus rapprochés, d'où résulte une diminution sensible du temps consacré à l'amenée des eaux

à épurer; les périodes de repos, consacrées à régoutlement des terres, viennent aussi réduire, et dans une proportion bien plus forte encore, la durée d'activité du filtre : il est donc facile de comprendre que le volunne d'eau d'égout, qu'on pourra y traiter, sera toujours très inférieur à celui de Feau filtrée à travers les filtres à sable des distributions d'eau. Au lieu de la tranche d'eau de 2 m. 40 d'épaisseur, à laquelle la pratique journalière a conduit pour ces derniers^ et qui représente, en tenant compte des nettoyages superficiels périodiques, au moins 5.000.000 de mètres cubes par an et par hectare, on ne pourrait, diaprés les expériences de Lawrence, dépasser 350.000 mètres cubes, sans nuire à la perfection de l'épuration.

Le sol qui convient le mieux à la filtration intermittente est celui qui est moyennement perméable : dans un sol trop poreux, l'eau s'écoulerait trop vite et ne serait sans doute pas complètement épurée. On choisira donc de préférence les couches arénacées, à pores fins et réguliers, plutôt que les couches de gros graviers ou de calcaires fendillés, qui risqueraient de ne pas donner un résultat aussi parfait.

Il faut aussi que l'épaisseur de la couche perméable soit telle que l'eau y séjourne nécessairement durant un temps convenable : suivant la nature du sol^ son degré de porosité et la quantité d'eau à épurer par unité de surface, on pourra se contenter d'un écart plus ou moins grand entre la surface du filtre et la nappe souterraine qui en constitue le fond. Il convient, en général, de ne pas descendre au-dessous de 1 mètre d'épaisseur, bien qu'on puisse citer des cas où cette limite n'est pas atteinte : la sécurité est plus grande et l'épuration plus certaine quand le filtre a une épaisseur de plusieurs mètres. On maintient d'ailleurs cette épaisseur par un drainage plus ou moins profond, quand le relèvement de la nappe, qui est souvent une conséquence inévitable de l'opération, tendrait à la réduire au delà des limites admises : ce moyen permet même de l'augmenter parfois, en abaissant le niveau primitif de la nappe, de manière à rendre utilisables des terrains qui, au premier abord, ne semblaient guère propres à un pareil usage.

Dans la pratique^ les considérations d'économie bien entendue

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