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CHAPITRE XXVIli. — EPURATION DES EAUX D'ËGOUT

et les ménagements commandés par Topinion feront rechercher, pour le Irailemenl des eaux d'égout par ce procédé, des terrains situés à l'aval des agglomérations, et autant que possible à un niveau inférieur, de manière à éviter les frais d'un relèvement mécanique, en y dirigeant l'efflux urbain par simple gravité, et à ne point provoquer des craintes de contamination, par suite du déversement des eaux épurées, dans les rivières, en amont des villes qu'on se propose d^assainir. Le terrain choisi, on devra en régler la surface avec un soin minutieux, afin d'y répartir Teau d'une manière absolument régulière, soit en nappe superficielle de faible épaisseur, soit par une série de rigoles. Il conviendra, pour éviter le feutrage trop rapide de la surface, de procéder, avant toute répartition de l'eau d'égout, à un dégrossissage préalable, pour retenir les fumiers et les sables; puis on réglera Famenée de reau,de telle sorte que les arrosages se succèdent à des intervalles réguliers, et que chacun d'eux comporte une même quantité d'eau, variable d'ailleurs suivant les circonstances locales et le régime adopté.

800. lItiIi§iatioii agricole. — L'eau d'égout constituant un véritable engrais liquide, qui se prête à une distribution facile, par voie d'irrigation sur le sol en culture, les agriculteurs en ont de tout temps apprécié la valeur au point de vue de la fertilisalion des terres ; et, sans remonter aux temps antiques, on trouve des exemples fameux de leur emploi agricole persistant dans les riches huertas^ créées par les Maures auprès des villes de l'Espagne méridionale^ telles que Valence et Murcie, dans les prés marcite des environs de Milan^ et dans les dunes de Craigentinny^ transformées en magnifiques prairies, vers le milieu du xvni° siècle, par le déversement des eaux d'égout d'Edimbourg.

L^idée devait donc venir tout naturellement de combiner avec l'épuration, recommandée par l'hygiène moderne et pour laquelle le sol arable se trouve si bien approprié, Vutilisation agricole, qui éviterait d'immobiliser pour les besoins de la salubrité de vastes surfaces cultivables, en laissant par ailleurs se perdre des masses de matières capables de les enrichir, et procurerait des revenus susceptibles d'entrer en compensation avec

les dépenses importantes que les villes doivent s'iniposer pour la sauvegarde de la sanlé publique.

Cette idée apparaît si séduisante que, dans la plupart des localités où l^on a demandé au sol naturel l'épuration de Fefflux urbain, on a voulu y associer une utilisation culturale des matières fertilisantes qu'il contient. Nulle part, il est vrai, on n'a été jusqu'à l'utilisation intégrale de ces matières, dont les frais seraient presque toujours supérieurs au produit effectif; et les villes se contentent de faire œuvre de salubrité, refusant ajuste titre d'aller au delà, tandis que les agriculteurs, n'y pouvant trouver une rémunération suffisante de leurs débours, ne se soucient point de s'en charger. C'est donc à un compromis, comportant seulement une utilisation partielle^ qu'on s'est arrêté en général : l'épuration est réalisée, non point par la filtration intermittente sur sol nu, poussée à la dose maxima, mais au moyen d'irrigations beaucoup moins intensives, sur des terres cultivées, conduites de manière à obtenir à la fois le résultat hygiénique que l'on s'est proposé, dans les conditions les plus satisfaisantes, et, par surcroît, des récoltes plus ou moins rémunératrices. Ce système, qui a été mis en pratique par plus de 200 villes anglaises et hautement préconisé en France par Mille et Alfred Durand-Claye, a trouvé une application remarquable dans l'assainissement de la ville de Berlin, qui exploite en régie depuis plus d'un quart de siècle de vastes champs d'épuration. C'est aussi celui que les pouvoirs publics ont imposé à la ville de Paris, à la suite du succès de la belle expérience de Gennevilliers, entreprise dès juin 1868, en fixant arbitrairement à 40.000 mètres cubes par hectare et par an la quantité d'eau d'égout que les lois du 4 avril 1889 et du 10 juillet 1894 l'autorisent à déverser sur le parc agricole d'Achères et sur ses autres champs d'épuration.

L'écart entre les besoins agricoles et les possibilités de l'épuration est grand, puisque, au chiffre de 350.000 mètres cubes par hectare et par an, qui résulte des expériences de Lawrence (Massachusetts) et avec lequel on obtient encore la transformation complète des substances nuisibles, les partisans de l'utilisation absolue opposent celui de 8.000 à 10.000 mètres cubes

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