PREMIÈRE PARTIE
HYDROLOGIE
Une couche de neige persistante de quelque épaisseur exerce sur les toitures des bâtiments une pression considérable : c'est une surcharge accidentelle dont il ne faut pas manquer de tenir grand compte dans le calcul de la charpente des combles. Peutêtre ne l'avait-on pas fait suffisamment lors de l'établissement du vaste comble en fer, de construction moderne, qui recouvrait le marché du Château-d'Eau à Paris, et qui, dans Fhiver de 1879-1880, s"est effondré sous sa charge de neige.
Lorsque le dégel survient, la masse de neige se liquéfie plus ou moins rapidement : si la fusion est lente, Técoulement de Teau qui en résulte se fait dans les conditions normales ; si elle est rapide, il peut donner lieu à un gonflement immédiat des cours d'eau, à des montées subites dites crues de fonte des neiges. Ces crues sont toujours moins brusques, partant moins dangereuses que celles dues aux grands orages ; l'élévation de la température permet d'ailleurs de les prévoir, mais, par contre, elles sont d'ordinaire à peu près générales et s'étendent à la fois à toute une région.
Dans la montagne, l'accumulation des neiges donne lieu aux avalanches. On donne ce nom à la chute subite d'une masse de neige, qui, se détachant tout à coup, roule sur les pentes abruptes, entraînant les blocs de rocher, semant la désolation sur son passage, détruisant les plantations, les villages, etc. Un commencement de fusion amène une diminution du coefficient de frottement, qui devient à un moment donné insuffisant pour retenir la neige sur les fortes pentes, et le glissement se produit. Il est des points où ce phénomène a lieu chaque année et laisse une trace permanente ; on y constate l'existence de couloirs d'avalanches : au pied de chacun de ces couloirs il se forme un cône, presque toujours de couleur noirâtre, à cause des quartiers de roche et des particules de terre que la masse de neige entraîne dans sa chute ; quand la fusion se produit, elle provoque souvent l'ouverture d'un pont de neige à la partie inférieure du cône, parce que l'eau de fusion tend à descendre vers le bas, lorsqu'elle atteint la température de 4% qui est celle de son maximum de densité; après la fusion complète, il reste un cône de déôris, âoid les pentes, moins prononcées que celles