‹ Hydraulique agricole et urbaineChapitre 61 sur 415 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

EFFETS PRODUITS PAR LES EAUX

du cône de neige, restent plus fortes que celles des cônes de déjections des torrents, et qui est reconnaissable à la nature des matériaux qui le composent, dont les angles aigus attestent qu'ils n'ont pas été usés pendant la descente comme ceux que roulent les torrents.

La couche légère de glace qui recouvre le sol en cas de verglas devient bien vite une gêne fort grave pour la circulation : les chevaux glissent, les piétons eux-mêmes s'y aventurent difficilement ; on a gardé à Paris le souvenir du verglas du i^'' janvier 1875. A Fontainebleau, le 22 janvier 1879, il y a eu un verglas extraordinaire^ dû à une pluie froide et continue de 36 heures, alors que le thermomètre se maintenait à — 3*^ : la couche de glace avait 0 m. 02 à 0 m. 03 d'épaisseur ; elle adhérait aux toits même les plus inclinés, s'attachait aux parois verticales des murs, se moulait sur tous les objets, formant des stalactites aux parties saillantes des édifices ; les arbustes, les arbres verts formaient des blocs, des pyramides de glace ; les herbes, les branchages des arbres à feuilles caduques étaient recouverts de gaines de glace, atteignant quatre ou cinq fois le diamètre de la partie enveloppée ; beaucoup d'arbres ont cédé

sous le poids. Le capitaine Piébourg, qui a donné une intéressante relation de ce phénomène exceptionnel, a relevé les croquis reproduits ci-dessus : le premier donne la coupe d'un fil télégraphique avec sa gaine de glace ; le second représente une branche de bouleau qui a été trouvée pesant 700 grammes et qui n'en pesait plus que 50 quand la glace a été fondue.

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