PREMIERE PARTIE. — HYDROLOGIE
tant de l'action destructive des agents atmosphériques sur les surfaces de terrains nues, des fendillements, des glissements, des éboulements auxquels cette action donne lieu : les clappes ou casses^ amas de blocs et de pierrailles qui se forment par suite d'éboulis ou d'avalanches dans le bassin de réception ou le canal d'écoulement de certains torrents, contribuent aussi à grossir la masse des matériaux entraînés ; la destruction progressive des cultures forestière et pastorale vient y ajouter encore, en livrant à la destruction par les agents naturels des surfaces de plus eu plus étendues. Après un certain parcours, les matériaux charriés par les eaux forment des dépôts ; Surell dislingue dans ces dépôts les boues ou laves, les graviers, les galets et les blocs : les blocs, parfois de dimensions considérables, se sont en général détachés des parties hautes des berges, dans certains cas le canal d'écoulement en est tellement parsemé qu^on le traite comme une carrière de pierres et qu'on y installe une véritable exploitation ; les galets, c'est-à-dire les pierres roulées de moins de Om.25 de côté, proviennent des terrains primitifs ou éruptifs ; ils s'arrêtent quand la pente tombe entre 0 m. 05 et 0 m. 025 par mètre ; les graviers^ débris de grosseur égale ou inférieure à celle des matériaux d'empierrement, se déposent lorsque la déclivité du lit descend au-dessous de Cm. 025 ; quant aux boues ou laves, elles sont composées de particules ténues fournies par les terrains arénacés ou les roches tendres et enveloppent souvent des graviers ou des galets qu'elles entraînent ; elles circulent longtemps si elles sont très délayées ; dans le cas contraire, elles ne tardent pas à s'arrêter, se dessèchent, deviennent alors imperméables en formant une sorte de béton ou de poudingue quelquefois assez dur, sous lequel toute végétation est détruite.
Dans les cours d'eau tranquilles et peu profonds, qui ne déterminent ni corrosion du fond ou des berges, ni entraînement ou dépôt de matériaux, la végétation aquatique se développe rapidement et ne tarde pas à encombrer le lit au point d'y gêner l'écoulement des eaux. Parmi les nombreuses plantes, qui constituent cette végétation spéciale^ on distingue les plantes de fond et les plantes de surface : les premières prennent racine au fond