CHAPITRE VI
le tracé d'une route, d'une voie de communication quelconque, on cherche à éviter les couloirs d'avalanche : s'il est nécessaire d^ea franchir parfois, ou bien Ton jette par-dessus et à hauteur suffisante des ouvrages de g-rande portée ou bien Ton s'enfonce en souterrain dans le flanc de la montagne.
Récemment on a imaginé de protéger les récoltes, dans les régions exposées à la grêle, en disposant de distance en distance des canons ou mortiers^ dont le tir est considéré comme un moyen de modifier les circonstances atmosphériques, d'oii résultent ces précipitations météoriques parfois si redoutables : malgré l'incrédulité de bien des cultivateurs, les partisans de \ artillerie paragrêle invoquent des faits nombreux déjà, prétendent avoir obtenu des résultats, et tendent à constituer des associations de défense, notamment dans les pays de vignobles.
Dans le même ordre d'idées, on est parvenu à combattre très heureusement, au printemps, les gelées blanches, si désastreuses pour les récoltes hâtives, en créant à volonté des nuages artificiels, par la combustion de quelques doses de naphtaline, qu'on répartit dans des petits sacs, à intervalles rapprochés, et auxquelles on met le feu^, par les nuits sereines oii la gelée est particulièrement à redouter.
38. Défense contre les torrents. -— C'est également eri s'attaquant aux causes mêmes, qui déterminent la formation des torrents, qu'on est parvenu à en combattre efficacement les effets; et Ton y a surtout réussi en faisant appel aux moyens qu'emploie la nature elle-même, sauf à compléter parfois le système par quelques travaux spéciaux. Dans un bel ouvrage sur ce sujet, Ph. Breton a tracé de façon précise les règles de la défense contre les torrents ; depuis, Demontzey les a développées dans son Traité pratique du reboisement (1882)^ qui est devenu classique; et, plus récemment (1891), M. Thiéry, professeur à l'Ecole forestière, a traité le même sujet dans son livre sur \^ Restauration des montagnes et la correction des torrents.
En vertu du principe qu'il faut empêcher la formation des torrents plutôt qu'en chercher à restreindre les effets, c'est dans le bassin de réception que les efforts ont dû nécessairement porter.