CHAPITRE VI
TRAVAUX POUR COMBATTRE LES EFFETS NUISIBLES lOt
tente d'édifier de petits barrag-es en pierres sèches, derrière lesquels les dépôts viennent se former : quand TefFet d'un de ces barrages est terminé, on en élève un autre, et ainsi de suite successivement, de manière à régler peu à peu l'extension du cône ou de la pyramide de déjection.
Les anciennes routes en pays de montagne étaient souvent établies sur les dépôts mêmes des torrents et les franchissaient à gué, au risque d'être interceptées à chaque crue : la route du mont Genèvre par la vallée de la Romanche (route nationale, n'^ 194) rencontrait et franchissait de la sorte autrefois jusqu'à 18 lits de torrents. Aujourd'hui on évite le plus possible ces passages incommodes et précaires, soit en reportant le tracé vers le cours d'eau principal, au delà du cône de déjection^ soit en le rejetant au contraire vers la montagne et passant alors en tunnel sous le lit ou par dessus au moyen d'un pont. Ce dernier ouvrage doit être d'une seule volée^ sans piles ou palées intermédiaires; les culées sont construites en libages ou gros blocs scellés au moyen de crampons en fer, avec arêtes arrondies ; le tablier, léger et rustique, est fréquemment composé de pièces de bois en grume, dont le remplacement est facile et peu coûteux, si quelque jour le torrent vient à les entraîner ; au-dessous, le lit est réglé suivant une forme concave et pourvu d'un revêtement en fascinages ou en maçonnerie.
La correction des torrents^ dont les procédés viennent d'être décrits, est maintenant pratiquée sur une assez vaste échelle en France, où de 1861 à 1888, d'après Demontzey, on est parvenu à défendre contre les ravages des torrents 144.000 hectares de terres. On rencontre de beaux travaux du même ordre en beaucoup de points du territoire suisse.