‹ Hydraulique agricole et urbaineChapitre 83 sur 415 · PREMIÈRE PARTIE. - HYDROLOGIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. - HYDROLOGIE

Quelque manifeste que soit l'utilité de pareils travaux de défense, ils n'en ont pas moins rencontré à l'origine une résistance opiniâtre de la part des populations^ soit qu'elles aient obéi à des préjugés invétérés, soit qu'elles aient redouté les mesures restrictives de la liberté du pâturage qui en sont la conséquence; et il a fallu recourir à l'intervention du législateur pour les rendre possibles chez nous, oii il était cependant devenu si nécessaire de réagir contre un mal singulièrement menaçant, depuis que la remise des anciennes forêts seigneuriales aux communes, en facilitant les abus du pacage et les défrichements généraux, était venue hâter la ruine de vastes régions déjà bien compromises par des coupes inconsidérées. Dès le 23 juillet 1805 (4 thermidor an XIII) un décret spécial au département des Hautes-Alpes, qui a été en 1806 (13 septembre) étendu à ceux des Basses-Alpes et de la Drôme, prescrivait la constitution de syndicats de défense et l'exécution de travaux dont la dépense serait répartie entre les intéressés ; mais les résultats furent insignifiants, faute de ressources d'une part, faute de direction rationnelle de l'autre dans la conception des ouvrages. li a fallu l'étude magistrale deSurell pour ouvrir la véritable voie : à son cri d'alarme, l'Administration, justement émue par les grandes inondations de 1856, répondait par la mise en préparation d'une loi spéciale, qui a été sanctionnée le 28 juillet 1860^ et qui, prévoyant deux ordres de travaux, les uns facultatifs, les autres obligatoires, comportait pour les premiers des encouragements, sous formée de subventions en nature ou en argent, pour les seconds, des mesures coercitives comme Xd^déterminatioti du périmètre et la déclaration d'utilité publique^ qui entraînaient la prise de possession des terrains communaux par l'Etat, en vue du reboisement, et lui permettaient de se couvrir du montant des travaux, soit par la jouissance de ces terrains jusqu'à parfait remboursement, soit par la conservation en toute propriété de la moitié de leur superficie totale. Ces conditions, trop rigoureuses, ont été bientôt modifiées par la loi du 8 juin 1864, qui a permis de substituer au reboisement trop coûteux le simple gazonnement et réduit alors au quart la part de l'Etat, puis, introduit le principe d'une indemnité pour le cas de privation tempo-

raire des droits de pâturage. Sous Tempire de cette lég-islalion, des résultats déjà fort intéressants ont pu être obtenus ; mais en même temps on a dû reconnaître que les conditions faites aux communes pauvres de nos montagnes étaient encore trop onéreuses pour leurs maigres ressources, et il a fallu remanier une fois de plus le régime légal de la correction des torrents par la loi du 4 avril i882, dite de « restauration et de conservation des terrains en montagne ». Ce dernier monument législatif a rétabli en la matière le droit commun pour ce qui concerne Texpropriation, qui, dans l'étendue des périmètres, se fait désormais par application de la loi du 3 mai 1841 ; il a d'ailleurs prévu la revision des anciens périmètres^ l'acquisition par l'Etat dans les cinq ans et le paiement en dix annuités des terrains maintenus dans les périmètres revisés : en môme temps il a édicté des mesures de protection contre les abus du pacage, qui sont la mise en défends, prononcée pour dix ans par le Conseil d'Etat à charge d'indemnité, ^iX^réglementation du pâturage sans indemnité, qu'un règlement d'administration publique du 11 juillet 1882 a établie dans 324 communes (,143 dans les départements des Alpes, 45 dans ceux des Pyrénées, 136 dans ceux des Cévennes). Les garanties supérieures ainsi offertes aux intéressés ont eu pour effet défaire tomber l'opposition systématique d'autrefois, et, dès lors, l'extension des travaux ne rencontre plus d'autre obstacle sérieux que la difficulté de trouver les sommes nécessaires pour en couvrir les frais.

39. Faiicardeiiictat. — L'enlèvement des herbes aquatiques, qui poussent dans les eaux tranquilles et en viennent entraver l'écoulement, constitue un travail d'entretien fréquemment effectué sur les petits cours d^eau et qu'on désigne du nom de faucardement : il comprend la coupe ou Tarrachage des plantes et leur enlèvement.

La coupe des plantes de fond peut être opérée à bras au moyen de la faux ordinaire, qui est alors pourvue d'un long manche et qu'on manœuvre, soit de la berge, soit du haut d'un bachot, de manière à sectionner les liges sous l'eau et le plus bas possible. Mais ce travail est fort pénible, et on a cherché à le rendre

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