‹ Hydraulique agricoleChapitre 2 sur 92 · DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA PREMIÈRE ÉDITION

Wkft et «VMilftse» «e inrrlc»||9B.

Il eBt une grwde et belle industrie, capable d'agir puissamment sur les progrès de réconoroie rurale , et par conséqaent sur la prospérité, de beau* coup de pays. Malheureusement trop peu connue JQsqu'alors , Tirrigation , à lamelle chacun s'inté-. resse^est demeurée circonscrite dans un petit nombre de contrées 9 qui ont joui, comme à Técart, des grands avantages qu'elle procure. Cette industrie demande à se propager ; les procédés qu'elle emploie

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ont besoin d'être popularisés , ao grand avantage de la richesse publique.

L'irrigalioù est Tart d'obtenir de la terre , par un bon emploi des eaux, des produits plus abondants, plus variés , et surtout plus réguliers que ceux auxquels on peut prétendre par la culture ordinaire. Son but est d'augmenter les facultés productives du sol par l'emploi d'un agent naturel. Elle est donc la plus réelle, la plus permanente des améliorations que réclame l'agriculture.

L'irrigation est un art; car sa pratique consiste dans une suite d'opérations dont le succès dépend beaucoup du BJqs ou moins d'intelligence, du plus ou moins d'habileté qu'on y apporte. L'irrigation est une science; car, soit qu'on veuille envisager à fond le rôle qu'elle joue dans l'économie végétale, soit qu'on veuille s'assurer des moyens de la pratiquer, avec ordre et économie, par ui\e exacte distribution des eaux, on est ainsi conduit, d'une part, jusqu'aux tonsidéralions théoriques (es plus délicates, les plus inexplorées, de la chimie agricole ; de l'autre, jusqu'aux problèmes les plus ardue de l'hydraulique. II en est ainsi peut-être de beaucoup d'autres opérations analogues; toutes ont du moins leur théorie et leur pratique. Mais ici la théorie et la pratique, ou, en d'autres termes, la science et l'art, se trouvent plus 'étroitement unis que partout* ailleurs; et les découvertes progressives de la science n'ont été nulle part aussi immédiatement mises à profit.

C'est une vaste étude que celle de l'irrigation ;

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oon-seulemeat parce qu*elle se modifie^ d'une manière notable, d'un climat à un antre, et dans des circonstances locales différentes ; mais encore parce qu'elle compréhd plusieurs pratiques, essentiellement distinctes les unes des autres, dans leur but comme dans leurs moyens. Ainsi Tirrigation ordiâaire d'été n'a rien de Commun avec celle que, dans quelques contrées d'Italie, on effectue au cœur même de l'hiver avec oectitudê d'en tirer de grands avantages. L'usage de l'eau, pour les rizières, n'a aucun rapport avec celui qui a lieu sur les prairies et autres cultures irrigables de nature analogue. L'emploi des eaux claires et celui des eauic troubles, se placent encore dans des conditions tvès-dissemblables. Les unes, tout en stimulant la végétation, fatiguent et appauvrissent souvent le'sol, qui a besoin d'étré réparé en conséquence ; les ' antres, quand elles «ont de bonne natare, non-seulement suppléent à ces inconvénients , niais, dans beaucoup de cas, fournissent encore à la terre, en sus de ce que consomme immédiatement la végétation, un excédant de sucs nourriciers (1).

A Tun et à l'autre de ces deux états, l'eau présente des avantsfges et des inconvénients particuliers.

Le Milanais et l'ancienne Egypte, fournissent les exemples les plus saillants de l'usage des eaux claires et de celui des eaux troubles.

(4) Les eaux de source et les eaax calcaires en général sont incoiilesUiblement dans la catégorie de celles qae Ton ne peut employer qu'avec beaucoup de réserve^ qui réclament toujours le concours des engrais^ et qui sont souvent plus nuisibles qu'utiles.

Aujourd'hui on peut encore faire la mâme comparaison entre les^ irrigations de la Lombardie, effectuées presque exclusivement au moyen d^eanx limpides» et celles de la Provence, où Ton n'opère que sur des eaux plus ou moins.chargées de matières terreuses. Ces divers modes d'irrigation seront examinés chacun en son lieu et a^ec les détails nécessaires.

Ce n'est point ici le lieu de parler des arrosages effectués à l'aide de machines. Il n'est donc question, dans ce traité, que de l'irrigation proprement dite, c'est-à-dire de celle qui s'effectue, avec ou sans barrage, au moyen d'eaux naturelles, coulant à un ni* veau convenable pour qu'elles puissent être dérivées, en quantité suffisante, sur toute l'étendue des terres à arroser.

Nul doute que l'irrigation ne soi( bonne et utile, dans toutes les contrées et sous toutes les latitudes; il y a cependant quelques distinctions à faire sur ce point. Et d'abord, on doit remarquer qu'eji partant des zones tempérées, à mesure qu'on s'avance vers le nord, l'humidité naturelle et moyenne de l'atmosphère, entretenue par la fréquence des pluies, augmente de pins en plue. On rencontre là ce qu'on a appelé, avec raison , les climats équilibrés ; c'csl-àdire dans lesqnels les alternatives de pluie et de sécheresse se trouvent à peu près réglées, d'une manière aussi favorable que possible au succès des cultures usuelles.

Dans ces contrées, l'irrigation pratiquée sur une grande échelle serait aussi coûteuse à établir que

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partoal ailleurs, 6t ne donnerait que rarement des résultats capables de dédomoiager des frais qu'elle aurait occasionnés.

Mais les considérations relatives à la zone climatérique ne seraient pas suffisantes; la possibilité de rirrigation sur une grande échelle réclame impérieusement des conditions hydrographiques toutes particulières; et, sous ce dernier rapport, la région éminemment propre aux irrigations dans notre hémisphère se place entre le 4S* et le 46* degré de latitade.

On voit, par la carte générale (PL I" de TÂtlas), que les magnifiques irrigations de l'Italie se trouvent essentiellement dans cette zone.

Mais pour expliquer complètement les conditions de leur existence, les considérations relatives à la zone climatérique ne seraient pas suffisantes.

Pour arriver à * comprendre tout le bien que les eaux peuvent produire, en agriculture ; pour expliquer, par exemple, les étonnants résultats de rirrigation modèle du Milanais, il faut s'élever à des considérations pins étendues; il faut remonter jusqu'aux cimes des plus hautes montagnes, au milieu des glaciers et des neiges perpétuelles, et pénétrer, sii^on en réalité, au moins par la pensée, dans ce vaste laboratoire de la nature, pour y chercher les causes de phénomènes naturels, ayant la plus grande influence sur le sucdès des grands arrosages. Je dirai donc brièvement quelques mote sur cet objet.

Les groupes des principales montagnes réparties

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