‹ Hydraulique agricoleChapitre 27 sur 92 · LACS ET RIVIÈRES · texte numérisé non relu

LACS ET RIVIÈRES

volume est loin d'en être épuisé, on ne peut estimer sa portée moyenne en cette saison, à moins de 2.800 onces, ce qui approche de 1 .200 mètres cubes par seconde. Dans des crues extraordinaires , on a calculé que le volume que roule cette rivière, allait au moins à 6.000 mètres cubes, ce qui n*est pas étonnant, d'après l'étendue du bassin dont il reçoit les eaux.

Les pentes du Tessin, à partir de sa sortie du lac, sont variables depuis O^jîO jusqu'à 2*, 05 par kilomètres.

L'Adda, parle nfoyen du lac de Côme, jouit d'avantages analogues à ceux qui viennent d'être signalés pour le Tessin; mais à un degré moins marqué. Ainsi, encore bien que, sur une longueur de plus de 120 kilomètres, il parcoure toute l'étendue de la Valteline, vaste vallée, à la partie supérieure de laquelle ses sources se forment, principalement par la fonte des neiges; quoique la Maïra, autre torrent qui se jette aussi dans la partie la plus septentrionale du lac de Côme, s'alimente de la même manière, ce lac n'a pas, à beaucoup près, par ses affluents, les mêmes ressources que le précédent; il n'a pas, comme lui, un cortège de petits lacs supérieurs qui lui versent avec régularité le tribut de leurs eaux clarifiées. Celqi d'Annone est le seul qui lui envoie les siennes. Ceux de Sagrino, de Pasiano et d'Alserio ont leur débouché directement dans le Lambro.

Cela explique comment la rivière d'Adda, à sa sortie du lac de Côme, si elle approche de celle du Tes-

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sin par son grand volnme, ne Tégale, ni pour la purelé ni pour la régularité des eaux. Les dépôts limoneux sont beaucoup plus rapides dans les canaux dépendant de TÂdda, et les crues de cette rivière sont plus violentes que celle de Témissaire du lac Majeur.

L'Adda distribue aux grands canaux dérivés de sa rive droite^ sur le territoire du Milanais, an volume d'eau au moins égal à celui qui est fourni par le Tessin ; mais il ne lui en reste pas autant de disponible. Quant à ses crues, quoique moins considérables par leur volume, elle sont cependant plus redoutables, ainsi qu'on le verra dans les chapitres suivants, par la relation des grands d^stres auxquels ont été exposés, et que peuvent redouter encore, les canaux qui en dépendent. Ses pentes, plus fortes que celles du Tessin, sont rarement au-dessous de ^"'«SO par kilomètre.

RlTlère0 fleeoiidAlre» du Mllaïuils. — Outre le Tessin et TAdda, entièrement hors de ligne, par Fabondance et la régularité de leurs cours, il existe dans le Milanais d'autres rivières secondaires, parmi lesquelles on distingue principalement VOlone, le Nirone^ leSevesOj le Lambro^ la Molgora; toutes ont leurs sources entre le Tessin etTAdda, au pied des derniers rameaux des Alpes Milanaises, mais en deçà des lacs* Ces cours d'eau n'ayant plus aucune part à Talimen* tation extraordinaire du Tessin et de TAdda, sont torrentiels, comme cela a lieu presque constamment dans les situations analogues. Leurs basses eaux ont

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lieu en été, et ils groesissent rapidement, quelquefois même par Tefifet d'un seul orage ; enfin ils charrient, dans ces circonstances, une grande quantité de terre, sable et cailloux, de dimensions proportionnées à Fin* tensité des crues.

Le Lambro Septentrional et le Seveso, qui sont les plus considérables de ces torrents, prennent naissance entre G6me et Lecco ou, pour mieux dire, entre les deux branches méridionales du lac.

L'un et Tautre traversent, à peu de distance de Milan, la ligne du canal de la Martezana; mais le Seveso perd son nom en s'y introduisant, tandis que le Lambro continue son cours jusqu'à Melegnano où il reçoit le Lambro méridional et s'achemine ensuite vers le Pô, sons le nom de grand Lambro, ou simplement de Lambro. Le cours d'eau, qui, au sud de Milan, est désigné sous le nom de Lambro méridional, est plutôt un canal de main d'homme qu'une rivière naturelle, car il fait fonction de canal de fuite, pour le Naviglio-Grande, et ne remonte pas au delà. Il est probable qu'il occupe ainsi l'ancien lit qu'avait l'Olone, avant qu'elle n'eût été introduite dans le canal intérieur de Milan.

Le Lambro septentrioual reçoit, dans sa partie supérieure, les émissaires des petits lacs de Pusiano , d'Alserio et de Sagrino. Dans la partie au N.-E. de Milan, comprise entre TOIone, le Seveso et le lac Majeur, il existe encore plusieurs petites rivières ou torrents, dont, malgré l'irrégularité de leur régime, on a su tirer parti pour l'irrigation et d'autres usages : T. I. s

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ce sont la Lura^ VArne et les ruisseaux torrentiels de TradaUy de Bozzente et de Gardaltuo.

Parmi les rivières secondaires da Milanais, le Lambro est le plus considérable. Depuis le confluent des deux émissaires des petits lacs de Pusiano et d'Alserio jusqu^à son embouchure dans le Pô, à Sant- Ângiolo, il a une longueur de 1 06 kilomètres , et une pente totale de 21 1 "'yGOS, ce qui répond à une pente moyenne de 4*",9fi par kilomètre. L*01one, depuis le pont de Mainate, près Yarese, jnsqu*à sa jonction dans le Grand-Canal, sous les murs de Milan, a une longueur de 53.244 mètres, une pente totale de nS'^ySO et une pente moyenne deS^^SS par kilomè* tre, pente très-forte, qui explique bien le régime tout à fait torrentiel de cette rivière.

Outre les divers cours d*eau que je viens d'énumérer, on doit compter encore, comme appartenant au Milanais , ceux qui forment les émissaires de petits lacs de cette contrée.

Ainsi , la Tresa, qui forme Témissaire du lac de Lugano dans le lac Majeur, a 11.500 mètres de longueur, et une pente totale d^environ 76 mètres ; qui est, dans les eaux moyennes, la différence du niveau existant entre les eaux de ces deux lacs. Le volume d*eau que la Tresa verse moyennement dans le dernier peut être évaluée à 800 onces, ce qui fait plus de 33 mètres cubes par seconde. Ce cours d*eau forme la frontière entre le canton suisse du Tessin et le royaume d'Italie.

L'émissaire par lequel le lac de Varese déverse,

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également dans le lac Majeur, le trop^plein de ses eaux est la rivière de Bardelb qui a 10 kilomètres de longueur ; elle a son débouché dans le lac , près de Brebbia, et y verse moyennement 250 onces, ou 1 0'^SSOO d*ean par seconde ; sa pente, par kilomètre, est moins considérable que celle de la Tresa.

L'émissaire du lac de Monate est VJcquorNera qui a 3.600 mètres de longueur. Sa pente totale qui représente la différence de niveau de ce lac, au-dessus du lac Majeur, est , dans les eaux moyennes , de 70-, 37.

L'émissaire du lac de Gomabio , dont le trop-plein n'aboutit dans le lac Majeur qu*en passant par le lac de Varese, est le ruisseau ou petit torrent de Varannoj qui a 3.600 mètres de longueur.

En ce qui touche les trois petits lacs voisins de la partie inférieure du lac de Gôme, le plus élevé, qui est celui de Sagrino , se déverse dans l'étang ou lac de Pusiano par un fort ruisseau de 2 kilomètres de longueur. Enfin, ce lac et celui de d'Alserio aboutissent eux-mêmes directement dans le Lambro , qui prend naissance en cet endroit.

Ces cours d'eau , dont je viens de parler, c'est-à* dire ceux qui forment les émissaires des petits lacs du Milanais, offent un intérêt particulier, en ce que la plupart d*enlre eux, réunissant de fortes pentes avec un volume d'eau régulier, sont d'excellents moteurs pour les usines; outre Talimentation précieuse qu'ils procurent à l'irrigation.

C'est ce qui fait que les éiablissemenls hydrau<>

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Uqoes sont très-moltipliés» dans cette partie da lanais.

lodépendamment du Tessin et de rAdda, qui mettent en mouvement an grand nombre de roues faisant tourner des moulins , pour la plupart d'une origine très-ancienne , les émissaires des petits lacs servent aussi de moteurs à beaucoup d'usines diverses, parmi lesquelles on distingue des papeteries, des filatures de soie, des scieries, des foulons à riz, etc.

Le Bardello , émissaire du lac de Varese dans le lac Majeur, fait mouvoir trente*six roues hydrauliques. La Tresa, émissaire du lac de Lugano, en met en mouvement vingt-deux , sur la rive milanaise et plusieurs autres du côté du Novarais. lien est deméme des émissaires des autres petits lacs.

Enfin, outre ces cours d'eau, si considérables et si nombreux , la richesse hydrographique du Milanais se complète encore par l'existence de sources^ en quantité peu commune, qui ont été jusqu'ici d'un grand secours, pour l'extension des arrosages. Il y a toutefois à faire, sur ces sources du Milanais, des observations particulières que j'ai renvoyées au chapitre spiécial qui traite de cet objet.

I^acs et rivières de« aotres praviiicctf ilc Im

■.•miMurdie. — A l'est de TAdda, il n'y a plus, au pied du versant méridional des Alpes, que deux lacs considérables, savoir : celui d*Iseo, alimenté presque exclusivement par les eaux de l'Oglio, qui coule entre les provinces de Berg^me et Brescia ,

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et celui de Garda, le plas grand de toas, qui sépare cette dernière province et celle de Vérone. Le pre* mier n'a guère que l'étendue du lac de Lugano , tandis que le second est plus considérable même que le lac Majeur. Il a également, comme ce principal lac du Milanais , divers affluents dont le plus important est le Mincio qui en sort en conservant son nom. Mais, en ce qui touche les moyens d'alimentation , le lac de Garda est inférieur à l'un et à l'autre des deux grands lacs du Milanais, et, sous ce rapport, il a une influence moins remarquable, sur l'irrigation de la plaine qui s'étend au-dessous de lui. Néanmoins, l'effet salutaire quMl produit, en régularisant le cours du Mincio , est incontestablement la cause pour laquelle les irrigations des provinces de Mantoue et de Vérone viennent, par ordre d'importance, immédiatement après celles du Milanais.

Entre l' Adda et l'Oglio coule le Serio, rivière de médiocre grandeur, qui ne s'épure dans aucun lac , et dont le volume ne se maintient pas régulièrement pendant l'été. Cependant, ses eaux, qui ne sont pas habituellement troubles , rendent de bons services à l'irrigation, dans les provinces de Bergame et de Crema. Plus à l'est, entre l'Oglio et le Mincio , émissaires des lacs d'Iseo et de Garda , les rivières très* secondaires de la Mella et de la Chiese qui se jettent dans l'Oglio , à l'ouest de Mantoue, sont encore de quelque utilité pour les arrosages , notamment dans la province de Brescia ; mais ces cours d'eau n'ont

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pas la régalarilé nécessairei pour qu'on puisse y attacher un grand intérêt.

Enfin, sar le territoire de Vérone, TAdige, ce fleuve limoneux, qui vient se perdre dans les lagunes de TAdriatique, formei dans la Lombardie, la limite actuelle des irrigations. Les provinces de Yicence, de Trévise et de Padoue cherchent, il est vrai, à utiliser leurs ressources dans ce genre, et il s'en faut beau* coup qu'elles en soient dépourvues ; mais, dans ces localités, les résultats sont à obtenir, et non encore obtenus.

Quant aux plaines de la rive droite du Pô, formant les ci-devant duchés de Parme et de Modène, et le nord de l'État romain, elles ne peuvent être réputées irrigables, attendu que les cours d*eau ayant leurs sources dans les Apennins^ tarissent en grande partie, l'été. Il faudrait donc aller jusque dans les environs de Rome, et dans quelques parties du grand-duché de Toscane, pour trouver, hors de la haute Italie, des territoires situés favorablement pour l'irrigation.

En récapitulant les considérations préliminaires qui précèdent, on doit concevoir déjà : que s'il est une contrée unique au monde, par les facilités naturelles qu'elle offre aux arrosages, c'est assurément la riche et vaste plaine d'alluvion qui, dotée comme on vient de le voir, des eaux du Tessin et de l'Adda, se prolonge, sous une douce inclinaison, et sans contre^ pentes, sur une étendue de plus de 500.000 hectares, depuis le pied des Alpes, jusqu*anx rives du Pô, en

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comprenant principalement les territoires de Milan, Pavie et Lodi.

Ainsi 9 par sa topographie, son climat et ses eaux, le Milanais était une région en quelque sorte prédes* tinée à recueillir, aussi complètement que possible, les grands avantages de Tirrigation, et à devenir, comme elle Test aujourd'hui, une nouvelle Egypte, encore mieux partagée que celle dont les eaux du Nil venaient régulièrement baigner les campagnes, aux temps de son antique civilisation.

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