‹ Hydraulique agricoleChapitre 4 sur 92 · DI8G0U1S · texte numérisé non relu

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dans les plaines des caûtons de Berne, de Lucarne et de Friboarg; enfin, depuis les bords du lac de Constance jusqu'au Danube, sur une très-grande étendue des territoires bavarois et autrichien, situés au pied du versant septentrional des Alpes tj'rolieunes.

Celte conservation des neiges , sur les points culminants de notre planète, est une des grandes harmonies de la nature, à laquelle on ne saurait attacher trop d'intérêt. Elle contribue puissamment à améliorer la situation hydrographique des lieux circonvoisins; car jamais les eaux coarantes ne sout plus aptes à devenir une source féconde de richesses que lorsqu'elles remplissent bien ces deux conditions : abondance et régularité.

Il est r^ottarquaUe que les principales divisions du globe jouissent, quoique peut-être à des degrés inégauXy de ce grand avantage d'avoir des régions assez hautes pour conserver des neiges perpétuelles. Seulement, on conçoit de gnite que leur limite inférieure s^exhausse graduellement à mesure que la température du lieu est elle-même plus élevée.

Ainsi, cette limite, qui, dans les Alpes helvétiques, se maintient à peu près à une hauteur de 2.S00 à 2.400 mètres, se trouve déjà remontée^^par la différence du climat, de plusieurs centaines de mètres dans la chaîne des Pyrénées, où il teste fort p^u de neige à la fin de Tété. La même limite, dans les Cor- ' dillèrûs et dans les hautes montages du Tibet, régions beaucoup plus voisines de l'équateur, ne se rencontre qu'à' près de 5.000 mètres d'élévation ; ce

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qui excède les cimes les plus élevées de nos monta- . gnes d'Europe.

Cest donc par suite d'une admirable prévoyance du Créateur que les hauteurs des principaux groupes des montagnes du globe se trouvent, à cet égard, dans un rapport convenable avec les latitudes sous lesquelles ils existent.

Si les plateaux des Cordillères et les pics de T Himalaya, élevés de 7.000 à 8.000 mètres, eussent oc* cupé la place des Alpes dans la région tempérée de TEurope, ils n'y eussent pas conservé utilement une quantité de neige beaucoup plus grande que celle qui se maintient aujourd'hui aux abords du mont Blanc et des autres sommités de ces montagnes. Tandis que celles-^i, étant impuissantes à en con^ server tonte Tannée la moindre quantité, dans la ré» gion équinoxiale, les plaines et les riches vallées de cette région eussent été à jamais privées des avantages dont elles jouissent, sous le rapport de l'abondance et de la régularité des eaux.

Les grands résultats obtenus par Tarrosage dans la Lombardie et le Piémont sont donc dus, en trèsgrande partie, aux avantages exceptionnels de leur poskion topograpbique et hydrographique. De sorte que ces mêmes résultats ne sont pas susceptibles d'être obtenus, du moins a^ même degré, dans des contrées moins favorisées sous ce rapport.

Mais c'est là, néanmoins, que l'on peut trouver les meilleurs enseignements et apprécier, à leur juste valeur, les avantages à obtenir de l'irrigation.

L'arrosage des terres est incontestablemeDt une des améliorations agricoles dont on peut retirer les plus notables bénéfices. Cependant il faut bien se garder de Tassimiler à ces spéculations hasardées qu*on annonce comme devant, à coup sûr, tripler, décupler, les capitaux qu'on leur confie; car on doit raisonner, non pas sur des cas d'exception, mais sur les masses, en ne considérant que les résultats moyens. Or, les positions les plus favorables pour le succès des irri* galions sont aujourd'hui occupées ; les positions moins avantageuses ne pourront être utilisées qu'avec plus de frais, et par conséquent avec moins de profit. Enfin des difficultés accessoires de plus d'une espèce, telles que la grande division des héritages, et d'autres circonstances particulières aux habitudes de notre époque, existent, comme autant d'entraves, à la facile exécution des entreprises ayant l'irrigation pour objet.

S'il suffisait de déclarer que l'eau ^ employée avec opportunité en arrosages, est toujours profitable à la terre^ on pourrait en toute confiance et sans hésita* tion se prononcer dans ce sens. Mais, en industrie, ce n'est pas ainsi que l'on raisonne. Pour qu'une entreprise quelconque puisse, aans incertitude, être réputée bonne et utile, il est essentiel (qu'elle ne soit pas ruineuse pour ceux qui l'ont exécutée.

Il ne suffit pas qu'un propriétaire vous montre avec orgueil ses greniers pleins de gerbes, ses troupeaux bien nourris. S'il a dépensé i franc pour produire 90 centimes , vous vous rirez de ses spéculations,

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et voas penserez ) avec raison, qu'il serait malheorenx que ce particulier fût imité par beaucoup d'autres.

L'irrigation, qui constitue assurément l'amélioration foncière par excellence, est une entreprise de la nature de toutes les autres. Elle exige à la fois le concours de la terre, du capital et du travail; c'est-àdire des trois sources de toute production. Elle ne peut donc être réalisée qu'après avoir nécessité des avances et des consommations préalables de toute nature. Ici, comme ailleurs, les produits bruts ne sont pas là ntesure réelle du succès d'une entreprise. Il faut qu'il y ait produit net; c'est pourquoi il est atile d'étudier les principes mêmes de cette opération, dans les contrées où elle n'a donné que d'excellents résultats.

Je vais maintenant examiner rapidement quels ont été les progrès de l'irrigation : chez les peuples anciens, au moyen âge, et dans les temps modernes,

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