CANAL DB LA MARTESANA
pour le distinguer de celui du Tessin, qui échangeait en môme temps son ancien nom de Ticinello contre celui de GrandrCanal; mais, peu de temps après, cette nouvelle dérivation de TAdda prit, pour sa désignation définitive, le nom même de la contrée qu'elle traverse, au nord-est de Milan, et qui très-ancienne* ment était appelée la Mariesana.
Depuis quelques années seulement, la découverte des écluses à sas venait d'être appliquée en Italie, dans les murs mêmes de Milan , sur le canal intérieur de cette ville. On en fît profiter également celui de la Martesana, qui devait être plus tard mis en communication avec lui. Afin de rendre le nouveau canal également commode pour la navigation ascendante et descendante, on y avait d'abord construit deux écluses à sas ; Tune fut établie près de Gascina-dei- Pomi, on on la voit encore aujourd'hui ; Tautre était située à Gorla ; mais j'ignore par quel motif celleci a été supprimée, en 1533; d^autant plus que les pentes du canal sont encore très- fortes, en cet endroit.
Le naviglio n'avait d'abord été ouvert que jusqu'aux faubourgs de Milan ; une immense amélioration restait donc à obtenir, puisqu'en opérant sa jonction avec le canal intérieur, on mettait ainsi l'Adda en communication avec le Tessin, en créant une grande ligne navigable, du plus haut intérêt, pour le pays. Mais le canal, intérieur, quoiqu'il y existât déjà une écluse, n'était point encore adapté à cet usage. Pour recevoir indistinctement les bateaux pro-
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yenant des deux grandes rivières qni coulent à Test el à Tonest de la ville , il s'agissait d'y exécuter des travaux considérables , de surmonter des difficultés, que Fétaty nécessairement fort imparfait, des connaissances hydrauliques à cette époque , semblait rendre insolubles. L'entreprise était difficile ; aussi, pendant plus de vingt ans que la question fut agitée, personne ne se présenta pour en courir les risqnes. Cependant, en 1 489, un Florentin, venu à Milan à l'occasion des fêtes du mariage du duc Jean Galéas Yisconti , après avoir vu les lieux, déclara sans hésiter qu'il se char* geait de l'entreprise, en répondant de son succès. Cet homme , doué des dons les plus rares, non^seulement était peintre, musicien, sculpteur, architecte, ingénieur et mécanicien ; mais il excellait à la fois dans ces divers professions. Cet homme était Léonard de Vinci.
Ayant apaisé les réclamations qui s'étaient d'abord élevées, au sujet du changement de niveau des eaux du canal intérieur, il y fit construire les cinq écluses actuelles, qui opérèrent avec un plein succès la jonction tant désirée. Depuis lors le canal intérieur forma une seule ligne navigable avec celui de la Martesana, dont il est regardé comme le prolongement.
Dès avant le sac de Milan par Frédéric Barberousse, en 116^, cette ville avait, sans doute comme moyen de fortification , un premier canal d'enceinte qui baignait le pied de ses murs. Lorsqu'elle fut réédifiée, en 1 1 72, sur un plan plus vaste , il devint le canal intérieur, qui reçut depuis des perfectionne-
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roents saccessifs; Dotamment sous le gouvernement d'Azzo Viscontiy duc de Milan, vers 1330 ; époque à laquelle ce canal prit le nom de Redefosao ou Redefassij qu'on donne encore à une de ses décharges. Dans Torigine, il parait qu'il avait 40 bras ou S 4 mètres de largeur. Mais depuis Tépoque de sa jonction avec le naviglio de la Marlesana, par Léonard de Vinci, il fat ramené à peu près à la largueur uniforme de ce dernier^ qui est de 18 bras ou de 10", 80 à la cuvette ; dimension qu'il a toujours conservée.
Après cette belle entreprise , les derniers ducs de Milan, appréciateurs des grands talents de Léonard, auraient voulu se l'attacher définitivement , comme ingtoieur hydraulicien. Louis XII, qui, après sa rapide conquête du Milanais , succéda en 1 501 à ces souverains, lui avait môme assigné sur les canaux, qu'il avait tant améliorés, une partie du droit de na« vigation ; mais il né jouit pas longtemps de cette faveur, car les autres souverains , et surtout Léon X , voulant aussi avoir leur part de son génie , le réclamaient avec instance. Il quitta donc Milan peu de temps après les fêtes magnifiques, qu'il avait organisées, pour solenniser l'entrée du roi de France, dans cette capitale.
Itoimiiaffes, réparattoti«, auéltoMittoiiff 41vene«, ete« — La relation des dommages causés à diverses époques, par la violence des crues de l'Adda, et celle des améliorations réalisées à la suite, pourraient occuper une très-grande place dans Thistoirç
du canal de la Martesana ; je me bornerai à un simple aperçu.
En 1480, une de ces crues terribles détruisit, en partie, la prise d*eau , et entraîna la rupture des digues voisines, sur environ 1 20 mètres de longueur. En 1 566 et 1 568 , les mêmes dégâts se renouvelèrent, à la partie supérieure du canal, par les eaux de TAdda, et à sa partie inférieure, par celles du Lambro et du Seveso, dont les crues ne lui sont pas moins nuisibles. En 1586, TÂdda, déplacé violemment de son cours habituel , se trouva reporté au pied même de la digue du canal, qu*il menaçait d*une ruine prochaine. Il fallut donc se hâter de lui ouvrir, à grands frais, un lit nouveau à travers la prairie de Fara. Enfin, en 1684, une autre crue, plus terrible encore que les précédentes, occasionna d'énormes dégradations, dans les ouvrages en lit de rivière; tant au barrage lui-môme qu aux constructions ac«* cessoires.
Ces grands dommages furent successivement réparés ; ils furent même Toccasion de quelques améliorations importantes. Déjà, au milieu du xvi* siède, sous le gouvernement espagnol , on avait exécuté , aux abords de Milan, la grande rectification du Naviglio-Grande, qui, auparavant, était excessivement sinueux, depuis Gascina-dei-Pomi , jusqu'à son entrée dans la ville. Mais une améloration plus essentielle restait enôore à obtenir.
Vers 1560, c'est-à-dire environ un siècle après l'achèvement du canal, les bienfaits qu'il avait répan-