‹ Hydraulique agricoleChapitre 47 sur 92 · CANAL DB LA 1IART88ANA · texte numérisé non relu

CANAL DB LA 1IART88ANA

cheuee opération , que les eaux dérivées étaient indispensables, ponr rentratnement des immondices de toute nature, qui tendaient à s'accumuler dans ces égouts d'une manière funeste ponr la santé publique; mais des raisons majeures avaient apparemment commandé une telle mesure.

Le canal de la Martesana , déjà si exposé aux ravages des eaux , eut encore à souffrir des désastres de la guerre. En 1658, lorsque Tarmée française eut passe TAdda , sous la conduite de François d'Esté, duc de Modène, que Louis XIV avait institué généralissime de ses troupes, en Italie, une mine fit sauter 45 mètres de longueur de la grande digue du canal, en précipitant les matériaux dans la rivière. Une autre mine, disposée à la partie supérieure de la côte, encombra son lit , un peu en avant de la brèche ainsi ouverte ; de sorte que, par ce moyen infaillible, les eaux furent complètement détournées , ce qui mit à sec le canal jusque dans Tintérieur de Milan. Les ^conséquences de cette opération étaient désastreuses ; car, indépendamment de ce que l'eau de l'Âdda était la seule employée dans toute la partie supérieure de la ville, pour les usages domestiques, les moulins se trouvant ainsi arrêtés, elle était menacée de famine.

Cependant les hostilités ayant promptement cessé sur ce point, l'administration publique se hâta de réparer le désastre. La chose était difficile, et deux inconvénients était également à craindre : d'une part, la privation des eaux devenant intolérable pour la

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ville de Milan , il fatiait à Umi prix ici en rendre immédiatemenl Foeage; d*iin antre côté, en réparant, avec précipitatiott nne avarie anssi grave qne la mptare d*one digne de plus de 29 mètres de hauteur, on 8*expoeait à ne faire qa*un ouvrage sans consistance et sans durée.

Voici de quelle manière on opéra, diaprés les plans de ringénieirr Robecco : comme déjà à cette époque il existai! sous le canal , en aval de la brèche, nne quantité asees considérable de siphons, conduisant des eaux particulières, provenant de plnsieurs sources importantes, on exigea, pour cause d'utilité publique, le percement de la partie supérieure de ces siphons ; de sorte que les eaux jaillissant ainsi , sur un grand nombre de points à la fois, dans le lit même du canal, s*y rassemblèrent en quantité notable; et suivant la pente du lit arrivèrent bientôt, comine une manne bienfaisante, au milieu de la ville altérée.

Après qu'il eut été ainsi ingénieusement pourvu à cette première urgence, la partie supérieure du canal, en amont de la brèche, qui s^agrandissait de jour en jour, fut immédiatement mise à sec, au moyen du même batardeau de chômage, qui est encore en usage aujourd'hui (f); et Ton put alors pro^ céder, avec le temps et les soins nécessaires, à ce travail important, qui réclamait remploi de 14.000 à 15.000 mètres cubes de maçonnerie hydraulique. La brèche réparée, les siphons que Ton avait ouverts

(i) i'oy. Pi. Xxviii, flg. 1 cl a.

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le fareot bientôt, à leur tour, et les eaux de TAdda oMitiniièreDt d'arriver régulièreBieDt à la partie sopérienre de la ville.

Cet événement y dû aux chances déplorables de la gaerre, ne fat pas le dernier de ce genre qui menaça Fexistence dn canal de la Martesana. Le 24 mars 4 71 1 y non pins par la même cause, mais par le seul efiet de Timpétoosité des eaux, une autre grande rupture se manifesta encore, et plus de SOO mètres de longueur de la digue, située entre Vaprro et Groppdo, foreirt entièrement entraînés. Ce désastre ne pouvait pas arriver d'une manière plus funeste, au moment mâme de rouverlure de la saison des arrosages. Il fellut donc faire toirtes les diligences possibles pour assurer sa prompte réparation. L^ingénieur Pesrina , qui fut immédiatement délégué pour visiter les lieux, reconnut la nécessité de reconstruire, en maçomerie de briques, f ancienne digue, qui n'était qu'en terre; de fortifier par des revête* ments et ecHytre-forts la partie restante, afin de pré* server le lit du canal, sur toute la partie en remblai, par un radier en béton, formé de cbaox hydraulique, saMe et cailloux. Ce système ayant été approuvé par Fadministration, il fut procédé^ sans délai, à Fexécutioii de ces ouvrages ; et attendu que te gouvernement n'avait pas les fonds nécessaires, ce fut aux usagers des canaux que Ton eut recours, pour subvenir à la dépense ; comme cela s'était déjà iSiit dans une semblable occasion , sur le canal du Tessin, api^ ia grande crue de 1705^

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Cette dépense, qui ici s'élevait à plus de 86.000 livres, fut réalisée de même, au moyeu d*une imposition extraordinaire de 400 livres par once d'eau continue, et de 80 livres par once d'eau temporaire ; soit d'hiver, soit d'été. En outre, l'augmentation du droit de navigation, sur tous les canaux du Milanais, augmentation qui devait cesser en 1713, fut provisoirement prorogée, de manière à pouvoir parfaire, le montant des emprunts, qui furent contractés dans cette circonstance.

De cette manière, on évita les retards et les pertes de temps qui eussent été si préjudiciables. Les travaux, commencés vers le milieu d'avril, furent terminés en moins de six semaines. Un concours immense de personnes de tout rang s'était porté sur le canal, le jour de leur réception. Des applaudissements universels, accordés à l'administration et aux ingénieurs, saluèrent le retour des eaux qui furent immédiatement rendues, tant à la ville de Milan, qu'aux prairies, aux champs et aux rizières ; assez à temps pour qu'aucune récolte ne f&t compromise.

Quoique présentés d'une manière très-succincte, les détails contenus dans ce paragraphe montrent à combien de vicissitudes fut exposé le canal de la Martesana. Ces détails, et ceux du même genre, donnés nés dans les chapitres précédents, font faire en outre une réflexion que voici : c'est que, dans toutes les occasions importantes, dans tous les événements graves qui sont venus mettre en question l'existence des canaux du Milanais, le zèle de l'administration, le

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talent des ingénieurs, et le loyal concoars des habitants, dans les sacrifices à supporter, n'ont jamais rien laissé à désirer. Il en serait encore de même aujourd'hui, dans ce pays où chacun apprécie d'une manière si sage les vrais intérêts publics.

Descripiioii et tracé. —Le canal delà Martesand, qui, à sa prise d'eau, à environ 1 0 kilomètres en amont de celle de la Muzza, est dérivé de la rive droite de l'Adda, à Goncesa, au pied de l'ancienne forteresse de Trezzo, au moyen d'un grand barrage, dont la dis^ position et les ouvrages accessoires sont représentés pi. YII. La longueur totale du canal actuel est de 44.985 mètres, savoir : 38.700 mètres depuis la prise ^ d'eau jusqu'à Milan, et 6.285 mètres pour le canal intérieur de cette ville. DeTrezzo à Groppolo, le canal est soutenu, pendant un trajet d'environ 9.000 mètres, sur la côte de TÂdda, à une hauteur de 45 à 20 mètres au-dessus du niveau de celte rivière. Dans ce trajet, qui a exigé de grands travaux, il est ouvert, tanlôt dans la roche, tantôt dans des graviers, qu'il a fallu étancher, par l'emploi de bétonages. Arrivé à Cassano, il forme un coude considérable, et, prenant une direction presque perpendiculaire à sou premier trajet qui longe le cours de l'Adda, il se dirige vers Milan, suivant des directions tantôt rectilignes, tantôt sinueuses, mais généralement subordonnées aux pen* tes et accidents naturels du terrain. Il traverse, près Gorgonzola, le torrent de la Molgora, sur un pontcanal composé de trois arches, de chacune 19'", 50

d'oovertare. Cal onvrage, coDslniît de 1 460 à 4 462* faue pour avoir été le premier de ce geare qui ait existé ea Italie. Aux approcha de Milan, il reçoit raccesaîveiiieat 1^ eaux ^u Laoubro et da Seveso, qui lai sont extrêmeaieol nuiatbles, et aox inconvénients desquelles les déchargeoirs, constroits postérieoremeot, ne remédient qne d'one manière tràMnanfiB-aante.

Les pentes dn navig^io de la Hartesana, exoédant beaucoup celles qni conviennent à on canal d'arrosage et de navigation, varient de O'^SG à 0*^58 par kilomètre. Les principales communes qa'il traverse sont celles de Concesa, Yaprio, Fomaci, Groppolo, Gorgonrala, Colombarolo, Cresenzago et Milan.

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