CHAPITRE DIX-NEUVIÈME
CALCUL DBS PBNTBS BT DBS SBCTIORS.
Différence entre les canaoi naTïgables et ceux d'irrigation. — Distinctions à faire sur le choix des pentes propres à ces derniers canaux. — Détermination de la section ; en rapport aiec le débit et la Titesse moyenne.
DUrUnctleiMi à flklre «nr le« pentes. — La pente
d^une eau courante, en un lieu détermiué, s'obtient en mesurant, à Taide du nivellement, la distance ver^ ticale qui eiListe entre deux points donnés. Pour avoir la pente correspondante à T unité de longueur, on divise celle que Ton a obtenue, entre deux points, par la distance qui les sépare; et Ton voit dès lors que cette unité de pente a la même expression que le cosinus de l'angle formé par Tinclinaison du cours d'eau avec la verticale. C'est donc avec raison que, dans la formule d'Eytelwein, la pente est désignée par l'expression de cas. Les inclinaisons de la surface des cours d'eau étant généralement (rès-faibles, les pentes par mètre, ou le cosinus dont il s'agit, sont ordinairement exprimés en cent-millièmes de mètre, avec cinq décimales, ce qui peut donner lieu à des erreurs. Il est dès lors préférable de désigner ces pentes par kilomètre; ou, en les rapportant à
S4S TRACÉ BT tTABUBBBnDIT DU CAlUinL.
Funité, de les exprimer eD fractions ordinaires, comme cela se fait généralement en Italie. C'est poorquoi j'ai adopté concurremment ces diverses désignations.
Dans le tracé des canaux de navigation, les pentes étant presque entièrement rachetées par des écluses, celle qui reste, répartie sur le fond des biefs, est sen* siblement nulle; el, en fait de pentes, on peut appeler «insî toutes celles qui «ont aundleBsous de 0*,10 à O^jH par kilomètre. Une inclinaison plus forte, pour le fond des biefs, serait loufours nuisible sur les canaux de celte espèce; car le remplissage des sas d'éduse s'opère, sous l'influeUCfe d'fin^ fbtie f^fcssion, p9iT dM bnses, t>u ventell^s, qui ne débiteraient pas beaut^up plus d'eau, dans «n temps donné, si le bief d'amont livait um certaine pente, tandis que eelle-ci, Micasit^nnant nécessairement un courant assez pfottoneé, tiuiraii à ià remonte des bateaux.
Les chdses t)e se pussent pas de médis lorsqu'il «'agît spécialement de canauft destinés à l'arrosage. En effet, il s*y opère Me consommation d'eau beaucoup plus forte que cela 6'a lieu généralement sur Ie6 Vtries navigables, et cette ^consommation exige un débit continu, qui ne peut avoir lieu sans le secours d'une pente et d'une vitesse déterminées.
Il y a beaucoup de distinctions à faire sur le choix des pentes qu'il est te plus convenable d'adopter pour un eaMl d'arrosage, placé dans des circonstances déterminées ; en général il est bon de ioiénager ces pentes, ittant qut possible ; d'abord afin d'éviter de
ooiistroire des reTétaneDis ooùteax, destinés à pré* venir la dégradation des berges, qui est inévitable quand la vitesse est grande, à moins que le terrain ne soit d'une résistance peu commune. Un autre aotif, d'après lequel il est important de ménager les pentes, c'est l'utilité de racheter leur excédant par des ebutes, qui sont d'autant plus utiles à l'industrie mabufactorière que celle-ci profite toujours largement des accroissements de production, d'activilé et de richesse que la création d'un canal d'arrosage amène inévilablement dans une localité. Cependant il y a, dans la diminution des pentes non rachetées, des limites au delà desquelles il ne f<iut pas aller. Ainsi, pour on canal de simple arrosage, l'on ne descendrait pas sans préjudice jusqu'aux pentes très-faibles qui conviendent à un canal de navigation. Si les eaux dont on dispose sont habituellement troubles, la dimÎMitioti des pentes devient beaucoup plus difficile, par suite du danger de voii^ doubler ou tripler les dépenses toujours considérables que néo^sitent les enrages* Ces inconvénients se présentent à un degré kès-marqoé dans le département de Yaueluse^ sur le canal de Grillon, parce qti'on a voulu, à tout prix, y méûager des chutes d'eau, à la vérité très-utiles; mais elles ont porté un véritable préjttdiœ à TirrigatioA, qui était sa destination principale*
La première distinction à faireavant de déterminer les pentes qui conviennent à dn canal d'arrosage, est donc d'examiner quelle est la nature des eaux qui doivent l'alimenter. Car si elles sont habituellement
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troubles, on ne pourra combattre efficacement que par la conservation d'une vitesse suffisante la tendance que les eaux troubles ont toujours à déposer les matières étrangères qui y sont suspendues, dès qu'il y a une diminution dans la vitesse, sous Tinfluence de laquelle elles se sont chargées de ces mêmes matières. Mais on est toujours oblige de tenir compte aussi de la résistance du terrain. On voit donc qu'il y a à faire une appréciation fort délicate, puisqu'il s'agit de trouver le juste milieu entre deux inconvénients opposés, dont Tun consiste dans la grande quantité de dépôts et atterrissements , qui se forment dans le canal, si Peau y coule trop lentement, et l'autre dans la dégradation des berges, ou bien dans l'établissement des revêtements très-coûteux, qui sont la conséquence d'une vitesse considérable. La résistance du sol doit donc être prise aussi en considération. En un mot, du moment qu'on doit employer des eaux qui sont habituellement ou fréquemment troubles, le problème de la détermination des pentes devient compliqué; il s'agit d'obtenir celle qui correspondra à un véritable régime^ c'est-à<lire à un état d'équilibre entre la tendance de l'eau à corroder son lit ; ce qui est ordinairement très-facile dans les terres fraîchement remuées, et la tendance que, dans le cas contraire, elle a d'y opérer des dépôts. Examiner ce qui se passe dans des canaux de même espèce, est en général ce qu^il y a de mieux à faire pour s'éclairer en pareille circonstance.
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