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décoavertei lee iBcertitades qai peuvent exister ne porteraient, dans tous les cas, que sor an espace de trois ou quatre années ; car il est hors de doute que les écluses à sas étaient connues dans le Milanais, et déjà appliquées avec un plein succès , sur le canal intérieur de Milan, lorsque le duc François I" Sforce succéda^ en 1450, à son beau-père Philippe-Marie Yisconti. François Sforce, prince, éclairé et ami des arts, remplit le rôle de conciliateur, dans les guerres continuelles qui avaient lieu alors en Italie. On doit à son lèle pour le bien public les deux canaux entrepris dans les premières années de son règne, savoir celui de la Martesana et celui de Bereguardo, qui complètent si heareusemeut pour le territoire milanais le bienfait des irrigations, d^à en partie réalisé par les canaux du Tessin et de la Muzza.
Ces deux grands canaux, ouverts dans le moyen Âge, antérieurement à l'invention des écluses, ont dû se passer de leur secours. Le premier cependant reçoit une navigation fort active, qui s'y effectue, à la remonte comme à la descente ; mais à la partie supérieure, elle y est gênée par les trop fortes pentes. Les canaux de la Martesana et de Bereguardo ayant eu leur origine postérieurement à cette grande invention, sont au contmire pourvus d'écluses. Le premier, qui en avait d*abord deux, n'en a plus qu'une aujourd'hui et conSferve encore de fortes pentes. Le second, au contraire, a onze écluses, sur un trajet.de moins de dix-neuf kilomètres, et il ne reste à ses biefs qu'une pente presque insensible ; ce qui ne l'empêche pas de
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fooGtioiiner, très-bien aussi , comme canal d^irriga*tion.
Le xYi* siècle fat nne admirable époque dans laquelle tout ce qui tenait au domainie de rintelHgence, aux nobles conceptions du génie, prit on essor capable de faire faire à la civilisation européenne; stationnaire depuis plus de dix siècles, ce pas immense que Ton a nommé la renaissance des arts et des lettres.
Cette époque fut signalée, en Italie, par des hommes vraiment ^^traordinaires; car la plupart des gmndi^ arsistes qui ont fait la gloirç de cette contrée ne bor* naient pas leurs succès à la peinture, à la sculpture et à d^autres brandies des beau varts ; il» excellaient aussi dans TarcbitectcHre, et plus particulièrement encore dans Tarcbitecture hydraulique. Admis tous dans Fintimité de leurs souverains, qui eurent constamment pour eux la haute estime que méritaient leurs talents, ils leur étaient doublement utiles dans les loisirs de la paix et dans les nécessités de la guerre ; car Fltalie à cette époque était très-agitée, et les papes du xvi* siècle devaient savoir revêtir le casqile aussi bien que la tiare.
Bramante, Raphaël, Perruzzi, reipplissaient à la fois les fonctions d'ingénieurs mititaires et hydrauliciens, près des pontifes Jules II, LéonX et Clément YII. lis les accompagnaient dans toutes leurs campagnes. Julien de San-Gal}o rétablit les fortifications d'Ostic, par ordre du cardinal de la Rovère, qui fut depuis Jules II. Son frère, Antoine der San->Gallo, reçut
d'ÂIeiLandre YI Tordre de IraTisfortner en forteresse le mausolée d'Adrien, qui est aujourd'hui le château Saint-Ange. Ce même ingénieur construisit pour Paul III la citadelle d'Ancône, les fortifications de Pérouse, celles delà ville et du port deCivita-Yecchia. Ce fut lui aussi qui, parmi tous les ingénieurs de ritalie, et d'après les profondes connaissances qu'il avait sur l'hydraulique, fat désigné par son souverain pour résoudre une question des plus graves, qui s'était élevée, au commencement du xvi'' siècle, entre les habitants de Terni et ceux de Narni, relativement au débouché des eaux du lac de la Marmora. Dans le même temps, Léonard de Vinci résolvait, par la jonction des canaux de la Martesana et du Tessin , une difficulté regardée jusqu'alors comme insurmontable; tandis que Jules Romain, qui avait fui de Rome, à la suite de certaine faute, que la cour papale ne pouvait pas voir avec indulgence, utilisait dans l'exil, ses talents, comme ingénieur militaire et hydraulicien, en exécutant avec un plein succès, pour le duc de Gonzagne, les fortifications de Mantoue et l'assainissement de cette ville, au milieu même des marais, formés par la stagnation des eaux du Mincio* Aujourd'hui ces eaux, aussi limpides que profondes, portent de ncnnbreux bateaux , et viennent baigner le pied des murailles de la ville, regardée, jusqu'à ces ces derniers temps, comme une place imprenable.
On voit, par ces détails, à quels talents d'élite étaient confiés les travaux publics de Tltalie à l'épo* que de la renaissance.
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Mais parmi ces travaux, il n'en est pas qui puissent approcher de fimportance des canaux d'irrigation, qui sont Tobjet de cet ouvrage.
Or, c'est là un caractère très-remarquable des arrosages de ritalie septentrionale, qu'ayant été obtenus généralement au prix d'immenses travaux, ils ont été assez productifs pour créer là une richesse territoriale, inconnue partout ailleurs, et une population plue condensée que sur aucun autre point du globe.