‹ Hydraulique agricoleChapitre 75 sur 92 · CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME

lOlfk PM OOTEAGH D'iftT.

Bwr^M» — Ponii «k poDMâu. — A<|ii«diios.«- Pontt-aqsedoci* ^ Bî^koM,

Êclases de Datigation. — Gavrages divers.

— A très-peu d'exceptions près, tous les cours d'eau du nord de Tltalie qui alimentent des canaux d'arrosage n'ont leurs basses eaox qu'en hiver, et conservent en été le maximum de leur débit ; de sorte que si les embouchures des canaux de cette espèce pouvaient exister convenablement sans le secours de barrages, c'est là qu*ou devrait les rencontrer. Cependant nous venons de voir que cette construction est regardée comme indispensable, et môme comme fondamentale, parmi les ouvrages constitutifs des prises d'eau.

Cela est facile à concevoir, puisqu'il faut nécessairement un ouvrage de main d'homme pour assurer la continuité de l'écoulement de l'eau , dans une direction qui n'est jamais aussi favorablement placée pour la recevoir que le lit naturel.

Cependant, lorsqu'il s'agit de rivières torrentielles et à fond très-mobile, comme cela a lieu pour la Durance, il est presque impossible d'opérer dans ce système; car tout barrage fixe y détermine de suite d'c-

BAMAGBS. 399

normes ensablements, dont les conséquences ne peuvent être que funestes aux abords d*une prise d^eau. Gela est doublement regrettable sur cette rivière qui , placée de manière à alimenter toutes les irrigations de la Provence, est encore sujette au grave inconvénient des étiages d^automne. Ces deux circonstances, qui s^aggravent Tune par l'autre, font que Talimentation des canaux de ce pays manque de régularité, et que dès lors ils ne rendent qu'une partie des services que Ton aurait pu en attendre, s'ils avaient fonctionné comme les canaux de l'Italie, sous l'utile influence de barrages fixes, qui améliorent toujours d'une manière notable le régime des dérivations.

Le choix du système de barrage qui convient le mieux dans telle ou telle contrée, exige une étude approfondie des ressources locales en fait de matériaux, de la nature du fond, et du régime particulier delà rivière que l'on doit barrer. Les matériaux les plus économiques sont souvent ceux qui résistent le mieux à l'action continuelle des eaux; mais l'expérience est, dans tous les cas, le meilleur guide à suivre.

Sur des rivières impétueuses et d'un grand volume, comme sont le Tessin et TAdda, aux abords desquels on se procure aisément des blocs et libages, le système des barrages, représentés dans les planches V, VI et YII, est toujours celui qui olîre le plus de garanties.

Dans d'antres localités on recourt avec avautage

400 HDITS DBS OUVBAGBS D'ABT.

aux barrages construits seulement en bois et fascines , rarement aux barrages eo terre et gazon , qui ne conviennent que sur les eaux sans vitesse, ce qui n'est jamais le cas près des embouchures de canaux d*arrosage.

Les ouvrages de ce genre les plus remarquables que j*aie vus dans la Lombardie , d*après leur durée et la grande économie de leur construction, sont des barrages construits en pieux , palplanches , graviers et fascines. Cest-à-dire que le corps de ces barrages est tout en graviers , qui sont seulement encaissés , par gradins , entre des pieux , et maintenus par des fascinages. Leur pesanteur spécifique suffit pour leur donner une forte résistance contre Teau. Ces barrages sont en usage sur plusieurs des nombreuses dérivations de la Muzza , dans les provinces de Milan et de Lodi, Je crois même que le grand canal de l'Addetta est barré plusieurs fois dans ce système.

Quel que soit le mode de construction que Ton adopte pour un barrage, ses fondations, et la nécessité de les préserver des affouillements , sont toujours la chose principale. On ne doit jamais perdre de vue que Taction perpétuelle d'un courant d'eau a une influence bien destructive»

Je pense qu'on doit attribuer à l'intention de ménager les radiers et fondations , à l'aval des barrages, la direction, généralement très-oblique, de tous ceux de ces ouvrages qui existent aux abords des prises d'eau des canaux d'arrosage, dans le nord de l'Italie. Car, indépendanmient de ce que le

PONTS ET PONCKÀUX. 401

cboc da courant a moiDs d'effet sar eux , dans cette situation ^ la nappe d'eau qui déverse par-dessus a d'autant moins de hauteur et d'action , sur le fond en aval, qu'elle est répartie sur une plus grande longueur. Sans cela il y aurait de l'économie à établir les barrages suivant la ligne la plus courte , qui est la direction normale.

Ponte et Ponceam. «- Les ponts et ponceaux destinés au rétablissement des communications interrompues par les canaux d'irrigation et lears dépendances, n'ont rien qui leur soit particulier. Dans les pays où l'arrosage a acquis un grand développement, ces ponts finissent par exister en très-grand nombre, sur les voies de communication de toute espèce, et comme les réparations qu'ils exigent tendent toujours à gêner la circulation, il est d'une bonne police d'obliger les propriétaires de canaux à établir ces ponts en maçonnerie, et non en bois. C'est ce qui a lieu en Piémont ; et quant aux anciens ponts dans ce système, on les tolère jusqu'à l'époque où leur reconstruction devient nécessaire; alors ils rentrent dans la prescription générale.

La planche XVIII, fig. 4 et 2 , et les diverses figures de la planche XIX , donnent le détail de divers ponts et ponceaux de cette espèce , établis sur des routes de différentes largeurs. On voit par plusieurs de ces dessins qu'on ne craint pas en Italie d'établir ces ponts biais, toutes les fois que cette disposition est réclamée par la situation naturelle

40t 8U1TB Dit O0?R«BS D'AET.

des abords de la voie de commanieation qui se trouve interrompae par le canal. Ub très -grand nombre de ponts^ eKislant sur les canaux d^arrosage, domaniaax on particuliers , dans le Piémont et le Milanais , se trouvent dans ce cas.

Quand le eanal d'arrosage doit servir aussi à la navigation, on rentre, sous ce rapport ^ dans Fobservalion des conditions d'usage, en ce qui concerne la hauteur sous clef, ou aux naissances, les banquettes de balage, les ponts à tablier mobile , etc.

Aqvcdttes; pvnte-aqaedvoif «iplioiis. — Il y a

des aqueducs couverts en dalles et des aqueducs voAtés. On doit faire sur ces derniers une observation qui leur est commune avec les ponts en maçonnerie , savoir que Teau courante éprouve généralement une forte contraction en sMntroduisant dans un ouvrage d*art de cette espèce, et que par conséquent on doit prendre , si cela est possible , des précautions pour atténuer cet inconvénient , soit en arrondissant les arêtes, soit en adoptant, pour le cintre des voûtes , les courbes , et la position , qui correspondent à la moindre contraction.

Dans une contrée où Tirrigation est très-active, les aqueducs conduisant des canaux et rigoles de tous les ordres , se traversent sur un grand nombre de points. II est à remarquer que leurs directions dans ces croisements sont biaises, plus souvent encore que cela ne se remarque dans les ponts. Cela résulte de Fimportance que Ton attache à ménager à

▲QUEDVCS, POKTS-ÀQUBDUCS ET SIPHONS. 403

ces dérivations toute leur vitesse, tout leur débit, qui pourraient être altérés par les contours qu'on serait obligé de leur faire suivre, pour obtenir dans leur croisement des directions normales.

La plupart de ces observations s'appliquent également aux siphons , dont j'ai donné la définition au chap. S?. Ils appartiennent à la classe des aqueducs souterrains ; seulement leur construction et le mode d'écoulement de l'eau sont plus compliqués. L'utilité d'y atténuer autant que possible les effets de la contraction, ne s'y fait pas moins sentir que pour les simples aqueducs.

Mais ce but est beaucoup plus difficile à remplir ; car, indépendamment des circonstances accessoires , indiquées plus loin, la seule nécessité d'obliger une eau courante à descendre et à remonter, sons l'effet de sa propre pression , et à s'infléchir, dans ce mouvement anormal, suivant les différents contours d'un ouvrage d'art, suffit toujours pour faire naître des frottements et des causes retardatrices assez puissantes. On peut même remarquer, par la seule inspection des coupes longitudinales- de ces ouvrages, représentés en assez grand nombre, planches XXIII-XXV, qu'avec les formes actuellement en usage, l'effet nuisible, dû particulièrement à la contraction au passage des siphons, doit être extrémoment notable. Pour l'atténuer, il faudrait pouvoir adopter des formes curvilignes, qui s*obtiennent facilement dans les ouvrages en fonte ou en fer. Mais jusqu'à présent, malgré leurs avantages incontesta-

40 é BUITI DIS ODTAÀaBS D'AET.

bles, on a dû renoncer à ces formes, qui entraîneraient de trop grandes difficultés dans Tappareil des voûtes en maçonnerie, ou des défauts de liaison qui seraient plus fâcheux encore.

Si Ton projette des siphons, avec les plans inclinés et les arêtes saillantes qui s'y remarquent jusqa*à présent , on doit donc tenir un compte suffisant des diverses circonstances qui viennent d'être mentionnées. Aucune expérience, à cet égard, ne permet d*établir, comme indication préalable, un chiffre quelconque. Cest aux ingénieurs, d'après leurs connaissances en hydraulique, à bien apprécier, dans chaque cas particulier, par quelles modifications de la pente ou de la section ils pourront compenser Tinfluence des siphons.

Il y a encore une autre observation bien essentielle à faire : c^est que si la résistance des voûtes est très-grande pour supporter une pression extérieure, elle est généralement faible contre une poussée intérieure; et c'est le cas des siphons. Il est vrai que souvent la charge extérieure qu'ils supportent est souvent considérable, et fait compensation à la poussée verticale exercée dans Tintérieur de ces envisages d'art. Mais cela n'a pas toujours lieu ainsi, et alors on ne doit pas hésiter de recourir à ua système de liens ou armatures en fer, comme cela a été fait pour plusieurs des siphons traversant le canal de Pavie, notamment dans celui qui est représenté planche XXV, fig. 1 .

Les ouvrages d'art de cette espèce sont, plus encore

AQUIDUGS^ POnTS-AQCEDUCS, SIPHOnS. 405

que les ponts-cananx, exposés à de graves avaries. Oq doit donc n'y employer que les meilleurs matériauxy les meilleurs ciments, et ne rien épargner pour que la mise en œuvre en soit aussi parfaite que possible.

Les simples aqueducs ayant pour objet de faire passer une conduite d^eau sous le remblai d'une route ou d'un canal, sont toujours d'une longueur restreinte. Il n'en est pas de même des ponts-aqueducs ou ponts-canaux, qui, tout en n'étant établis que pour le service d'une médiocre, ou même d'une petite dérivation, sont souvent assujettis, par l'obligation de traverser une grande rivière ou un vallon, à atteindre de très-grandes dimensions, entraînant des dépenses proportionnées. Ces ouvrages sont donc principalement ceux dont les dépenses doivent avoir été prises en ligne de compte, dans les avant-projets, ainsi que dans les mémoires ou Ton développe les avantages d'un canal projeté.

Les constructions de cette espèce ont besoin d'être établies avec d'excellents matériaux, et avec les plus grands soins; car, dans le cas général, celui où ils franchissent une rivière, ils ont à la fois leur base et leur sommet exposés à Taction de l'eau courante. L'existence de la masse liquide, souvent considérable, qu'ils supportent, augmente dans une trèsgrande proportion, sur les voûtes et les pieds-droits, les efforts de pression, qui agissent dans les ponts ordinaires.

Il exi&te sur les canaux royaux et particulière du

406 iOlTB PBS 0UVB4GB8 D'àBT.

nord de Tltalie un assez grand nombre de poutsaqnedacs et de ponts*canauXy dont plusieurs sont des ouvrages importants. Ceux qui sont représentés planches XXI et XXII, peuvent donner une idée da genre de construction qui est généralement adopté daU8 ce pays.

i^clnsefl. — Les écluses des canaux de navigation et d*arrosage sont caractérisées par le double pas* sage qui y est indispensablei 1*" pour le service des bateaux; 2* pour le service de Tirrigation. Le premier est un sas d'écluse ordinaire, dont on établit, dans le système le plus convenable, les dimensions en longueur et en largeur, la chute, etc. En un mot, il n'y a, pour cette partie de Técluse, aucune sujétion qui soit relative à Tarrosage. Au contraire, le deuxième passage, ou le pertuis, n'a d'autre usage que de transmettre, régulièrement, aux biefs inférieurs, les volâmes d'eau nécessaire à ia distribution qui se fait par les régulateurs. Ce service est confié exclusivement aux eygadiers, et s'opère au moyen des vannes, placées en tête de ces pertuis.

Comme il existe toujours en ce point une chute considérable, et que, du moins dans les parties supé- Heures et moyennes du canal, te volume d'eau à transmettre constitue un courant continu, il est d'u-sage d'y placer des usines. Quand même d'ailleurs le courant ne serait pas continu, ce ne serait point pour celles-ci un motif d'exclusion, puisque plusieurs de celles qui concernent les arts agricoles supportent,

tCLUSBS. 407

sans ittoonvéDient) des interruptions de travail \ telles sont les machines à battre les graines» les pilons à blanchir le riz, etc. Les moulins euK-mémes ne doivent pas éprouver^ par cette raison^ d'autre ineonvé* nient qne celui qui est attaché à Tinterruption momentanée du travail. En un mot^ les usines étant toujours avantageuses dans cette situation , où elles profitent de Teau, sur une chute existante^ et sans en consommer aucune partie^ sont un accessoire important, que Ton ne doit pas négliger de comprendre dans les projets de canaux.

La figure 6 de la planche XXVI, et toutes les figures de la planche XXYII donnent » en plan, coupes et élévation^ les dispositions d'une écluse dans ce système. Elle est prise sur le canal de Pavie, dont les ouvrages d'art sont remarquables par leur bonne exécution.

On voit par ces figures que l'on profite de l'existence du pertuis de transmission» dans lequel Teau n'est jamais qu'à peu près au niveau du bief inférieur, pour faciliter l'écoulement de celle du sas rempli, au moyen de buses ou aqueducs, qui sont en nombre variable, depuis deux (pi. XXYI, fig. 6) jusqu'à cinq (pL XXYII, fig. 2 et 3). Par leur moyen, le vidage des sas de la plus grande dimension, dans les écluses de ce système, s'opère dans un temps extrêmement court, relativement aux écluses ordinaires, qui n'ont que la ressource des vantelles. Dans les ouvrages de ce genre que j'ai visités en Italie, je n'ai jamais vu ce même système adapté également au remplissage du

406 SCITB DBS OUTEAGBS D'AIT.

sas, au moyen de bases ou aqueducs communiquant avec le bief supérieur. Quant à ceux d*aval, qui débouchent dans le pertuis, qu'ils soient biais ou d*équerre, on doit toujours avoir soin d'établir, soit pour le radier, soit pour les bajoyers, des maçonneries très-solides, pouvant résister au choc et à Tagitation considérable de Teau qui en sort.

Sur les canaux du Milanais, les vantelles ont une construction qui rend leur manœuvre des plus expéditives ; mobile, sur un axe vertical, partageant leur surface en deux portions un peu inégales, un très* léger effort de traction suffit pour les ouvrir instantanément, c'est-à-dire pour les placer d'équerre sur le plan de la porte, où les feuillures sont pratiquées, moitié en amont, moitié en aval. Uéclusier ou eygadier se sert pour ouvrir et fermer ces vantelles d'une simple gaffe, semblable à celle des bateliers; et il n'emploie pas d'autre instrument pour la manœuvre des portes elles-mêmes. Ainsi qu'on le voit (pi. XXVI, fig. 9), elles n'ont pas de balancier; pour les ouvrir, l'éclusier les tire avec une simple chaîne qui y est fixée; pour les fermer, il les repousse avec la gaffe. Gela se fait ainsi d'une manière extrêmement simple, que Ton doit regarder comme préférable au système des eogreuages, auxquels on a recours ordinairement pour la manœuvre des portés d'écluse dans lesquelles on supprime les balanciers.

Les ferrements des portes busquées des canaux du nord de l'Italie étaient anciennement établis d'après le système imparfait qui est représenté pi, XXYI,

<CLU8B8. 409

fig. 8. Actuellement on établit toujours ces ferrements dans le système de la fig. 7 ; et c'est celui qui est en usage sur la presque totalité des canaux de TEurope.

On peut remarquer dans la coupe de Técluse représentée pi. XXYII, fig. 4 , un système de poutrelles horizontales formant une espèce d'estacade , à quelque distance en aviint du mur de chute. Cette dis-* position, qui a été fort en usage sur les canaux du Milanais , n'y est plus guère observée aujourd'hui. Elle a pour but d'empêcher les bateaux montants de s'approcher jusqu'au pied de la chute, car le remous les attire naturellement vers cette position , de sorte que, par défaut de surveillance, il est arrivé que plusieurs ont été remplis d'eau, et submergés , par celle que lancent les vantelles des portes d^amont. Il faut , quand on veut employer ce moyen, que la longueur du sas soit calculée d'après celle des bateaux, indépendamment de Tespace supplémentaire compris entre cette estacade et le mur de chute.

On voit au chap. IX, page 1 67, par le tableau des écluses du canal de Pavie , que sept ont une chute uniforme de 3 mètres, tandis que les cinq autres en ont de variables, depuis 1",70 jusqu*à 4",80. Tai déjà fait remarquer que l'inconvénient des chutes inégales, qui est très*réel sur les canaux de seule navigation , est moins grand avec l'emploi des écluses des canaux qui ont aussi l'irrigation pour objot; car

410 8UITB DBS OVTMAGES D'aRT.

le peituîs, ÎDdépendàttiaienl de la tnanœuvrô déB portes « permet toujours de rétablir la rét)arlition régulière des eaux ^ qui aurait été momentauémeiil interrompue.

•■fffiigcg «Iven) •iMierviiaènji* — Il eiiste sar les canaux d'arrosage du nord de Fltalie quelques ouvrages spéciaux qui ne rentrent dans aucune des douze classes que je viens d'examiner. On voit « par exemple, dans la pi. XYin^ fig. 4 et %i le plan et Télévation d'une construction en maçonnerie , assez considérable y établie à Tendroit où le canal de Gigliano^ dans la province dlvrée^ en Piémont ^ tombe dans le torrent de TËlvo , en formant une chute d'environ 6 mètres. Les murs en aile qui étaient autrefois établis dans une situation défectueuse , suivant les lignes m^ ont dik être récemment reconstruits suivant la direction ab.

On pourrait mentionner aussi » parmi les ouvrages divers qui sont un utile accessoire des canaux les parapets en pierre dure, tels que ceux dont j'Ai donné la description en parlant des dérivations qui aboutissent dans la ville de Milao. Ces parapets en granit, qui sont d'un bel effet, sans être coûteux» sont d'une incontestable utilité, dans les villes popu* leuses, pour éviter les accidents* On pourrait se demander à ce sujet, si à Paris nous ne pensons pas au confortable avant d'avoir pourvu au nécessaire i en employant journellement, en Taveurde la circu-

OUVRAGBS I)1T£RS. 411

lation des piétons « de grandes oi belles dalles i pour former ou border de nouveaux trottoirs^ tandis qu'on laisse sans parapets les bords du canal Saint- Martin , qui , par cette raisdn , occasionne à lui settl presque autant d'accidents graves qu'il en arrivé sur tontes les voies publiques de la capitale.

Il est certaines observations communes aux divers ouvrages d'art détaillés dans ce chapitre. Quant à leur mode de construction , la pierre de taille et surtout le moellon de bonne qualité étant très-rares dans le nord de ritalie, le corps des ouvrages d'art est généralement en maçonnerie de briques. Toutes les coupes qui^ dans les dessins ci-joints, ne sont désignées que par des hachures, indiquent des maçonneries de cette espèce. Les têtes des angles et les parements principaux sont généralement revêtus en pierre de taille , que l'on reconnaît à la hauteur des assises et à son appareil. Souvent quand on a besoin d'avoir des parements très-résistants, on continue d'employer la brique pour le massif des ouvrages, et ces parements sont revêtus de dalles en granit, cramponnées ou gougeonnées. Gela se fait généralement dans l'intérieur des modules, dans les siphons, etc.

Sur les différentes figures de l'atlas ci-joint on a indiqué par des pointillés les portions d'ouvrages dans lesquelles on emploie, convenablement débitées, des dalles de granit ou de schiste micacé, qui s'exploitent sur une grande échelle dans les mon-

4t9 tcm DBS 00 Yl AGIS ft'AlT.

tagnes voisines de Milan. Indépendamment des parapets le long des canaux , elles servent principalement encore à faire des jouées, chapeaux et potilles pour les empalements < des revêtements , bouches régulatrices , etc.

Page 1