I. KÉSERVOIRS D'EMMAGASINEMENT DES CRUES
hommes ou par l'action même de l'eau. Ces sortes de barra^^es (abstraction faite du surcroît de dépense d'entretien et de surveillance) auraient ce grave inconvénient, pendant une inondation, qu'on ne saurait jamais quelle hauteur de retenue ou quel moment il faudrait fixer pour la fermeture. Si le barrage n'est fermé qu'aux environs du débit maximum présumé, il aura laissé passer, sans les atténuer, des débits qui à une certaine distance en aval concourent à former le débit maximum de la crue ; si la fermeture est commencée plus tôt, on s'expose à voir le réservoir rempli lorsqu'il devrait encore fonctionner utilement pour des localités plus rapprochées.
Il nous semble qu'au lieu de chercher à réaliser une économie par la réduction de la hauteur du barrage dans la pensée de mieux utiliser la retenue, il est plus pratique d'augmenter la papacité du réservoir de manière à laisser fonctionner la retenue beaucoup plus tôt et sans le secours d'aucun mécanisme. D'ailleurs, si les barrages doivent profiter à des localités éloignées, il faut, comme nous l'avons déjà dit, qu'ils agissent sur les débits dont l'influence a le temps de se propager jusque-là, débits qui sont bien antérieurs au débit maximum entrant dans le réservoir. L'excédant de retenue produit par les barrages à ouverture permanente, pour un même abaissement du débit maximum, sera donc utilisé au moins en partie.
Nous ne nous étendrons pas davantage sur le mode de construction des barrages pour ne pas nous écarter de l'objet de cette étude.
Au point de vue de l'évaluation des effets que des barrages pleins ou manœuvres produiraient sur les crues, il n'est du reste pas nécessaire de reprendre les considérations que nous avons présentées dans l'hypothèse des barrages à ouvertures permanentes. La difficulté ne consistera jamais à prévoir comment un barrage modifiera les crues dans son emplacement même, mais bien comment cette modification se fera sentir à une grande distance en aval. Or nous croyons que, pour cela, il est absolument indispensable d'avoir des renseignements statistiques bien complets sur le régime des divers cours d'eau, d'étudier le mouvement d'une où plusieurs grandes crues générales [dans'lout le bassin, d'établir les courbes des débits de ces crues dans les emplacements des barrages et aux principaux confluents, et d'avoir le moyen de déterminer comment la modification d'une de ces courbes de débits influera sur celle d'aval.
"VIL — La solution de la grande question des retenues au point de vue technique est assurément d'une complication extrême; ce qui ajoute à toutes ces difficultés^ c'est l'incertitude des résultats qu'on croit pouvoir en déduire, car, à moins de couvrir un bassin de réservoirs ayant une surabondance de capacité capable de parer à toutes les éventualités, on ne pourra pas affirmer que ces résultats ne seront pas considérablement amoindris dans une nouvelle inondation, qui, dans la combinaison des crues tie tous les cours d'eau du bassin, différera nécessairement à
beaucoup d'égards de celle sur laquelle on aura basé les études et les projets. Notre but est de porter la question sur le terrain économique, où elle est infiniment plus simple, en ce qui concerne du moins la vallée du Rhône. Mais auparavant nous devons encore examiner si la méthode si compliquée qui exige des courbes de débits nombreuses, la connaissance au moins approximative de leur propagation de l'amont à l'aval et de leurs combinaisons aux principaux confluents, ne pourrait être suppléée par de simples observations sur les hauteurs maxima des crues. Nous croyons que les relations qu'on chercherait à établir entre ces
Figures 3 bi$,
hauteurs ne suffiraient pas pour apprécier les eljfets des retenues; car les débits maxima en un point donné ne dépendent pas uniquement des débits maxima des divers cours d'eau supérieurs, mais encore de la durée de leurs crues, et de la manière extrêmement variable dont elles se combinent. Négliger ces circonstances capitales, c'est négliger les éléments essentiels de la question. Les figures (3 bis) montrent clairement que deux cours d'eau ayant dans trois crues différentes les mêmes débits maxima de 3.000 mètrescubes et de 4.000 mètres cubes peuvent donner, en aval de leur confluent, des débits maxima de SJOOO mètres cubes, 6.000
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