I. RÉSERVOIRS D'EMMAGASINEMENT DES GRUES
à une certaine hauteur de débordement sur les plaines et recommence à croître au delà. L'ifttervalle de temps (T^ — T^\ n*est donc pas égal à (/,j — /,,,), mais dans tous les cas la-^urface A a'ô'c' GB doit être rij^^oureusement égale à la surface t^aàct^.
Le temps (T^^ — T^^) peut être plus petit que f^t^^ — Ijjy mais en général lorsque la crue de Taffluent piécède de beaucoup celle du Rhône, les débits de sa période croissante se propagent plus vite que ceux de la période décroissante, de sorte qu*on peut dire alors que la cour})e des débits de Taffluent s'allonge en se propageant sur le Rhône. Il est d'ailleurs une cause qui tend toujours à produire cet allongement, c'est la diminution progressive du débit maximum d'une crue entre deux affluents consécutifs. En conséquence, en supposant que les divers débits de la crue d'un affluent (surtout lorsqu'elle est courte; se propagent dans la crue du cours d'eau principal avec une même vitesse (qu'on peut faire égale à la vites.se de propagation moyenne), on fait une hypothèse qui exagère en général la part qui revient à cet affluent dans les débits du fleuve à une grande distance en aval. Elle exagère également l'influence qu'auraient sur le Rhône des modifications qu'on apporterait aux débits de l'affluent.
11 est du reste possible d'estimer, par la combinaison des courbes des débits du Rhône et des affluents et par les vitesses de propagation calculées approximativement, les intervalles de temps variables que les divers débits de laDrôme, par exemple, mettent à arriver àBeaucaire, et à part la mesure de l'aplatissement de In crue, on peut se rendre compte à peu près comment la courbe des débits de la Drôme se déforme dans sa propagation avec celles du Rhône.
Quoiqu'il en soit de la difficulté de ce problème, on peut imaginer la place que la crue d'ua affluent occupe sur la courbe des débits dans la région inférieure du fleuve. Si l'on considère de cette manière ce que devient dans cette région un petit affluent éloigné et à crues brusques, on voit qu'une réduction relativement forte de son débit maximum peut être insignifiante pour le débit maximum du fleuve et l'on voit surtout combien cet effet est incertain, puisque cette position de la courbe des débits de l'affluent sur celle du fleuve peut varier par suite de mille circonstances.
En transportant sur la courbe des débits d'une localité les réductions de débits faites dans un endroit situé en amont au moyen de la vitesse de propagation moyenne de ces réduèiions, on néglige l'eflet des emmagasinements sur l'aplatissement des débits maxima, et si, entre les deux localités, il y a de vastes plaines où il se fait des emmagasinements considérables, on exagérerait beaucoup, en opérant par cette méthode abrégée, les réductions de débits dans la localité d'aval. Dans ce casj il convient toujours d'établir les courbes des débits à l'entrée et à la sortie de chacune de ces grandes plaines, et de se rendre compte comment les
modifications lîiiles à la première se transmettront à la seconde, en ayant égard à la diminution de Temmagasinement.
Note B.
Le fait de la diminution progressive du débit maximum des ciiies dans l'intervalle de deux affluents, qu'on appelle ordinairement l'aplatissement des crues, est bien reconnu par l'expérience. Il aurait lieu même dans un canal régulier, et cela résulte théoriquement de ce que, dans le mouvement d'un courant en cnie, la vitesse moyenne, la section et le débit ne prennent pas simultanément leurs valeurs maxima. Le maxinmni de la vitesse précède celui du débit, qui précède celui de la section. Mais, dans les cours d'eau naturels à laides plaines, l'aplatissement des crues qui débordent est beaucoup plus considéraljle et cela lient soit à ce que les plaines continuent à se remplir et à emmagasiner api-ès que le débit a eu son maximum dans l'étendue de ces plaines, soit à ce que les divers courants dans lesquels se divise le débit entrant, en amont d'une plaine, se réunissent à la sortie de cette plaine, de manière que le maximum en ce point est formé par d'autres débits partiels que ceux qui forment le débit maximum entrant.
Ainsi, par exemple, si un débit maximum entrant de 40.000 mètres cubes se décompose en deux courants dont les débits maxima soient de 8.000 et 2.000 mètres cubes, et que le dernier courant propage ses débits plus lentement que le premier, le maxinmm à la réunion, en aval de la plaine, se composera d'un débit décroissant du premier courant et d'un débit croissant du second qui seront moindres que 8.000 et 2.000 mètres cubes. On sait, eji effet, qu'en aval de la jonction des deux coui-s d'eau le débit est maximum lorsque la croissimce de l'un (rapportée à l'unité de temps) est égale à la décroissance de l'autre. Les figures 2 et 2 bis mettent cet axiome en toute évidence.
Signé: Kleitz.
Voici maintenant un extrait du dernier ouvrage de M. Duponchel, sur son projet bien connu du limonage des Landes. On trouvera dans cet extrait un historique des accidents survenus à de grands barrages de vallées, et des observations sur les réservoirs d'cmmagasinement des crues que pourrait procurer Texécution des limonages projetés par 1 auteur.