II. LES DÉBITS DE SABLE ET DE GRAVIER
plus favorables et pendant des crues de quatre mètres de hauteur. Quant à ceux qui sont déplacés par les tourbillons, il est douteux qu'ils puissent être ainsi entraînés à de grandes distances, car les tourbillons ne se maintiennent pas longtemps dans les mêmes conditions, et dès que leur action diminue les graviers retombent.
« Ce n'est donc plus par centaines d'années, comme dans la marche continue des grèves de sable fin, mais par milliers qu'il faut sans doute compter pour apprécier le temps qu'un gravier emploie à parcourir toute la longueur de la Loire, quand les circonstances l'ont mis en position d'effectuer ce voyage... Il y a une grande partie des graviers, d'abord remués par les eaux, qui s'immobilisent sur les rives. »
VI. Inflaences g^logpiqaes et autres. — Dans les 400,000 mètres cubes de sable qui franchissent chaque année les ponts de Nantes (1 million, moins 600,000 enlevés par les riverains), entrent ceux qui, suffisamment usés par les frottements dans leur long voyage, sont entraînés en suspension, agrégés aux vases flottantes.
Citons à cette occasion quelques lignes de l'intéressant Mémoire sur les sables de la Loire, que M. Partiot a joint au dossier du projet de transformation de la basse Loire, dont il a fait l'étude en 1869 sous notre direction. « La nature granitique des montagnes où la Loire et ses principaux affluents prennent leur source diminue considérablement le volume des matières qu'ils entraînent. Un point peut rester douteux, c'est le cube des graviers et des sables apportés par les ruisseaux; mais si l'on songe aux nombreux barrages éta* blis sur chacun d'eux pour les usines et les irrigations, aux curages que l'on exécute, on doit admettre que le cube des matériaux qu'ils charrient jusqu'à leur embouchure doit être extrêmement réduit. . . Les sables s'usent par le frottement, pendant leur marche au fond de l'eau... Lorsqu'ils arrivent à un degré de ténuité extrême, ils se mettent en suspension dans l'eau avec la plus grande facilité; ils s'y mêlent à l'argile et forment de la vase. »
19. E« sable dans la vase. — Eu l'endatlt compte des mesures prises pour le dévasement du bassin de Saint-Nazaire^ M* Lefermc a fait connaître que les eaux troubles de la rade
donnent « une vase savontieuse, très douce au toucher, et à l'œil nu sans la moindre trace de sable. » Cependant M. Delcsse a trouvé que cette vase est, pour la plus grande partie, formée de poussière de quartz parfaitement blanc; le reste se compose de carbonate de chaux, d'un peu de silex, etc. Cette vase, amenée par le flot, provient principalement de la destruction des côtes et des îles de la mer, d'un peu de poussière des sables de la Loire, etc. « Le sable siliceux ou calcaire est, à l'état impalpable, délayable dans l'eau, où il reste en suspension à cause de la finesse des particules (état qui le fait confondre souvent à tort avec l'argile), et à l'état palpable non délayable*. » Sur les côtes de la mer, et aussi dans les rivières, le sable devient impalpable avec le temps; il se compoi^te alors à peu près comme la vase d'argile. L'une et l'autre vase ne se déposent que dans Teau stagnante.