LE RUISSEAU DE M. DE LAVELEYE
^B. Nous empruntons à un opuscule de M. de Laveleye {Envasement des fleuves, etc., 18S9) ce petit roman d'un ruisseau dont aucune complication ne trouble le régime :
c< Suivez un ruisseau quelconque; vers sa source il aura en général une pente prononcée, l'eau y acquerra beaucoup de vitesse; si elle surpasse 30 centimètres par seconde, le sol sera caillouteux, car le sable sera entraîné.
M Plus bas, la pente diminue, et la vitesse de l'eau finit par être inférieure à 30 centimètres par seconde; le fond du ruisseau devient sablonneux, sans mélage de terres meubles qui sont encore entraînées :
« Plus loin encore, lorsque le ruisseau vient serpenter dans les prairies, sa vitesse y est presque nulle; aussi son fond devient-il bourbeux, parce que la vitesse, inférieure à 7 ou 8 centimètres par seconde, est incapable d'entraîner les terres
1. M. Pichard, directeur de la station agronomique de Vauciuse.
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détrempées qui viennent se déposer sous forme de vase, d'autant plus ténue que l'eau est plus dormante.
« C'est une chose curieuse que de suivre un petit ruisseau, coulant d'abord sur des cailloux anguleux, remplacés bientôt par du gravier, puis par du sable grossier d'abord, fin ensuite, et, enfin, prenant un fond de vase liquide dans laquelle un bâton pénètre aisément. »
Sans indiquer d'autres complications, faisons remarquer qu'un ruisseau bourbeux et dormant ne tarderait pas, sans l'intervention de l'homme, à se combler complètement; les prairies où « le ruisseau vient serpenter » ne seraient bientôt plus qu'un marécage*.