‹ Hydraulique fluvialeChapitre 68 sur 152 · INONDATIONS DE 1843 ET DE · texte numérisé non relu

INONDATIONS DE 1843 ET DE

toi. Craes de 1804^ ISOV, ISIO, 1893, 189&, 1890, 183«9 ISitO. — On n'a pas de renseignements bien complets sur les crues des premières années du xix* siècle : 1804, 1807, 1810. A Saumur, le fleuve est monté à 6",06 audessus de l'étiage à la fin de janvier 1823, à 8",52 en décembre 1825, 5",41 en décembre 1826, 8", 10 en mai 1836 et 5»,35 en 1840. Le maximum de la crue de 1823 a été aux Rosiers de 6=^,66; celle de 1825 a marqué à Orléans 6'",16 et aux Rosiers 6'",09.

169. Grande crae de 1843. — La crue de janvier 1843 ne s'est élevée qu'à 2",50 à Digoin sur la Loire; 2'",20 à Mou-

1. Eq lisant les Notices biographiques de M, Tarbé de Saint-Hardouin, nous voyons que cet inspecteur devait être Aubry.

s IIÏ. INONDATrONS DE 1843 ET DE 1846 173

lins sur TAllier, 3", 80 à Orléans ; mais elle a atteint 6™,70 à Saumur en amont du pont et 6", 48 en aval; 7", 35 et 7",25 aux Rosiers, 8",79 et 5"*,54 aux Ponts-de-Cé, 6",S3 à Ancenis el6",12àNantes\

Cette crue de 1843 est restée dans les souvenirs des riverains de la partie aval du fleuve, qui n'avaient pas vu depuis longtemps de pareilles hauteurs d'eau ; leur émotion fut extrême. On discuta beaucoup sur les débouchés des ponts ; mais la discussion s'égara, par suite de la fausseté des idées en cours sur la question des débouchés. M. Dupuit Ta élucidée depuis, mais la pratique n'a pas encore tiré de ses belles études tout le parti qu'elles comportent.

Il semblerait, en lisant les écrits de cette époque, que cette question des crues fût quelque chose de mystérieux, d'inaccessible à l'homme. On pose les problèmes les plus essentiels, mais on ne fait aucun eiïort pour les résoudre. Aucun programme n'est rédigé concernant les constatations à faire pendant les inondations qui viendront plus tard.

Yoici une citation qui donnera un aperçu des opinions émises, opinions qui, malheureusement, ont encore une autorité qu'elles devraient avoir perdue depuis longtemps.

Les ponts et les levées transversales, — « Au lieu d'attribuer gratuitement à la présence des ponts telle ou telle surélévation du plan d'eau, pourquoi ne pas mesurer directement cette surélévation ? L'efifet d'un obstacle placé dans une eau courante est assez connu. Que cet obstacle consiste en un exhaussement du fond, comme dans le cas d'un déversoir, ou qu'il consiste en une réduction brusque de la largeur du lit, comme dans le cas d'un pont de faible débouché, les mêmes modifications s'introduisent dans l'écoulement normal. Un gonflement se manifeste immédiatement à l'amont, et la pente de superficie subit une réduction qui va s'affaiblissant jusqu'à la limite du remous où elle reprend sa valeur primitive. A part d'ailleurs la perturbation locale qui a lieu au passage de l'obstacle, rien n'est changé dans la hauteur des eatLx davaL En mesurant au moyen d'im nivellement fait

I. Ces cotes sont données au-dessus des zéros des échelles. A Nantes, réliage est à 0'»,50 au-dessous du zéro du pont de la Bourse ; la crue a donc été en réalité de 6», 62.

avec soin la différence de niveau de deux points pris à la surface fluide, l'un à cent mètres en amont, l'autre à cent mètres en aval de l'obstacle , on est donc certain d'obtenir la valeur absolue de la surélévation augmentée de la pente normale des cours d'eau pour deux cents mètres de longueur. »

Après la citation que nous avons faite d'un passage de Dupuit, dans le chapitre iv, nous pourrions nous dispenser d'insister. Le gros bon sens suffit pour faire justice de la prétention d'établir des digues transversales insubmersibles, barrant la plus grande partie d'une vallée sans qu'il en résulte autre chose qu'un petit gonflement local. C'est supposer qu'il n'y avait que de l'eau morte sur toute la plaine pendant les grandes crues, avant l'établissement de la levée. Il y a telles circonstances où cela peut être à peu près vrai, d'autres où la division des courants présente autant ou même plus d'inconvénients que d'avantages; mais la théorie qui consiste à voir dans le remous local d'un pont la seule conséquence du barrage d'une vallée est une de ces erreurs qui ne se discutent plus. Une réduction de la section débitante suppose une augmentation de la vitesse et, en général, une augmentation de la pente. Il y a, par conséquent, exhaussement de la rivière, en aval comme en amont, jusqu'aux points où se retrouvent les conditions naturelles de l'écoulement de la crue. On se rabat quelquefois sur des affouillements énormes qui se formeraient sous le pont et disparaîtraient avant le retour des petits débits; mais c'est oublier que le raisonnement que nous réfutons est appliqué aux fonds inaffouillables comme aux autres. L'influence de l'affouillement supposé ne serait pas du tout d'ailleurs ce qu'on imagine, faute de comprendre l'impossibilité d'éviter les grandes déperditions de travail, ou si l'on veut la nécessité de plus grandes chutes par mètre, quand les phénomènes hydrauliques s'accomplissent sans que toutes les transitions soient bien ménagées.

On peut conclure en disant : Les levées transversales, interceptant des courants longitudinaux de débordement, provoquant des courants transversaux qui troublent l'écoulement dans le lit, ont en général une action nuisible pour les localités

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