VI. CRUES DE 1872, 187G, 1879 ET
deviendra imminent, on -songera peut-être à rompre la levée de la Divatte; mais celte fâcheuse voie de fait pourrait bien n'arriver que trop tard et ne pas produire l'effet qu'on en attendrait *.
Que faire donc ? Améliorer le nivellement du lit, en prolongeant un peu vers Tamont la ligne rectifiée passant par les sommets du thalweg d'aval; limiter la Loire maritime, à l'extrémité supérieure de cet abaissement, par un barrage à hausses mobiles» analogue au barrage de Martotsur la Seine.
Le but serait mieux atteint au moyen d'un ensemble de travaux comprenant un plus grand abaissement du lit et la rectification des bras de la rive droite; ceux-ci seraient remplacés, au point de vue de l'écoulement, par un nouveau bras à travers les îles comme nous l'avons proposé en 1869 (voir p. 196 un extrait de l'une des pièces du projet); l'abaissement du niveau de l'étiage ne présenterait pas d'inconvénients, si l'on transformait en même temps le port actuel en bassin à flot*. Mais il faut se hâter, car autrement les expropriations deviendraient ruineuses. Les travaux publics exécutés depuis 1869 rendraient déjà l'opération plus difficile.
Dernières crues. — Depuis 1872, on signale des crues importantes en mars 1876, janvier 1879 et décembre 1882; celle de 1879 s'est élevée à 6 mètres à Nantes et celle de 1882 à 5-,67. après 2'",67 à Orléans, r)™,25 à Saumur, 5»,92 à Montjean.
La cote de 1882 à Nantes est comptée comme à l'ordinaire au-dessus du zéro de l'échelle du pont de la Bourse. Ce zéro étant à 3™,68 au-dessus de celui de Saint-Nazaire, on voit que la Loire s'est élevée à Nantes à 9"", 38 par rapport au zéro hydrographique de l'embouchure. A l'extrémité aval du port, on a eu 8",83 ; à Couëron, 7", 32 à basse mer et 7",43 à haute mer. L'influence de la marée s'est approchée de Nantes plus qu'en 1872 : la cote de la haute mer à Saint-
1 . Il n'y a pas de projet de déversoir pour cette digue. Il est vrai que la courbe des hauteurs des crues s*aplatit à mesure qu'on descend, et que par suite Tinfluence de ce déversoir serait faible à Nantes.
2. C'est ce qu'on a fait à Bristol sans qu'il y eût, que nous sachions, de motif analogue. Pour améliorer Tancien port, qui occupait le lit de TAvon, on l'a transformé en bassin à flot fermé, et un nouveau lit a été ouvert pour récoulement des eaux de la rivière.
CD b.
Nazaire a été moindre (5", 10, au lieu de 5", 40) ; mais la basse mer a marqué 1",70, au lieu de 1",45 en 1872.
La crue de 1879 a occasionné une brèche dans la levée de Savennières, non par déversement, mais à la suite de Touverlure d'un renard. Aucun autre accident pendant les quatre grandes crues de 1872, 1876, 1879 et 1882.
Il n'est pas possible de surélever les murs de quai à Nantes comme on Ta fait à Paris, où Ton trouve souvent des trottoirs de rive bien plus hauts que la voie charretière. La voie ferrée de Paris à Saint-Nazaire et à Landerneau suit des quais sur quatre kilomètres, et on la franchit de tous côtés à niveau pour communiquer avec le port. D'autres quais sont étroits et ne pourraient être exhaussés qu'en causant d'immenses dommages aux propriétés riveraines.
196. Projets de Tlnspeetear générai des tardes et levées. — Dans un rapport que nous avons déjà cité, l'inspecteur des turcies a fait en 1790 des propositions que nous allons résumer.
Après avoir dit qu'il y a deux intérêts, celui de la navigation et celui des riverains, et avoir parlé du premier, Tauteur ajoute : « Quant au deuxième, on ne croit pas qu'on puisse y satisfaire avec plus d'économie et avec une plus grande espérance de succès, qu'en cessant d'opposer aux grandes crues de ces rivières des obstacles qu'elles franchissent avec autant de violence. On propose donc, pour cela, des levées telles que celles dont on a déjà donné le projet pour la conservation du territoire de Lamnay et des vallées, en disposant ces levées de manière qu'elles présentent des passes de distance en distance, pour laisser refluer les eaux des crues sur les plaines qui se trouvent au derrière, lorsqu'elles excéderont la hauteur des chantiers... Ces levées, d'ailleurs, n'ont besoin d'être ni aussi hautes, ni aussi larges que les autres, puisqu'étant entou-
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rées d'eau, celle qui ei^t au derrière fait équilibre avec la pous sée de celle qui exerce un efiort en avant. Elles doivent donc être morcelées pour cela, et dirigées dans la forme du plan qu'on en joint ici par aperçu ^ Il est question maintenant de faire voir que les distances intermédiaires des passes qui les divisent ne doivent pas être arbitraires. J'ai déjà indiqué que ces distances devraient être de 500 toises, pour celles que j^ai proposées à Lamnay et aux vallées; et, s'il est nécessaire de laisser des brèches semblablement disposées aux levées actuelles qui ont éprouvé des ruptures, telles par exemple que celles de Saint- ililaire, où il s'est fait une brèche de 200 toises, on doit régler ces distances d'après cette indication. »
199. Proposition de M. C^moy. — M. Comoy n'est pas parvenu à faire adopter ses conclusions, et l'on n'a même pas donné grande suite à ses propositions très judicieuses concernant la fixation des rives.
Réservoirs. — ull n'est pas possible, dit-il, d'améliorer le régime de la Loire entre le Bec-d' Allier et Nantes en exhaussant les digues, tant que les crues conserveront leurs débits actuels; on ne peut pas davantage élargir le lit endigué. Si Ton veut soustraire les vais aux effets désastreux des inondations violentes, il est nécessaires d'atténuer les crues au moyen de retenues d'eau dans les parties supérieures des bassins de la Loire et de l'Allier. »
.Exhaussement des levées enaval du Cher, — « Mais, continue M. Comoy, l'atténuation qu'il est possible de réaliser, suffisante jusqu'au confluent du Cher, moyennant de légères modifications aux digues actuelles, serait impuissante en aval. On ne peut pas ramener les débits de cette partie de la Loire aux valeurs que le lit endigué peut admettre, en faisant de nouvelles retenues dans les bassins du Cher et de la Vienne ; il faut exhausser les digues situées au-dessous du Cher pour mettre le lit en rapport avec les nouveaux débits, plus augmentés par la résistance supposée des digues et les petits exhaussements en amont que diminués par les réservoirs. L'exhaussement de la digue de l'Authion serait assez faible^ variant de 0°^,80 à 1 mètre au-dessus de la crue de 48S6,