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Tl y a quelques exceptions, que nous ferons connaître

§ in. LES INONDATIONS 287

déposé sur les terres les fertilise, ce qui fait plus que compenser les pertes qu'on éprouve de temps en temps.

5S46. Inondation de mars 1896. — Cette crue, la quatrième du siècle, a marqué 6",50 le 17 mars au pont de la Toumelle de 3 heures à 6 heures du soir. A Poîssy, 6",So le 18 mars ; à Mantes, 7", 69 le 19 mars, à 3 heures du soir.

La crue de 1876, dit Belgrand, fournit un des meilleurs exemples de la manière dont se produisent les crues extraordinaires de la Seine à Paris. (Notice sur les crues des principales rivières de France en mars 1876, en collaboration avec M. Lemoine.) Elles sont toujours le résultat d'une série de crues successives des affluents torrentiels. Les eaux pluviales ruissellent à la surface des terrains imperméables, et produisent le maximum. Les eaux absorbées par les terrains perméables alimentent do très nombreuses sources, qui éprouvent aussi des crues considérables; mais elles n'arrivent à Paris que quelques jours après le maximum produit par les crues de superficie.

« Lorsqu'il y a des pluies persistantes, la crue du fleuve est donc soutenue à un niveau élevé pendant plusieurs jours par celle des sources, et si dans cet intervalle de temps les affluents éprouvent une seconde croissance, elle produit à Paris un nouveau maximum plus élevé que le premier. Une troisième crue, survenue quelques jour3 après, produit un eff*et analogue, de sorte que le fleuve peut s'élever pendant des mois entiers sous l'action de plusieurs montées successives de ses affluents, sans qu'on puisse jamais prévoir le moment oix cette croissance s'arrêtera. Une très grande crue de la Seine à Paris se trouve ainsi souvent produite par la succession de phénomènes qui, dans la partie supérieure du bassin, ne donnent lieu qu'à des crues successives d'une intensité médiocre.

« Il en est tout autrement dans les bassins où le sol est en grande partie imperméable, comme ceux de la Loire et de la Garonne. Les crues y étant très violentes, mais de très courte durée, la crue du fleuve cesse de s'accroître à partir d'un certain point, parce que la crue de l'affluent est toujours passée lorsque la crue du fleuve arrive au confluent. Les grandes inondations sont donc alors très habituellement le résultat

d'un seul phénomène météorologique, et elles sont beaucoup plus désastreuses que celles de la Seine parce que, leur durée étant très courte, leur débit par seconde est énorme. » Oui; mais il résulte du mécanisme des crues de la Seine qu'on ne doit pas être surpris de trouver dans Thistoire le récit de crues beaucoup plus fortes que celles du xix** siècle ; il suffit pour les expliquer d'admettre une succession plus prolongée de pluies. On peut donc dire que, sous ce rapport, les conditions sont plus mauvaises que dans nos autres bassins où, le grand flot passé, tout est à refaire.

« En 1876 — nous revenons au texte de MM. Belgrand et Lemoine — en 1876, il n'y a pas eu moins de sept âmes successives des affluents torrentiels, produites par des pluies qui se sont continuées presque sans interruption du 11 février au 15 mars. »

La première de ces crues a eu lieu les 15 et 16 février; elle a été produite par le dégel, aidé par de petites pluies fines. Une seconde crue des affluents torrentiels a eu lieu les 20 et 21 février, par suite de pluies générales tombées les 19 et 20. Une troisième, du 27 février au 1" mars, est résultée de pluies tombées sans interruption sur le haut Morvan du 25 au soir au 28 au matin. Une quatrième crue a eu lieu du 2 au 4 mars ; une cinquième le 6; une sixième, du 9 au 11 mars, a donné surtout dans la Marne et dans T Aisne. Enfin la septième crue a eu lieu le 13 mars, surtout dans le bassin de ITonne.

M. l'ingénieur Remise a fait remarquer que si les pluies du 11 au 13, qui ont produit la septième crue, avaient été générales, on aurait vu se reproduire les désastres que la crue de 1866 a causés dans le bassin de l'Yonne.

La quantité totale de pluie n'a pas été considérable. Du 13 février au 15 mars, on ne trouve que 0",166 en rapportant le volume tombé à l'ensemble du bassin en amont de Paris. Une très grande partie, qui correspond à février, ne serait pas comptée s'il s'agissait de tout autre de nos grands bassins.

Tandis que pour l'Yonne, TArmançon, la Marne, l'Aisne, il y a eu une succession de crues distinctes, il n y a eu qu'une seule et même crue pour la Haute-Seine, pour l'Ornain et surtout pour les petites rivières de la Champagne sèche. « L'eau, au lieu de ruisseler sur le sol, passe par les sources. »

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