III. LES INONDATIONS
Les cours d*eau tranquilles, soutenant les crues du fleuve, donnant un point de départ plus élevé aux nouvelles montées provoquées par les rivières à bassins imperméables, contribuent à leur manière aux désastres qui atteignent de temps en temps Paris.
Dans cette ville, le niveau de la Seine s'est élevé presque constamment du 15 février au 17 mars ; quelques décimètres de baisse ont seulement eu lieu du 2 au 5 mars.
Les crues deviennent dommageables à partir de la cote 5 mètres. Celle de 1876, avec son niveau de 6",50 à la Tournelle, a été désastreuse ; la hauteur d'eau sur le quai de Bercy, non défendu alors, a atteint 2 mètres. M. Belgrand estime que Paris se trouve préservé des inondations dans toute la partie où sont construits les égouts collecteurs, M puisque la différence de niveau de Teau dans le fleuve au Pont-Royal et dans les égouts est de 2", 40 ». Cela se rapporte à une crue comme celle de 1876 ; mais ne nous apprend pas ce qui pourrait résulter d'une inondation s'élevant à 2", 30 plus haut, comme celle de 1658.
Nous devons à Tobligeance de M. l'ingénieur en chef des ponts de Paris des renseignements sur les déclivités de la crue de 1876.
En amont du pont de la Tournelle, Taltitude * a été de 32",75 En aval du pont Royal 31 81
Soit une élévation, du second point au premier, de. 0",94 La distance étant de 2,240 mètres, la pente kilométrique moyenne est de 0'°,42.
Pour des crues plus hautes, amenant la fermeture complète d'un grand nombre d'arches, la pente arriverait forcément à des valeurs excessives, malgré les grands dragages qui ont abaissé le lit de la Seine à Paris depuis quelques années.
949. Crues de 1889-1883. — Les crues de décembre 1882 et de janvier 1883 ont été à peu près égales : 5™,84 et
1. Rappelons qu'on donne tantôt les hauteurs au-dessus de l'éliage du lieu, tantôt au-dessus du niveau moyen de la mer. (Les cotes ci-dessus — altitudes — se rapportent à ce dernier cas.)
6*,00 à la Tournelle. A Poissy, 6",41 et 6™,46 ; à Manies, 7»,o4 et 7",60. Pour 1876, on avait eu: 6«,80,6",r)Set7'",«9.
Les crues de 1882 et 1883 appartiennent au même type que la crue de 1876, ot diffèrent essentiellement du type de 1866. En 1879, on avait déjà eu deux crues successives presque égales, les 8 janvier et 24 février ; mais avec une élévation notablement moindre (5™, 64 et 5"*, 62 au pont d'Austerlitz, contre 6", 12 et 6",24 en 1882 et 1883).
« Les groupes de pluie qui ont produit les deux crues successives de décembre 1882 et de janvier 1883 se sonl étendus sur tout le bassin. Pour la première crue, du 19 au 30 novembre inclusivement; pour la seconde, du 21 au 23 décembre inclusivement et du 30 décembre 1882 au 3 janvier 1883. Dans la seconde quinzaine de novembre, la neige a accompagné la pluie dans la partie supérieure du bassin, mais la couche restée sur le sol n ajamais été que de quelques centimètres d'épaisseur » K
Pour la basse Seine, l'élévation de l'Oise a rendu la crue relativement plus forte qu'à Paris.
A partir de Saint-Pierre du Vauvray, sauf à Pont-de- TArche, la crue a dépassé les cotes de 1876 :
Saint-Pierre du Vauvray: 12", 02 le iO décembre 1882, an lieu de 11«,94 en mars 1876 :
Ecluse de Poses (amont) : 10'",02 au lieu de 9",82 ;
Pont de Pont-de-r Arche : 8", 74 au lieu de 8",78 ;
Pont métallique d'Elbeuf : 7"", 45 au lieu do 7",37 :
Pont d'Oissel ; 6™,3l au lieu de 6™,0i ;
On explique ce fait par l'influence de la marée, la vive-eau ayant coïncidé avec le maximum, ce qui n'avait pas eu lieu eu 1876. Cette explication, qu'on a donnée à lort pour la Loire, est vraie pour la Seine: nous l'avons vérifiée en examinant la courbe des hauteurs à Rouen le 11 décembre; cette courbe accuse un reste d'oscillation de marée, tandis que toute trace de ce phénomène disparaît à Nantes pendant les grands débordements du fleuve.
Propagation du maximum. — Le maximum s'est propagé
1. M. fie Pr^aufleau, Annales des ponts et chaussées, septembre 1883.