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FORME AIGUË FRANCHE

Dans les cas aigus qui sont les plus caractéristiques, l'installation des symptômes cliniques, leur succession, peut se faire avec une rapidité réellement impressionnante. L'enfant peut passer en quelques heures d’un état de bonne santé apparente à celui de la mort prochaine. Ramadier et Chaussé écrivent : « On pense à une méningite foudroyante, au pronostic désespéré. » « La fin semble proche, écrit Stenger, et pourtant l'affection évolue depuis peu. »

De fait le tableau clinique, avec son coma, sa cyanose, ses pauses respiratoires ou ses crises convulsives répétées, peut être dramatique. Mais, dans ces cas, l’intensité de ces symptômes impose une intervention d'urgence, et nous verrons les merveilleux effets de la moindre manœuvre décompressive. Dans les cas véritablement suraigus, comme celui de Schlander, on a vraiment peu de temps pour réfléchir à l’opportunité d’une intervention. Dans les cas aigus simples les plus banaux, il est possible que 4a mort survienne aussi si on n'intervient pas à temps, et nous avons lu une très ancienne observation de Kipp, malheureusement assez incompiète et que nous ne rapportons pas pour cela ici, où le diagnostic d’hydrocéphalie n’a pas été fait, bien que nous puissions maintenant rétrospectivement supposer l’hydrocéphalie otitique et qui, faute d'intervention, s’est terminée par la mort.

Il nous faut cependant reconnaitre que nous ne possédons pas de cas certains de forme franche d’hydrocéphalie qui aient été abandonnés à eux-mêmes. Nous ne rapportons qu’un cas mortel : celui de Schlander, mais il n’y a eu, dans ce cas mortel, ni ponction lombaire ni analyse du liquide céphalo-rachidien.

La plupart des autres cas ont guéri soit par la ponction lombaire, soit par l’incision de la dure-mère. l’action de ces thérapeutiques est réellement miraculeuse. L'enfant, quelques instants auparavant dans le coma, revient à lui, reconnait ses proches, se réalimente, reprend ses jeux : c’est d’une véritable résurrection qu’il s’agit. Tel était le cas du nourrisson que nous avons observé. Lorsque le tableau clinique était un peu moins grave, le résultat de la décompression est tout aussi remarquable : la céphalée cesse, les vertiges disparaissent, la torpeur se dissipe et le malade se déclare prêt à reprendre une vie normale.

Les résultats immédiats de la décompression sont donc toujours

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parfaits. Mais il est rare qu’une telle amélioration se maintienne les jours et même les heures suivants au même degré. Souvent, en effet, dès le lendemain, le malade accuse à nouveau un peu de céphalée, de vertiges et n'ose pas encore se lever. Les jours suivants, peu à peu ces troubles se dissipent; mais souvent de temps à autre, plus ou moins brusquement, une petite attaque de céphalée, parfois une nausée, tout au moins une sensation de lourdeur dans la tête et de fatigue intellectuelle, demeurent et le malade reste convalescent une quinzaine de jours, parfois plus, et pendant ce temps tous les troubles vont en s’estompant peu à peu.

Tout se passe donc comme si, après une brutale. amélioration, un certain degré d’œdème cérébro-méningé persistait durant une période plus ou moins longue, œdème qui ne régresse que lentement, comme l’atteste d’ailleurs la persistance de légères modifications du fond d'œil, ainsi que nous l’avons déjà dit.

Mais plus caractéristiques encore sont les véritables rechutes qui peuvent survenir au cours de la convalescence de ces hydrocéphalies aiguës.

RECHUTES. — Nous entendons par rechute la reprise de tous les symptômes que l’on a constatés au cours de la crise initiale. La rechute peut reproduire cette crise avec la même intensité; mais, en général, elle est un peu moins intense et, d’ailleurs, on est à ce moment averti, le diagnostic est rapidement fait et on ne retarde pas cette fois la thérapeutique efficace. Ces rechutes peuvent être précoces, survenir dès le lendemain de la ponction lombaire, comme si la cause de l’'hypertension persistait et qu’à peine évacué le liquide céphalo-rachidien s'était reproduit. C’est un cas exceptionnel.

Beaucoup plus souvent, la rechute est assez tardive, après huit jours (Bondy) d’accalmie, dix jours (Symmonds, Stenger), parfois après des semaines (Muck) et même des mois (cas personnel n° 1). Ce qui est surprenant alors dans ces rechutes tardives, c’est que le foyer primitif, entre temps, s’est complètement guéri et que la rechute survient sans cause apparente. Les auteurs allemands, et en particulier Bœnninghaus et Fleischmann, pensent que, pour expliquer ce fait, il faut supposer qu’un état de déséquilibre vaso-moteur persiste, qui peut déclancher, à la moindre cause occasionnelle, une poussée d’æœdème méningo-encéphalique.

La rechute peut être unique (cas personnel n° 2), mais on peut voir survenir trois, quatre, cinq rechutes (cas n° 1 et Muck, Bondy). Les rechutes vont d’ailleurs, en général, én intensité décroissante. La ponction lombaire montre des chiffres moins élevés, la céphalée est

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moindre et la stase moins intense. D’ailleurs, la dernière rechute se traduit souvent par une simple crise transitoire de céphalée, une nausée, un vertige : simple accès estompé et qui guérira sans je secours d'aucune thérapeutique (Muck, Bondy).

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