FORME SUBAIGUË ET A RÉMISSIONS
A côté de ces formes franches, il existe incontestablement une forme plus lente, plus progressive, et beaucoup plus difficile à diagnostiquer si on ne pense pas à examiner systématiquement le fond d’œil et a pratiquer, dans ces cas, des ponctions lombaires.
Cette forme, nous ne l’avons trouvée décrite que dans Moscardi qui est ophtalmologiste et qui a examiné systématiquement les fonds d’œil des sujets qui, au cours d’otites chroniques, présentaient de petits symptômes endo-craniens suspects.
Il s’agit presque toujours d’otites chroniques qui, depuis des mois et même des années et avec des intervalles plus ou moins rapprochés, donnent des poussées de céphalée siégeant surtout du côté de l’oreille atteinte, des nausées, des vomissements, parfois quelques petits troubles psychiques. Mais en général, pendant longtemps, ces troubles sont suffisamment vagues pour que le malade ne songe même pas à faire soigner son otite. À la longue, cependant, ces accès augmentent d'intensité, la céphalée devient plus continue; parfois apparaît une diplopie due soit à une paralysie du VI, soit à une paralysie du IT; mais, surtout, le malade accuse une baisse de la vision, et ce sont alors ces symptômes oculaires qui peuvent l’amener à consulter un neurologiste, d’ailleurs, le plus souvent. Chez ces malades, Moscardi a fait le diagnostic de méningite séreuse, comme il la nomme, d’une part sur l’otite chronique qu’il a fallu pourtant rechercher dans certains cas, d'autre part sur la stase papillaire et sur l’hypertension lombaire d’un liquide céphalo-rachidien albumino-cytologiquement normal ou dilué.
Le diagnostic est enfin appuyé par l’évolution de cette hydrocéphalie subaiguë, qui régresse soit par la simple cure du foyer infectieux local, soit par les ponctions lombaires répétées, soit par une intervention décompressive.
48 HYDROCÉPHALIES OTITIQUES