TROUBLES MOTEURS
a) Les convulsions. -— Elles ne sont pas plus fréquentes que dans l’hydrocéphalie corticale, mais elles sont ici plus souvent localisées que généralisées : sur 5 cas, en effet, 4 fois il s’agissait de convulsions localisées, 3 fois c’étaient de véritables crises d’épilepsie bravaisjacksonienne tout à fait typiques, opposées au côté de l’otite. Ces convulsions orientent immédiatement vers l’idée d’un foyer intra-cranien en rapport avec l’otite. Une fois, il ne s'agissait que de contractions tout à fait iocalisées : spasmes du pouce (Mayo, Robson).
Une fois enfin, il s’agissait de crises convulsives généralisées (Lecène et Bourgeois), à début facial; mais rappelons que, dans ce cas, il Y avait une otite aiguë double et qu’on dut ponctionner successivement les deux ventricules.
Dans ces 5 cas, l’évolution de l'affection avait été extrêmement rapide, parfois apoplectiforme, comme dans le cas de Bœnninghaus. Ces convulsions, quand elles se produisent, ont une énorme valeur au point de vue du diagnostic, en raison de l'extrême pauvreté par ailleurs des symptômes neurologiques. Dans le cas de Bœnninghaus, où l’on pensait d’abord à un empoisonnement, la crise dépilepsie bravais-jacksonienne fit immédiatement songer à la possibilité d’un foyer encéphalique, hypothèse que renforça bientôt la notion d’une otite récente.
Dans deux observations, les crises se rapprochent : Bæœnninghaus, et Lecène et Bourgeois. Dans ce dernier cas s’installe un véritable état de mal épileptique, et les convulsions cessent seulement quand on a évacué le second ventricule latéral.
Elles sont donc la preuve d’une brusque poussée d’hypertension intra-cranienne, exactement comme nous l'avons vu dans l’hydrocéphalie diffuse. Remarquons que toujours elles correspondent au lobe cérébral en rapport avec la lésion et ne semblent se généraliser que s’il s’agit d’atteinte auriculaire bilatérale et de distension ventriculaire symétrique, comme chez le malade de Lecène.
Berdet a insisté déjà sur la fréquence des accidents convulsifs au cours des hydrocéphalies internes, dont ils peuvent être le seul symptôme. Ces accidents peuvent revêtir l'aspect de l’épilepsie généralisée et même donner lieu, par périodes, à un véritable état de mal. Mais ils peuvent être aussi parfaitement localisés, et par la fixité de leur localisation en imposer sur leur origine véritable. Berdet rappelle à ce propos que l’épilepsie bravais-jacksonienne, lorsqu'elle ne s’ac-
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compagne pas de paralyÿsies durables ni de troubles permanents de la sensibilité, ce qui semble bien avoir été le cas de certaines de nos observations, n’a aucune valeur localisatrice.
b) Les paralysies. — Les paralysies peuvent aussi réaliser des signes en foyer, et au contraire des convulsions, ce symptôme a alors une bien plus grande valeur localisatrice. Mais ces paralysies sont très rares :
Nous n’en trouvons relaté que dans trois cas : deux fois, au cours d'une otorrhée gauche, s’est produite une hémiplégie droite avec aphasie. Dans l’observation de Girard, cette hémiplégie s’est constituée à la suite d’une crise d’épilepsie du même territoire. Dans le cas de Broca et Laurens, où l’évolution générale des symptômes fut très progressive, il n’y eut pas de convulsions prémonitoires et l’hémiplégie demeure peu accentuée.
La petite malade de Huet, enfin, ne présentait qu’une très légère parésie du membre supérieur opposé à l’otite. Tous les autres malades n’ont pas eu de troubles moteurs.
Ces paralysies sont donc rares. Elles constituent, quand elles existent, un obstacle de plus avec le diagnostic si difficile de l’abcès du cerveau.
LES RÉFLEXES. — Les réflexes demeurent normaux pendant toute la phase de constitution de l’hydrocéphalie ventriculaire. Lorsqu'il y a quelques modifications des réflexes, on ne peut pratiquement leur attribuer aucune valeur clinique spéciale : ces réflexes s’affaiblissent habituellement quand la torpeur augmente. Ils sont quelquefois vifs, au contraire, comme dans le cas de Vialle. Dans celui de Huet, on trouvait un Babinski unilatéral du côté de l’otite et, chez la malade de Symmonds, il y avait une disparition du réflexe cutané abdominal d’un côté, qui persistait alors que l'épisode méningé manifeste s’était atténué.
LES VERTIGES. — La plupart du temps, il s’agit de sensations vertigineuses assez vagues, telles qu’on en observe au cours des poussées d’hypertension intra-cranienne. Il en était ainsi dans le cas de Bœnninghaus, et ces sensations existèrent surtout à la période prodromique. Mais d’autres fois peuvent apparaître de vrais vertiges du type labyrinthique. Chez la malade de Bourgeois et Aubry, ces vertiges avaient pris une intensité très grande et ils résumaient à eux seuls presque toute la symptomatologie de laffection. Ils étaient survenus un mois après une opération d’évidement et avec une intensité telle qu’ils nécessitèrent l’hospitalisation. On découvrit alors une hyper-
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tension rachidienne et, peu après, une hydrocéphalie ventriculaire. Mais l’atteinte labyrinthique laissa comme séquelle derrière elle une hypo-excitabilité labyrinthique dissociée. Il y avait eu sans doute, contemporain de l’œdème intra-cranien, un gros œdème labyrinthique.