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LES TROUBLES OCULAIRES

La stase papillaire a été recherchée 11 fois : elle existait 8 fois et manquait 3 fois. Cette stase est donc extrêmement fréquente. Ici, comme dans l’hydrocéphalie corticale diffuse, elle a donc une grosse valeur clinique : elle permet d’affirmer l'hypertension intra-cranienne, et ceci a une importance considérable si on songe que, par ailleurs, les autres signes cliniques de cette hypertension manquent souvent : le pouls, en effet, peut être accéléré, nous l’avons vu, et comme dans l’observation d’Aboulker, la tension rachidienne peut être à peu près normale.

Cette stase est habituellement bilatérale et intense; dans le cas de Bourgeois et Aubry, elle détermine même des hémorragies rétiniennes. Quand elle prédomine, c’est du côté de l'oreille malade et par conséquent du côté de l’otite et de l’œdème cérébral prédominant.

Elle évolue en général parallèlement à la distension ventriculaire et régresse assez progressivement quand les autres signes physiques et les symptômes fonctionnels ont disparu.

Une fois cependant (malade de Symmonds) cette stase demeura assez persistante et l’auteur craignit le passage à la névrite optique. Notons qu'ici encore il y avait eu, dans les antécédents de cette stase persistante et grave, une thrombose. Il faut voir, dans le trouble apporté par cet obstacle veineux à la circulation générale, l'explication de la persistance des altérations oculaires.

Il est un cas enfin où l’évolution de cette stase fut assez paradoxale et ne correspondit pas du tout avec ce que nous avons vu dans l’hydrocéphalie diffuse. Ce fut le cas de Huet. Pendant toute la première partie de l’évolution de la maladie, malgré des examens ophtalmoscopiques répétés, on n’a pas trouvé de modifications du fond d’œil. Pourtant, le syndrome d’hypertension intra-cranienne était patent, la malade dans un coma complet, et surtout la ponction ventriculaire ramenait à chaque épisode une quantité importante de liquide céphalo-rachidien sous tension.

Par la suite cette petite malade, au cours des très nombreuses rechutes de son affection, ne présenta pas de stase, Ce n’est que six mois après le début de l’affection, alors que la céphalée s'était très atténuée, qu'on découvrit une stase bilatérale, discrète, avec cepen-

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dant de petites hémorragies rétiniennes et une baisse de l’acuité visuelle. À partir de ce moment, la malade fut mieux; elle ne présenta plus de rechutes et sa stase, ainsi qu’on put le suivre à des examens ophtalmologiques répétés, régressa peu à peu.

Dans l’ensemble, la stase est donc un symptôme assez fréquent et de haute valeur dans l’hydrocéphalie ventriculaire. Son évolution est presque constamment favorable, puisque nous ne la voyons laisser de séquelles probables que dans le cas de Symmonds.

Ce pronostic, qui est donc bien meilleur que celui des hydrocéphalies diffuses, tient sans doute au fait que ces hydrocéphalies ventriculaires ne peuvent être traitées que par une intervention sur le crâne qui, bien mieux que les simples ponctions lombaires, est une cure logique et efficace de l'hypertension intra-cranienne.

PARALYSIE DU VI. —- Elle est rare et nous ne la trouvons relatée que dans l’observation de Symmonds : elle était homolatérale, coïncidait avec une forte stase et, nous l'avons dit, une thrombose sinusienne.

Dans deux observations, nous trouvons une déviution fixe des deux globes oculaires; c’est le cas de Huet qui était le plus typique : le regard était fixé en haut et à droite, et à chaque rechute les globes se fixaient dans cette position latérale. Sitôt après l’évacuation ventriculaire, en même temps que la lucidité réapparut, les globes recouvrirent leur mobilité normale.

LA PONCTION LOMBAIRE. — Elle n’a été pratiquée que dans la moitié des cas. On l’a faite alors, non dans un but thérapeutique, mais pour étayer un diagnostic hésitant de complication intra-cranienne d’otite et en particulier d’abcès du cerveau, plus rarement d’abcès du cervelet. Cette ponction lombaire donne deux sortes de résultats dans les hydrocéphalies ventriculaires :

a) Trois fois, on a retiré avec peine quelques gouttes d’un liquide céphalo-rachidien clair ou rosé (Huet), et la tension au manomètre de Claude est normale. Il s’agit bien, dans ce cas, d’une hydrocéphalie ventriculaire pure déjà complètement cloisonnée (Bæœnninghaus, Aboulker, Huet). L'examen de ce liquide est normal au point de vue albumino-cytologique; ce point négatif a une importance considérable pour écarter le diagnostic hésitant d’abcès du cerveau : nous y reviendrons.

b) Deux fois, le liquide céphalo-rachidien retiré par voie lombaire est encore de formule normale, mais il est notablement hypertendu (Vialle, Bourgeois et Aubry). Nous verrons qu’on peut expliquer ce

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résultat par une hydrocéphalie externe associée qui, d’ailleurs, tend à disparaître (Bœnninghaus), alors que l’hydrocéphalie ventriculaire, une fois le blocage amorcé, ne peut que continuer à évoluer.

Le fait capital est que cliniquement, au contraire de ce que nous avons vu dans l’hydrocéphalie corticale, la ponction lombaire n'’amène aucune amélioration des symptômes et que l’état de prostration du malade demeure inchangé, même lorsqu'on a trouvé une hypertension rachidienne.

En résumé, cette ponction lombaire donne trois renseignements capitaux : un liquide normal, ce qui tend à éliminer l’abcès du cerveau; souvent un liquide non-hypertendu, ce qui élimine l’hydrocéphalie diffuse; d’autre part, aucune amélioration des symptômes, ce qui amène nécessairement à pratiquer une exploration cérébrale, puis une ponction ventriculaire.

Malheureusement, cette ponction lombaire n’est peut-être pas sans danger. Nous savons en effet qu’on risque des accidents bulbaires graves si on fait cette ponction au cours d’une hypertension intracranienne importante.

On ne la pratiquera donc qu’au début et pour étayer un diagnostic hésitant. On s’en abstiendra chaque fois qu’on trouvera des Symptômes d’hypertension trop importants, une stase notable, et qu’on sSoupçonnera une hydrocéphalie ventriculaire enkystée, en particulier au cours des rechutes.

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