PATHOGÉNIE DES ACCIDENTS VASO-MOTEURS
Quelle que soit la variété de l’hydrocéphalie, nous avons fait jouer aux accidents vaso-moteurs un rôle primordial.
Mais quels sont donc les rapports entre la vaso-dilatation cérébrale et le foyer primitif, et tout d’abord par quel mécanisme le foyer auriculaire détermine-t-il de l’œdème cérébro-méningé ?
Sur ce sujet, notre ignorance est complète; mais on peut supposer l’action sur les centres vaso-moteurs de l’encéphale de toxines microbiennes dues à des germes peu virulents.
Le fait est particulièrement incompréhensible quand l’otite, la mastoïdite ou la cavité d’évidement sont complètement guéris et que les accidents surviennent à la fin de la convalescence. Faut-il voir là l’action d’un virus neurotrope ? C’est possible; nous n’en avons aucune preuve.
Il est curieux aussi de constater combien rares sont ces accidents si on les compare à la grande fréquence des otites, et combien aussi ils sont imprévus. Il paraît alors probable qu’ils surviennent chez des sujets prédisposés par un équilibre vaso-moleur cérébral assez instable.
Il est classique de dire, depuis Passot, que les hydrocéphalies sont une affection des sujets jeunes; or les enfants sont capables de réactions vaso-motrices cérébrales intenses, de même que de gros troubles de la régulation thermique. Les réactions méningées qui se manifestent au début des maladies infectieuses, de la pneumonie, en sont un exemple frappant.
Bertoin, dans un intéressant article sur le syndrome pâleur hyperthermie du nouveau-né secondaire aux interventions chirurgicales même minimes, a montré que, dans ce syndrome, il fallait faire jouer un rôle important à une brusque poussée d’hypertension intra-cranienne que la ponction lombaire peut soulager.
Chez l'adulte, il doit également s’agir de sujets prédisposés à faire des accidents d’œdème cérébral. Fleischmann, Lewy, Kœælicher, ont insisté à diverses reprises sur le rôle « du terrain >; ils ont toujours trouvé rétrospectivement chez leurs malades des troubles endocriniens, hyperthyroïdie en particulier, une intoxication alcoolique chronique, etc.
Peut-être faut-il faire aussi intervenir une prédisposition copstitutionnelle, sujets à cerveau trop gros par exemple.
Quelle qu’en soit la cause, on doit admettre que cette prédisposition existe, mais qu’elle est rare, d’où la rareté des accidents euxmêmes.
DR'ACTEMENSE
Les accidents hypertensifs intra-craniens que nous avons décrits apparaissant comme la complication d’une otite, nous allons envisager successivement dans ce chapitre de thérapeutique :
1° la conduite à tenir à l’égard du foyer auriculaire initial ;
2° les moyens dont on dispose pour lutter contre l’hypertension intra-cranienne, et nous nous efforcerons de poser les indications propres à chaque forme anatomique et clinique de l’hydrocéphalie.