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TRAITEMENT DE L'INFECTION AURICULAIRE

Nous avons vu, au chapitre de la pathogénie, qu’on peut considérer en général les hydrocéphalies otitiques comme des accidents vaso-moteurs déclanchés par la lésion infectieuse auriculaire.

Il est donc logique qu’on s’occupe de traiter l’oreille. Pourtant, nous allons le voir, il ne faut pas trop se laisser influencer par la gravité apparente des phénomènes intra-craniens. Les lésions locales osseuses en effet sont peu importantes en général. Nous y avons déjà insisté.

On doit considérer, suivant la nature du foyer infectieux auriculaire, plusieurs cas :

a) Il s'agit d’une otite aiguë simple. On doit traiter l'oreille comme de coutume. En particulier il ne faut pas hésiter à pratiquer une paracentèse, pour assurer un meilleur drainage. Mais si le drainage est suffisant, si aux examens cliniques et radiologiques on n’a aucune présomption en faveur d’une atteinte mastoïdienne, si la courbe thermique ne demeure pas élevée, on devra se contenter de traiter l'oreille médicalement et de rester dans l’expectative.

b) On soupçonne une mastoidite aiguë, en raison d’une part de la sensibilité mastoïdienne, d’autre part de Ia courbe thermique.

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TRAITEMENT Is)

Même si ce diagnostic ne parait pas certain, on ne doit pas laisser persister le moindre doute, et il faut intervenir quelle que soit la date de l’otite. On pratiquera même une mastoïdectomie large pour examiner l’état du sinus et de la dure-mère, et voir s’il n’y a pas de rétention dans une cellule profonde juxta-durale. Rappelonsnous le cas de Schlander où, au quatrième jour d’une otite en apparence banale, il y avait déjà un petit abcès extra-dural par perforation du tegmen.

Il y a en outre intérêt à drainer largement ce foyer infectieux primitif.

c) Il y a une otite chronique. Là encore, on ne connait rien de l'importance exacte des lésions osseuses, et on a intérêt à pratiquer un évidement pétro-mastoïdien suffisamment large et complet. L’adage classique demeure vrai : toute otite chronique, qui se complique d’accidents intra-craniens, doit être indiscutablement évidée avec vérification de l’état des méninges.

d) L'hydrocéphalie survient comme une complication tardive d'un évidement cicatrisé, d’une mastoïdite guérie. Petit-Dutallis, dans ce cas, considère que la révision opératoire du foyer causal s’impose toujours même s’il paraît guéri, et il ajoute que les méningites séreuses éclatant sur un malade d'apparence guéri sont en réalité, plus souvent qu’on ne le dit, en relation avec la reviviscence du foyer infectieux local.

Nous croyons en effet, avec Petit-Dutaillis, qu’il faut réintervenir chaque fois qu’il y a le moindre doute, en particulier quand la radiographie ne permet pas de trancher le diagnostic.

Mais si la guérison clinique est réellement complète, nous croyons que tout se passe absolument comme lorsque les accidents surviennent dans les semaines qui suivent la guérison d’une otite aiguë simple. On peut donc ne pas réintervenir sur le foyer local, et chaque fois qu’on à trépané la mastoïde à nouveau dans des cas analogues (Richter, par exemple), on n’a trouvé aucune lésion locale. Telle est la seule éventualité où on devra se contenter de traiter l'hypertension intra-cranienne comme si elle réalisait une affection primitive.

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