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INTRODUCTION

évidente qu’on devait individualiser parmi les méningites séreuses les formes qui, comme l’avait pressenti Quincke, comme y avait insisté Bœnninghaus, étaient dues à des phénomènes vaso-moteurs et mécaniques et qui avaient pour grand caractère commun leur curabilité.

Le grand mérite de Passot, élève de Lombard, est d’avoir donné à cette classification une base anatomique fondée avant tout sur l’analyse albumino-cytologique systématique du liquide céphalo-rachidien. Passot s’est efforcé d’individualiser, parmi les états méningés aseptiques d’origine otitique, une forme qui correspond aux accidents angio-neurotiques, aux phénomènes automatiques de Bœnninghaus, et qui est caractérisée par un liquide céphalo-rachidien normal ou même dilué.

Pour mieux accuser la différenciation, et pour ne plus utiliser le terme répréhensible de méningite qui suppose une lésion inflammatoire des méninges, Passot proposa le terme « d’hydropisie méningée ». Il en distingue deux formes seulement: une forme externe et une forme interne ou ventriculaire. Bourgeois adopta cette terminologie dans son article du Précis de Pathologie chirurgicale, mais le terme de « méningite séreuse » l’a emporté et, actuellement encore, c’est sous ce terme que se trouve désignée la grande majorité des accidents hypertensifs purs d’origine otitique publiés dans la littérature aussi bien française qu’étrangère.

Or, l’usage de cette expression fâcheuse, comme le dit Fleischmann, a causé dans les esprits une confusion de plus'en plus grande. Nous voyons dans la littérature contemporaine, à tout instant, des auteurs décrire sous cette même expression des affections cliniquement et anatomiquement radicalement opposées. Erskuchen, écrivant sur la ponction lombaire en 1919, déclare que méningite séreuse et méningite circonscrite sont identiques, tandis que Redliche appelle méningite séreuse l’hydrocéphalie aiguë à liquide céphalo-rachidien normal. Dans un même traité, celui de Bergmann et Stahelin, nous voyons Goldmann identifier encore méningite séreuse et hydrocéphalie aiguë, tandis que Muller oppose l’hydrocéphalie à la méningite séreuse.

En même temps, on voit apparaître des expressions nouvelles qui pourtant ne permettent guère de clarifier la question. Ayala préfère à méningite séreuse le terme d’épendymite séreuse, puisque, dit-il, il s’agit d’hypertension généralisée. Pour Demme, mieux vaut parler de méningite sympathique : il y a « souffrance avec ». Strobe et Payr adoptent cette même expression, mais remarquons qu’ils décrivent ainsi tantôt les formes à liquide normal et tantôt des formes avec hyperalbuminose et hyperleucocytose, et que le terme sympathique ne peut qu’engendrer de nouvelles confusions avec des troubles

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nerveux sympathiques. On propose aussi le terme de méningisme pour désigner certaines hypertensions intra-craniennes survenant au début des maladies infectieuses.

Ces dénominations diverses ont contribué à embrouiller la question. Roscher, dans un article récent, écrivait : « Au cours des complications des otites, on emploie les termes de méningisme, de méningite séreuse, de méningite sympathique, et j’ai la plus grande difficulté à savoir ce qu’ils signifient et quelles sont les modifications du liquide céphalo-rachidien avec lesquelles ils sont en rapport. » Il est certain, en effet, que toute classification qui ne tient pas compte de la formule du liquide céphalo-rachidien est erronée. Ruhe; dans un important travail sur la méningite séreuse, réserve lui aussi ce terme aux formes avec hyperalbuminose et hyperleucocytose, mais il fait une exception pour les arachnoïdites de la fosse postérieure, qui ont un liquide céphalo-rachidien normal.

Preysing, Holzmann, Zange, Papenheim, Fleischmann et, plus récemment, Symmonds, dans un important article, sont d'accord pour réserver le nom de méningite séreuse aux cas où il y a réaction méningée anatomique. Aux cas purement hypertensifs, ils donnent le nom « d’hydrocéphalie aiguë ». Fleischmann, dans la classification des méningites qu’il proposait au Congrès de Munich, se basait seulement sur les données de laboratoire.

Nous avons consacré ce travail à l'étude des accidents hypertensifs qui surviennent au cours des otites, qui sont en rapport, nous le verrons, avec un véritable œdème cérébro-méningé, et où le liquide céphalo-rachidien est trouvé normal à la ponction lombaire.

Il est bien évident que les otites n’ont pas l'apanage de pareilles manifestations : loin de là. S'il s’agit d'accidents vaso-moteurs, on conçoit facilement que les causes diverses puissent déclancher ces mêmes phénomènes; Claude, qui a consacré d'importants travaux aux méningites séreuses, écrit avec beaucoup de raison : « L’hypersécrétion peut se produire sous l’influence d'infections atténuées, d’excitations réflexes, d’irritations toxiques, au niveau du cerveau, de l’épendyme ventriculaire, des plexus choroïdes où des méninges. >» Nous verrons aussi que les traumatismes peuvent déterminer des accidents analogues.

Nous avons enfin trouvé plusieurs observations d’accidents hypertensifs exactement comparables aux nôtres à tous les points de vue, mais qui n'avaient pas d’otite à leur origine et dont l’étiologie est demeurée obscure. A ces formes, Sicard, dans son article sur le démenbrement de la méningite séreuse, réservait le terme de ventriculite hypertensive et il supposait l’action d’un virus neurotrope.

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