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Grisolle, l'ailiologie interne, 3"^ cilit

J'ordonnai à mon client du fer, du quinquina, de la tisane de houblon et des viandes rôties ; en môme temps je lui fis faire des affusions froides tous les matins. Pendant quinze jours il suivit cette prescription et eut trois accès excessivement douloureux. Je conseillai ensuite le bromure de potassium à dose croissante ; l'estomac du malade ne put pas le supporter.

Vers la fin de décembre la migraine incommodant toujours M. M... je lui fis abandonner tout traitement pharmaceutique et lui ordonnai de boire à tous ses repas deux verres au moins d'eau minérale naturelle nitrée. Quinze jours se passèrent sans accès. Le seizième jour il s'en produisit un qui se termina sans A^omissement, en quelques heures, le malade s'étant retiré loin du bruit.

Cet accès a été le dernier.

M. M... se trouvant bien de son régime, continue à boire de l'eau du prieuré d'Heudreville avec son vin à tous les repas. Il trouve ce liquide très agréable et il ajoute que, le trouverait-il le plus insipide, il n'y renoncerait pas à cause des résultats inappréciables qui s'attachent à son usage.

C. — Comme l'hémicrânie, plusieurs autres névralgies ont été guéries par l'usage régulier de l'eau minérale du prieuré d'Heudreville.

L'expérience a prouvé que, d'une façon générale^ cette eau diminue heureusement toutes les impressionnabilités exagérées du système nerveux, ou, si on aime mieux, qu'elle remédie puissamment à l'inactivité du dynamisme vital.

D. — Aux diabétiques que nous traitons d'après les prescriptions si rationnelles de Bouchardat (abstinence des féculents, régime tonique, vins généreux, exercice, etc.), nous faisons prendre, chaque matin, un verre d'eau du Prieuré ; ils s'en trouvent fort bien.

Nous donnons ainsi des soins, en ce moment, à M. A. C..., directeur d'une grande fabrique parisienne, pour une polvurie diabétique remontant à plusieurs années : son état s'est amélioré avec une rapidité telle que, sans le professeur Rayer — qui soutient qu'on ne guérit jamais définitivement un diabétique — nous croirions avoir bientôt sous la main un exemple des plus probants de cure bien radicale.

E. — Nous pourrions facilement grossir la liste des maladies au cours desquelles l'eau du prieuré d'Heudreville a rendu des services, nous ne le ferons pas. Les gens du monde verraient peut-être, dans une plus longue énumération, une sorte d'appropriation banale de la même médication à des cas fort différents, et ils se croiraient en droit, cela est à craindi'e, d'appeler systématique une méthode appli<)able à tant de maux.

Nous évitons donc cet écueil, mais non sans faire remarquer que la crainte, ici formulée, n'est pas applicable aux médecins, aux savants qui ont étudié les mystères de l'organisme humain et qui ne s'étonnent point d'affirmations comme celles-ci. On pourrait dire que, jusqu'à un certain point, c'est l'organisme qui fait la médication. La saignée éteint les forces d'un individu et relève celles d'un autre ; l'air de la mer vivifie l'un et jette l'autre dans la prostration. L'opium procure le sommeil ou l'insomnie. Ce que l'on appelle idiosyncrasie dans l'état physiologique, crée, pour chaque état pathologique, un terrain spécial qui reçoit à sa manière et élabore suivant un génie particulier toute action thérapeutique qui vient à lui être adressée '.

\. Durand-Fardiil, Lo Brct et Lofort, Dictionn. général des eaux minérales et d'' hydrologie médicair., t. II.

Avant de clore notre travail par un chapitre consacré à l'examen des résultats généraux prophylactiques de l'eau minérale naturelle du prieuré d'Heudre ville, il nous reste à parler des applications dont cette eau est susceptible dans une période physiologique fort importante de la vie de la femme, celle du sevrage.

Sans adopter les idées du vulgaire qui attribue au lait les maladies dont les femmes sont affectées dès qu'elles ont cessé d'allaiter, les médecins observateurs n'ignorent pas que des inconvénients sérieux, produits par la dérivation ou la métastase, s'attachent à la cessation brusque de la sécrétion lactée. Si, libre d'agir selon les règles, la nourrice diminue graduellement les tetées de l'enfant ; si elle présente d'abord une fois de moins par jour le sein dans la première semaine, et ainsi de suite, les semaines suivantes, jusqu'à ce que l'enfant ne tette plus qu'une seule fois par vingt-quatre heures ; si elle attend alors que le sein se remplisse pour le présenter de nouveau, si elle ne le donne ainsi qu'après un jour et demi, puis deux jours, puis même trois, cette façon de procéder tarira la sécrétion lactée sans qu'il soit besoin d'user de médicaments antilaiteux. Mais dans les cas, trop fréquents malheureusement, où la mère est forcée d'interrompre rapidement la plus noble des fonctions, dans ceux où il ne lui est pas permis même de la commencer, une nécessité s'impose : celle de faire cesser le fonctionnement inutile d'une double glande qui enlève au sang ses matériaux les plus précieux. Au moment du sevrage, tel qu'on le pratique le plus souvent, comme après l'accouchement quand une femme ne

doit pas nourrir son enfant, il faut administrer des antilaiteux.

Nous avons donné, pour remplir cette indication, le vulgaire chiendent, la queue de cerises, le sureau, le camphre ; nous avons essayé la racine de canne de Provence et les feuilles de l'alaterne de Normandie, mais nous en serions à dire avec Guersent ' que l'antilaiteux est encore à trouver si nous n'avions pas l'eau minérale d'Heudreville.

Aux femmes qui sèvrent leurs enfants, à celles qui ne peuvent pas, à celles aussi (hélas il s'en rencontre) ! qui ne veulent pas nourrir, nous faisons boire de deux à trois bouteilles par jour d'eau naturelle uitrée : toutes s'en trouvent parfaitement. Il se produit chez elles une dérivation légère du côté du rectum et de la vessie et le lait s'en va en moins d'une semaine sans que l'état général en souffre.

Une fois pourtant, avouons-le, le résultat s'est fait attendre un peu plus longtemps. Au mois de mars dernier nous donnions des soins à madame K..., jeune nourrice plantureuse de la rue des Martyrs, qu'un long voyage obligeait à sevrer son bébé précipitamment. Elle prenait de l'eau d'Heudreville depuis plusieurs jours ét se plaignait pourtant d'une tension des seins fort douloureuse. Nous songeâmes à faire vider la mamelle au moyen d'une ventouse ; nous fnnes des apphcations d'huile camphrée et nous doublâmes la dose de l'eau minérale ; notre cliente put se mettre en route le jour fixé.

Les chapitres qui précèdent ont fait voir que l'art de guérir trouve, dans l'eau du prieuré d'Heudreville, un agent

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