XIV PROLÉGOMÈNES
ladies (autres que les causes physiques qui déterminent une plaie , cassent un os , compriment un organe , en étranglent un autre, etc.), agissent différemment sur un organe que sur sa sensibilité , sur sa contractilité , sur sa nutrition, sur sa caloricité.
2° De même , il est impossible de voir les causes originelles des maladies, que j'appelle radicules pathologiques, ailleurs que dans ces conséquences organiques, qui sont en même temps les éléments cardinaux de la vie, ses pôles les plus immédiats. En effet , supposez telle lésion , telle inflammation , tel virus, telle spécificité que vous voudrez , toujours vous serez obligé d'en aller chercher les radicules dans une de ces quatre fonctions, qui, par leur éminence et leur réciprocité d'action, deviennent des facultés. (Voyez notre Synthèse pathologique , déjà citée.)
3° Tout pareillement, concevez un traitement, quel qu'il soit , et non-seulement jamais vous ne pourrez l'appliquer exclusivement à tel ou tel organe , mais encore vous ne pourrez le faire porter en dehors de ces quatre facultés qu'il possède lui-même, comme tout le reste de l'organisme. De prime abord même, vous toucherez une de ces facultés, et ce ne sera que par l'impulsion toute particulière que vous communiquerez à celle-ci, qu'elle donnera à son tour aux autres organes et aux autres fonctions, une impulsion, qui devient la véritable force médicatrice que l'on a tant cherchée, et que l'on regardait comme introuvable. C'est donc après cela que nous croyons avoir surtout le droit de nous écrier à notre tour : Voilà toute la médecine! En effet, nous découvrons toutes les conséquences de l'organisme, ses fins physiologiques, les aboutissants étiologiques , les radicules pathogéniques, en même temps que le but que le médecin doit atteindre, en lui dévoilant les forces médicatrices auxquelles il peut s'adresser et qu'il doit mettre en action.
La force médicatrice est donc dans l'intelligence du médecin , comme le montrent d'ailleurs tant d'observations , comme l'avouent les hommes les plus éclairés , et non pas dans l'antagonisme du remède contre le mal. Dans ce sens,