XX PROLÉGOMÈNES
l'on reconnaît se former ailleurs? Ailleurs; et où, si ce n'est dans le sang?
La cause donc de la localisation de l'hypérémie, et même de toute lésion organique par hypertrophie, est dans le défaut de contractilité de nos tissus et de cette même disposition individuelle dans tel ou tel organe. On en trouve la preuve anatomique la plus évidente; puisque, tandis que le tissu cellulaire est celui qui en offre le siège le plus fréquent, parce qu'il est le plus lâche, le moins contractile, le tissu contractile par excellence y est tellement peu disposé, qu'aujourd'hui la question est encore indécise, si les muscles peuvent être véritablement enflammés (Gerdt, Chirurgie pratique complète, t. II, p, 12). En même temps, Béclard dit que la transformation graisseuse des muscles est plutôt apparente que réelle. « Elle résulte de la pâleur et de l'atrophie du muscle, conjointement avec l'accumulation de la graisse entre les faisceaux. » (Anatomie générale, p. 551, édit.. de M. Jules Béclard.)
Mais à quoi bon ces preuves générales indirectes , lorsqu'il en existe de directes qui attestent que le sang , loin d'affluer vers une partie enflammée , ne fait que se déposer dans les capillaires et les tissus dilatés, à mesure qu'il arrive à la partie en parcourant les circonvolutions de la circulation. En effet, déjà M. le professeur Andral, dans son Anatomie pathologique , en rejetant le mot inflammation pour celui d'hypérémie, a voulu exprimer qu'il n'y a souvent rien d'actif dans ce travail pathologique, comme cherchait à l'indiquer la première dénomination. Il est vrai que, tout en admettant un<* hypérémie par diminution de tonicité des capillaires et une hypérémie cadavérique, ou par hypostase, qu'a démontrée encore M. Piorry sur le vivant, M. Andral reconnaît de plus une hypérémie par irritation. Or? sur quoi le savant professeur se fonde-t-il ici ? Sur la rougeur subite des joues et de la face, à la suite d'une émotion morale, et après, sur une action stimulante locale. {Anatomie pathologique, t. II, p. 12.) Les causes extérieures ne sont pas en question ; mais, au sujet de l'exemple cité des congestions de la face, n'est-ce pas un