‹ Hydrothérapie générale; du véritable mode d'action des eaux de mer en particulier, des eaux thermo-minérales et de l'eau simple en généralChapitre 23 sur 64 · CLASSIFICATION PHYSIOLOGICO-THÉRAPEUTIQUE DES EAUX MINÉRALES · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION PHYSIOLOGICO-THÉRAPEUTIQUE DES EAUX MINÉRALES

Actions dynamiques.

Eaux sthéniques ou relevant la contractilité I organique en général et} spécialement de l'extérieur à l'intérieur.

(Mouvement centripète).

Eauxasthéniques ou

abaissant la contractilité j organique en général et spécialement de l'inté- 1 rieur à l'extérieur.

(Mouvement centrifuge).

Les eaux froides.

Les

eaux thermales.

Actions chimiques.

IDiminuant la jLes alcalines, plasticité des (Les salines, fluides en gé- [Les sulfureuses, uéral. /Les arsénieuses.

fDiminuant la plasticité des fluides en at-1 Les iodurées.

Laquant en par- /Les bromurées.

liculier l'albu- 1 mine.

J'espère que ce tableau sera assez clair pour faire comprendre que , quoiqu'il ne puisse donner toutes les nuances des diverses eaux minérales qui se modifient à l'infini suivant leur thermalité et leurs composés chimiques , les froides ferrugineuses et iodurées seront plus spécialement régénératrices par leur action sur la contractilité organique et la plasticité des liquides; que les thermales alcalines et salines seront plus particulièrement abaissantes des solides et atténuantes des fluides. D'où il suivra pour le praticien que toutes les nuances intermédiaires acquerront une puissance relative à ces points saillants et extrêmes.

Maintenant, remarquons bien que dès qu'il s'agit d'hydrothérapie , il s'agit de sécrétions augmentées , puisque l'eau seule détermine cet effet. Pareillement , en observant les effets des eaux minérales , arrive-t-on à plus forte raison à ce résultat. Seulement, comme nous l'avons dit , la composition chimique peut modifier ce genre de sécrétion en portant plus particulièrement sur tel organe sécréteur. C'est ainsi que les eaux salines sont plus particulièrement purgatives ou diurétiques; que les sulfureuses sont plus spécialement diaphoré-

tiques, tout en favorisant par la même action l'exhalation pulmonaire et par conséquent l'élimination du carbone.

Aussi , peut-on comprendre qu'il est possible au médecin de modifier différemment l'organisme, quelle que soit l'eau minérale dont on observe les effets. C'est ainsi qu'une eau saline administrée à doses modérées pourra provoquer la régénération en facilitant l'oxygénation du sang , comme nous l'avons indiqué, et par conséquent en modifiant ainsi l'hématose on la disposera mieux à la nutrition. De même , des éliminations albumineuses suscitées par l'action purgative de telles eaux, deviendront régénératrices dans le cas de ces constitutions lymphatiques exubérantes que nous appelons pléthore albumineuse, comme on le verra plus tard. Mais lorsque ce principe humoral n'existe pas , il est évident , par la raison comme par la pratique , que de telles expoliations trop répétées attaquent la vie en lui enlevant un de ses matériaux les plus essentiels, tandis que, comme le dit M. Alibert Constant , l'absorption est troublée , l'assimilation incomplète et insuffisante. Dans le cas, au contraire, d'expoliation nécessaire pour faciliter des résolutions, cette même conséquence des purgations intestinales peut être encore fort utilement mise à profit. Le praticien peut donc trouver dans le même moyen des effets divers pour arriver à des conséquences utiles dans des états pathologiques différents.

En effet, c'est dans ce genre de faits que peut se trouver seulement l'explication de cette circonstance : que la même source peut être avantageusement employée dans les maladies les plus disparates. Ceci est facile à concevoir, puisque avec un bain chaud peu prolongé on peut obtenir un mouvement de réaction centripète de la contractilité , comme avec un bain froid on en obtient un centrifuge. Pareillement, avec des eaux salines à petites doses longtemps continuées on peut fluidifier le sang, tandis qu'on obtient le même résultat avec leur action purgative prolongée, et, par cette dernière action modérée, la concentration des matériaux fibrineux dans le cas de pléthore albumineuse.

De même , l'action sédative des eaux sulfureuses ne se

juge que par un long usage , alors que cette action s'est prononcée plus par les conséquences des sécrétions effectuées que par les premiers effets excitants. Aussi le praticien ne doit pas confondre, comme on l'a fait , dans la théorie de l'excitation , les effets avec les conséquences de ces effets. Nous avertissons donc que nous traitons surtout des dernières , et que nous ne parlons des premiers que pour arriver aux autres.

Toutefois , le but de notre travail ne peut pas être d'indiquer toutes les ressources de l'hydrothérapie , ni les actions dynamiques et chimiques si diverses par lesquelles on peut avec une même source solliciter l'organisme pour arriver à cette infinité de résultats qu'on a pu observer. Tout en désignant ces actions , multiples et diverses, notre but tend surtout à montrer au contraire comment on peut plus particulièrement atteindre le résultat avec telle ou telle eau. C'est ainsi qu'avec notre classification physiologico-thérapeutique des eaux , si le médecin connaît bien les mouvements dynamiques qu'il s'agit de déterminer dans telles conditions pathologiques , il pourra facilement opter pour l'espèce d'eau qui conviendra le mieux à la situation morbide dont il s'agit. Il suffira d'en régler, comme nous le verrons mieux , le mode d'administration suivant la force organique du sujet, et les conditions de plasticité humorale où il se trouve. C'est pourquoi , dans un chapitre aussi général que celui-ci, les principes étant posés par notre classification même, les quelques réflexions qui la suivent doivent suffire pour ce qui a rapport à l'action physiologique des eaux , et nous permettre d'aborder leurs conséquences médicatrices.

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