‹ Hydrothérapie générale; du véritable mode d'action des eaux de mer en particulier, des eaux thermo-minérales et de l'eau simple en généralChapitre 8 sur 64 · PROLÉGOMÈNES. IX · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES. IX

Je crois avoir démontré ailleurs ( Dogmatisme pratique des maladies dartreuscs, Bulletin de thérapeutique , t. XXXVII) ; Synthèse pathologico-thérapeutique , ou médecine expliquée par les mouvements médicateurs naturels ou provoqués, (Ibid., t. XXXIX), et je compte surtout mettre en évidence dans un ouvrage prochain , portant pour titre : Des sources des indications thérapeutiques , que tous nos traitements s'adressent aux phénomènes les plus immédiats de la vie, c'està-dire, à ce que nous pouvons concevoir et atteindre de cette prodigieuse merveille, que nous nous bornions à admirer dans son unité insaisissable. Je n'y reviendrai pas ici; mais je m'efforcerai d'expliquer comment les actions des eaux atteignent vraiment les éléments de la vie, les sollicitent et les mettent en jeu pour débarrasser l'organisme de la lésion matérielle, et pour rétablir l'harmonie fonctionnelle du consen sus gén éra l .

Pour preuves premières, je n'ai pour ainsi dire qu'à poser ces question? :

1° Comment ^omprendrez-vous les effets de l'eau , s'adressant également Lien à la pléthore et à l'anémie , à l'hypérémie sthénique et asthénique, autrement que par l'impression qu'en auront reçue les moteurs de l'organisme vivant, les phénomènes vitaux influençant tel ou tel organe, telle ou telle fonction?

2° Comment vous rendrez-vous compte de ces observations que : le traitement à l'eau simple froide, marine ou minérale, par le seul effet de quelques sécrétions intestinales , rénales ou cutanées, guérit également bien des rhumatismes, des dartres, des hépatites, etc. ?

Invoquerez-vous la dérivation et la révulsion seulement? Mais ces mêmes actions provoquées sur l'organisme vivant ne sont que des conséquences d'une impressionnabilité physiologique qui elle-même a une cause; et cette cause ne peut se trouver que dans la vie dont nous reconnaîtrons bientôt les éléments sensibles.

De cet état de choses, il résulte forcément que dans toute pratique, et plus encore dans toute pratique hydria-

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tique, on est obligé de remonter à la connaissance de ces moteurs physiologiques qu'on a appelés phénomènes vitaux, et que nous appelons éléments de la vie , parce que nous avons pu réduire toutes les propriétés vitales , si nombreuses pour quelques physiologistes, en quatre conséquences fonctionnelles tellement essentielles, qu'elles sont à la fois les résultantes obligées de tout le mécanisme organo-plastique de l'économie et les véritables facteurs de ce que nous pouvons appeler la vie. En effet, sans un de ces éléments, nous ne pourrions concevoir rien de vivant.

Malheureusement, me voilà de suite placé sur le terrain d'une question physiologique, que, à grand tort, dit bien éloquemment M. le professeur Rostan, dans son livre sur l'Organicisrne , on a voulu placer sur le domaine de la psychologie. La vie est pour nous un résultat, et non, comme le veulent l'École de Montpellier et'les théologiens, un principe spontané* Cependant nous ne croyons pas pour cela mériter la qualification de matérialiste , car, pas plus que nous , personne ne sait si Dieu a ordonné à telles conditions de la matière de produire la vie, ou s'il a créé la vie dans de telles relations avec la matière.

Toujours est-il que , pour nous , médecin , nous n'aurions qu'à reproduire les nombreux et savants arguments que M. le professeur P. Bérard a apportés à cette question dans les prolégomènes de son bel ouvrage de physiologie ; mais nous dirons seulement que cette prétendue guerre n'en est pas une , parce que dans le mot vie, de même que M. Bérard, nous n'entendons comprendre ni l'intelligence ni l'âme qui paraissent en être parfaitement distinctes , puisque la force de la vie n'est pas ordinairement en rapport avec le brillant de l'intelligence ni avec les qualités de l'âme.

Déclarons donc qu'il y a là des questions séparées, et que tout en voulant rendre , autant que qui que ce soit, à Dieu ce qui est à Dieu , nous , praticien , nous ne pouvons pas faire autrement que de nous arrêter aux derniers faits rendus sensibles ou évidents par l'expérience, et de reconnaître que la vie s'éteint ordinairement peu à peu par les obstacles

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