‹ HydrotimétrieChapitre 5 sur 20 · ESSAIS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

ESSAIS PRÉLIMINAIRES

Lorsqu’on veut essayer une eau quelconque, on doit avant tout commencer par en prendre une petite quantité (20 à 25 grammes par exemple) dans un verre à expérience, et y verser un centimètre cube de la liqueur hydrotimétrique savonneuse. Si après quelques instants d’agitation au moyen d’un tube, l’eau prend une teinte opaline sans donner lieu à des grumeaux, on peut faire l’essai, ainsi que nous allons l’indiquer tout à l’heure, sans avoir recours à l’addition d’eau distillée.

Si, au contraire, l’eau soumise à cette expérience préliminaire donne naissance à des flocons ou grumeaux, on doit en conclure que cette eau est trop chargée de sels de chaux et de magnésie pour qu’on puisse l’essayer telle qu’elle est, et qu’il est nécessaire de la mélanger avec de l’eau distillée de manière à la ramener à un degré hydrotimétrique inférieur à 30 degrés. On y ajoute donc \ , 2 ou un plus grand nombre de fois son volume d’eau distillée, suivant qu’elle est plus ou moins impure, et cette addition se fait facilement à l’aide du flacon d’essai qui est jaugé de 10 en 10 centimètres cubes jusqu’à 40, ou mieux encore au moyen d’ une pipette exactement graduée. Lorsque le mélange a été fait en proportions convenables, ou peut opérer avec assurance ; mais on doit avoir soin de compter le double, le triple ou le quadrupledu degré observésuivant que l’on a ajouté 1 , 2 ou 3 volumes d’eau distillée.

Il arrive quelquefois que l’eau distillée n’est pas par-

faitement pure et exige plus d’une division de liqueur hydrotimétrique pour donner une mousse persistante ; aussi lorsqu’on doit la mélanger en proportion plus ou moins considérable avec l’eau que l’on veut essayer, il importe de la soumettre à une épreuve préalable et de tenir un compte exact du degré qu’elle porte. On conçoit en effet que si une eau distillée, au lieu de fournir une mousse persistante à 0° et de neutraliser seulement une division de liqueur hydrotimétrique. en neutralisait. % ou 3, elle ferait attribuera l’eau mise en expérience \ ou % degrés qui ne lui appartiendraient réellement pas, et que cette erreur multipliée par le nombre de volumes de l’eau distillée employée nuirait singulièrement à l’exactitude des résultats. Cette observation est d’une très-grande importance. Il en est une autre d’un intérêt plus général encore qui se rapporte à la liqueur hydrotimétrique elle-même. Cette liqueur dont le titrage exact est la condition fondamentale des essais hydrotimétriques et la garantie de leurs résultats, peut, comme toutes les préparations analogues, éprouver quelques modifications avec le temps, ou offrir des variations dépendantes du soin apporté à sa préparation ; pour se mettre à l’abri de ces causes d’erreur, lorsqu’il s’agit d’expériences qui exigent une parfaite exactitude, il est nécessaire, avant d’entreprendre une série d’essais, de vérifier son titre au moyen d’une liqueur normale composée de 0gr-,23 de chlorure de calcium fondu ou mieux de 0gr-,59 d’azotate de baryte pour un litre d’eau distillée parfaitement pure, en se rappelant que cette liqueur normale doit marquer

22 degrés. Pendant le titrage d’une eau, la chaleur de la main qui tient la burette peut dilater la liqueur d’épreuve et modifier ainsi le résultat de l’essai. Pour éviter cet inconvénient il est utile, comme l’a conseillé M. Péligot, détenir la burette avec une petite pince en bois.

Page 1