CHAPITRE XXVII
DIGESTIBILITÉ DES DIVERSES SUBSTANCES ALIMENTAIRES, SELON LEUR NATURE ET LEUR QUALITÉ, SELON LES AGES, LES TEMPÉRAMENTS, LES PROFESSIONS, ETC.
Par digestibilité , nous entendons les propriétés qu’ont les substances alimentaires d’être dissoutes dans l’estomac et de subir dans les intestins, les transformations nécessaires à l’absorption ou nutrition.
Les aliments frais, tendres et de bonne qualité, sont facilement attaquables par le suc gastrique et autres sucs qui complètent la fonction digestive.
Au contraire, les substances qui ne sont plus fraîches, les aliments durs, de mauvaise qualité, surtout s’ils sont réfractaires à l’action combinée des mouvements de l’estomac et des sucs digestifs, ces aliments sont toujours ou d’une digestion laborieuse, pénible, ou tout à fait indigeste. Nous ferons ob-
server ici que, dans beaucoup de cas, l’indigestibilité est relative aux individus ; tel aliment indigeste pour celui-ci, ne l’est point pour celui-là ; tel autre aliment très-lourd sera digéré par une personne qui ne pourra digérer un aliment beaucoup plus léger. Nous citerons, plus loin, quelques exemples de cette anomalie.
Voilà pour les aliments en général ; mais, pour les estomacs, c’est tout autre chose. Les forces digestives varient à l’infini, selon les âges, les tempéraments, les idiosyncraties, ou nuances de tempéraments ; selon la profession, les climats, les saisons, selon l’état physique et moral du sujet, etc.
Chez les individus bien portants les dispositions organiques et l’instinct de l’estomac peuvent varier et faire que tel aliment qui était bien digéré hier, soit indigeste aujourd’hui. — Dans les nuances de tempérament et dans les maladies nerveuses des voies digestives, on rencontre des bizarreries de l’estomac fort remarquables : Ainsi, telle personne qui ne peut digérer une soupe légère, digérera parfaitement une tranche de jambon. — Telle autre à qui un échaudé fait mal, se trouve fort bien d’un potage aux choux ou d’une salade à l’ail.
Parmi les personnes irritables, chez les femmes surtout, on rencontre des sujets dont l’estomac serait violemment excité par l’ingestion d’une cuillerée de rhum ou d’eau-de-vie ; et qui digèrent fort