MO
bien une omelette au rhum ou un lourd plumpuding*. Mais ces exemples ne sont que des faits isolés qui ne détruisent nullement la règle générale.
Souvent, les organes de la digestion ont subi des modifications, sans qu’on s’en doute, la santé n’étant pas altérée ; il arrive qu’un aliment qu’on a très-bien digéré, pendant nombre d’années, tout à coup ne passe plus. Des individus qui, depuis leur enfance, mangeaient avec plaisir des viandes succulentes, éprouvent, plus tard, une aversion pour ces mêmes viandes, et appêtent le régime végétal. Nous n’en finirions pas s’il fallait rapporter les nombreuses aberrations qui frappent les organes de la digestion.
La qualité et la quantité des aliments ingérés sont aussi la source d’une infinité de variations dans les fonctions digestives. — Les viandes d’animaux trop jeunes, particulièrement le veau, l'agneau, le cochon de lait fatiguent l’estomac qui, parfois, les rejette ne pouvant les digérer. — Le beurre frais se digère facilement, le vieux beurre rance donne des aigreurs, des renvois, souvent des indigestions. — Relativement à la quantité, tout le monde sait qu'une quantité d’aliments ingérés, dépassant les forces de l’estomac, cause une digestion longue, pénible, laborieuse et malgré lestasses de thé multipliées, souvent une indigestion a lieu.
Sous le rapport de leur digestibilité, nous divise-
Ai 1
rons les substances alimentaires en quatre classes seulement pour être plus concis.
lre classe. — Toutes les chairs blanches ettendres, celles du veau, de l’agneau, du poulet, de la poularde très-peu grasse, par la raison que les corps gras sont plus pénibles à digérer. — Les poissons à chair blanche, tels que le g-rondin, le rouget, la sole, etc.
— Les œufs frais à la coque et les crèmes aux œufs.
— Parmi les légumes : les épinards, salsifis, asperges, haricots et pois verts, — culs d’artichaut, laitue et chicorée cuites. — Les féculents, tels que riz, tapioka, sagou, arow-root, fécule de pommes de terre, farines de blé, d’orge, d’avoine, de maïs, ainsi que le pain de froment appartiennent à cette classe. — Les compotes et marmelades de fruits mucoso-sucrés ou légèrement acides : poires, pommes, pêches, abricots, prunes, cerises, etc.
Toutes les substances alimentaires que nous venons d'énumérer, se digèrent facilement et appartiennent à l’alimentation douce et substantielle.
2e classe. — Les aliments de cette classe produisent une stimulation plus ou moins vive; ils fournissent au corps pins de calorique et exigent de l’estomac une action plus énergique — Tels sont, par exemple, le chevreuil, le lièvre, le bœuf rôti, le mouton, le faisan, la bécasse, la perdrix et presque tous les gibiers, h l’exception des oiseaux aquatiques. Pour les légumes : les purées d’ognons, de carottes,
de pois, de haricots et de lentilles décortiqués.
Les poissons à chair ferme : saumon, brochet, carpe, hareng- frais, etc.
Les potag-es composés de fécule et de bouillon gras ; les legumes au jus de viande et tous les mets qui réunissent mi-partie substances végétales et animales.
3e classe. — Cette classe comprend les viandes de la 2e classe, dont la qualité est inférieure, la fibre dure et coriace, ou encore qui sont préparées avec excès de graisse. — La chair de porc et toutes les préparations de charcuterie qui en proviennent. — Le canard, — l’oie, — les oiseaux de mer et de marais,
— le sang cuit, — les viscères des animaux, tels que foie, rate, rognons, etc., — les poissons à chair grasse et ferme : la carpe, — lamproie, — brochet,
— anguille, — morue, — saumon, — maquereau, — esturgeon, etc. — les œufs durs ou sur le plat trop cuits, — le lait caillé, — et divers fromages blancs,
— les choux, salades, radis, carottes, etc. — les pois, lentilles et haricots secs, — les fruits crus à pépins et à pulpe compacte, — les figues, poires, pommes et prunes sèches. — Toutes les pâtisseries dont la pâte n’a point levé, et qui contiennent, soit de la viande de porc et de la graisse fortement condimentée, comme certains pâtés ; les pâtisseries sucrées faites avec du vieux beurre, mal cuites ou recouvertes de mauvaises confitures, de mauvais fruits ou
d’amandes pilées. Enfin, les dragées, bonbons, nougats, marrons glacés et toutes les chatteries du confiseur qui. ne sont point préparées dans un but hygiénique.
4e classe. — Elle embrasse toutes les substances alimentaires de très-difficile digestion, celles qui sont réfractaires à la puissance gastrique ou difficilement assimilables. — Les parties cartilagineuses, aponévrotiques et tendineuses des animaux ; leur graisse isolée et toutes les parties fibreuses.
Les huiles, surtout quand elles ont vieilli ; le blanc d’œuf coagulé fortement ; les noix, noisettes, amandes, truffes et la plupart des champignons ; les enveloppes ligneuses et pépins des fruits, des céréales et des légumineuses.
Ce résumé n’est point une règle absolue de laquelle on ne puisse s’écarter ; il peut se rencontrer des sujets qui ne digèrent point ou très-péniblement les substances de la première classe, tandis qu’ils digéreront facilement plusieurs aliments de la seconde ou de la troisième classe. C’est donc à la personne intelligente, guidée par son expérience, de choisir ou de rejeter tel ou tel aliment.