SECTION PREMIÈRE ALIMENTATION NORMALE
En état de santé, la nourriture des hommes doit être basée sur les règles physiologiques et hygiéniques suivantes :
1° La ration journalière doit être composée de substances azotées et de substances hyclro-carbonèes ou respiratoires , c’est-à-dire de substances animales et végétales. Ces deux principes azote et carbone étant de toute nécessité pour l’entretien de la vie. Le premier est l’agent 'réparateur des pertes du corps ; le second est l'agent qui fournit à la combustion pulmonaire et à l’entretien de la chaleur vitale.
Les matières azotées se rencontrent dans les viandes, les œufs, le lait, le fromage, les pois, lentilles, fèves, haricots secs, etc.
Les matières carbonées sont contenues dans tous les végétaux et particulièrement dans les végétaux sucrés, les féculents et les amylacés.
Les substances grasses et les matières salines complètent tout h fait la ration alimentaire.
2° Dans la ration journalière, il est nécessaire de faire entrer au moins une fois par jour, de la viande ou toute autre matière azotée. On se rappellera que la viande est, de tous les aliments plastiques, celui qui contient le plus d’azote.
3° Il est utile et recommandé par l’hygiène, de varier les aliments, c’est-à-dire de ne pas manger tous les jours le même et de varier aussi les préparations.
Par son organisation physique, l’homme est essentiellement omnivore ou polyphage; la preuve la plus convaincante est tirée de la longueur et de la conformation de son tube digestif.
La longueur totale des intestins, chez les animaux carnassiers , les omnivores et les herbivores , est dans les rapports suivants :
Lion : — trois fois seulement la longueur de son corps.
Homme : — six fois.
Mouton : — vingt-huit fois.
A cela, point de réplique ; et les utopistes qui veulent, dans le but de rendre ses mœurs plus douces, imposer à l’homme une nourriture exclusivement végétale, sont dans une profonde erreur.
Après des expériences multipliées sur un grand nombre d’individus de divers âges et tempéraments, d’éminents physiologistes ont déterminé, en moyenne,. la quantité d’aliments et de boissons qu’un homme bien portant doit prendre par jour. Contrairement aux gastronomes, qui mangent plus qu’ils ne sont utiles, les personnes sages, qui désirent conserver longtemps leur santé physique et leur activité intellectuelles, feront bien de se conformer aux quantités suivantes :
Point la journée :
Pain.
400 grammes.
Viande.
Légumes
Entremets sucré. . .
Fromage
Eau et vin. 1
Bière ou cidre >
Ce modèle n’est point absolu ; il doit, au contraire,
se modifier de mille manières ; ainsi, par exemple, on ne prend aujourd'hui que 350 grammes de viande ; les 150 grammes manquant à la ration complète, seront ajoutés aux légumes, ou exigeront la présence d’un mets supplémentaire. Il en sera de même pour le pain, si on diminue sa quantité, on ajoute la différence à une autre substance, etc., etc. On ne doit pas oublier que la viande doit figurer journellement dans l’alimentation afin de fournir au corps l’azote qui lui est nécessaire. Le pain, les légumes, graisses et matières sucrées lui fournissent le carbone.
Les pertes que fait l’homme, en vingt-quatre heures, en azote et en carbone, soit par les urines et les excréments solides , soit par les diverses excrétions des muqueuses, les exhalations pulmonaires et cutanées, se résument dans les chiffres suivants :
Perte de carbone (parlaresPiration| 310 grammes t par les excrétions ;
Pertes de substances azotées. . . 130
Il est donc nécessaire, pour l’entretien de sa vie et de ses forces, que l’individu puisse trouver, dans les aliments qu’il prend, en vingt-qua tre heures, 310 grammes de carbone et 130 grammes de matières azotées.
Dans le cas où sa nourriture, insuffisante ou mal
coordonnée, ne lui fournirait pas ces quantités indispensables, voici ce qui arriverait : La respiration, qui fonctionne toujours, puiserait dans le tissu cellulaire g-raisséux, le carbone nécessaire à la combustion pulmonaire. — L'absorption nutritive , qui s’effectue sans cesse, puiserait dans les muscles et les humeurs l’azote indispensable ; de telle sorte, que l’individu se nourrirait de sa propre substance et, forcément, maigrirait en raison directe des pertes qu’il ferait. — Ce court exposé suffit pour démontrer toute l’importance d'une ration alimentaire bien coordonnée.
Et, maintenant, pour que le lecteur puisse établir son choix parmi les substances alimentaires azotées et carbonées, nous lui donnerons le tableau de ces substances, dressé par notre savant chimiste Payen, membre de l’Institut.