‹ Hygiène alimentaireChapitre 107 sur 155 · TABLEAU · texte numérisé non relu

TABLEAU

Des quantités d’ azote, de carbone, de matière grasse et d’ eab, dans cent parties de diverses substances alimentaires.

Azote.

Carbone.

Graisse.

Eau. ;

Viande sans os

Œufs

Lait de vache

Lait de chèvre

Fromage de Brie. . . .

— de Gruyère. .

Chocolat

Fèves \

Haricots ( secs. < . . . .

Pois ) .

Lentilles

Blé dur

Blé tendre

Farine blanche de Pa-

ris

Farine de seigle. . . .

Orge d’hiver. . . . . .

Maïs

Sarrazin

Riz

Gruau d’avoine

Pain blanc de Paris. .

Azote.

Carbone.

Graine.

Eau,

Pain de munition. . . .

Pain de farine de blé

dur

Châtaignes faîcbes. . .

Châtaignes sèches. . .

Ct

oo

Pommes de terre. . . .

Patates .

Carottes

Groseilles à maque-

reaux

Figues fraîches

— sèches

Pruneaux. .

Café ( infusion , cent grammes)

Lard

Beurre frais

Huile d’olives

traces.

Bière forte

Alcool pur à 100». . . .

Eau-de-vie commune..

Yin

Il ne nous reste plus qu’à donner quelques conseils hygiéniques sur la conduite avant, pendant et après le repas.

On évitera de se mettre à table dans les moments

de grande agitation, soit physique soit morale ; c’està-dire après un violent exercice ou lorsqu on est encore tout ému par une grande passion.

Il ne faut jamais commencer un repas, avant que la digestion du précédent ne soit complètement terminée.

Il ne faut jamais donner à l’estomac plus d aliments qu’il ne pent en digérer, le mieux est de se lever de table avec une légère appétence.

La gaîté, la bonne humeur, une société qui plaît, favorisent beaucoup la digestion ; c’est pourquoi il est préférable de manger en société que de manger seul.

Un peu de repos est nécessaire après le repas ; les travaux d’esprit doivent être rigoureusement suspendus, jusqu’au moment où la digestion de l’estomac est achevée.

Plus la mastication est complète, et moins l’estomac a de travail; en d’autres termes: mieux les aliments sont broyés et imprégnés de salive, plus la digestion est prompte et facile. Ce point est d’une haute importance; car, moins un organe se fatigue, mieux il fonctionne et plus longtemps il conserve ses forces et sa fraîcheur. — L’estomac est tout dans l’organisation vivante ; lorsqu’il souffre, tout le corps s’en ressent, et le moral aussi ; l’homme devient triste et morose. Quand, au contraire, l’estomac fonctionne bien, le corps est alerte, le moral gai, ou-

vert. Si nous nous appesantissons sur cette question, c’est qu’elle mérite qu’on y réfléchisse.

# Enfin> après avoir vécu longtemps en gastronome, si l’on sent la nécessité d’une réforme, il ne faut point la faire tout d’un coup ; ce n’est que graduellement et en se retranchant peu à peu le superflu pour arriver, sans secousses violentes, aux limites du nécessaire.

Voilà ce que nous avions à dire sur l’alimentation normale, nous allons, dans les sections suivantes, tracer le cadre des alimentations spéciales qui portent leur influence sur tel ou tel système de notre économie.

SECTION II

1“ Genre.

ALIMENTATION BAEKAICHISSANTE.

Les aliments où domine le principe acide : certains végétaux comme l’oseille et presque tous les fruits rouges, composent, en partie, ce genre d’alimentation, les salades et viandes blanches préparées à la vinaigrette sont aussi des auxiliaires. Les aliments acidulés, pris en quantité très modérée, excitent l’appétit, séjourneut peu de temps dans l’estomac; mais ils sont très nuisibles lorsqu’on les mange

en trop grande quantité ; ils provoquent des selles copieuses, des diarrhées et quelquefois des irritations qu’on a de la peine à combattre ; donc, la prudence recommande une grande modération dans l’usage de ces aliments.

Après quelque temps de ce régime, la circulation se ralentit avec les mouvements du cœur, la respiration s’exécute aussi avec plus de lenteur, et la chaleur vitale est diminuée.

Une croyance, généralement répandue, attribue aux acides la propriété de diminuer l’embonpoint ; c’est dans ce but que beaucoup de jeunes filles font un usage immodéré de fruits acides et particulièrement de vinaigre, afin d’obtenir une taille plus fine. Elles ignorent, les malheureuses, les funestes conséquences de ce régime pour leur santé, et l’effrayant cortège des maladies qui les attend plus tard !

L’alimentation rafraîchissante est indiquée toutes les fois qu’il y a pléthore) c’est-à-dire excès de nutrition des divers systèmes de l’économie ; les aliments dont elle se compose ne contenant que fort peu de matériaux réparateurs, rendent la sanguification languissante et la nutrition peu active ; d’où, il résulte qu’un mois de cette alimentation diminue la somme du poids du corps et engendre une faiblesse générale. Une semblable alimentation serait des plus nuisibles aux personnes faibles, aux constitutions lymphatiques, aux individus secs et nerveux ; enfin,

à tous ceux qui n’ont point une tendance à la pléthore.

SECTION III

2e Genre.

ALIMENTATION RELACHANTE ET PEU REPARATRICE.

A cette classe, on peut rapporter les substances mucilagineuses et gélatineuses ; les corps gras tels que graisses, huiles, beurre, crème, lait, et les chairs des très-jeunes animaux : agneau, veau , poulet (jeune) ; certains poissons à chair visqueuse appartiennent aussi à l’alimentation relâchante ; la digestion de ces aliments est généralement plus longue à se faire que celle des autres substances alimentaires ; ils produisent un relâchement sensible de la membrane muqueuse intestinale, et diminuent l’énergie de l’estomac; ils agissent souvent à la manière des sels purgatifs ; leur assimilation est incomplète ; car on en retrouve beaucoup de parcelles dans les matières fécales. Leur usage habituel attaque la sensibilité, débilite les systèmes circulatoire et absorbant qui ne fonctionnent plus avec leur énergie première ; la nutrition des tissus fibreux languit, tandis que la fonction du tissu adipeux, ou graisseux augmente d’activité, ce qui fait qu’on engraisse au détriment de la vitalité des autres sys-

tèmes. Pour peu que cette alimentation soit prolongée, il en résulte un empâtement des viscères, une bouffissure générale, une débilité de tous les appareils et, plus tard, l’invasion des maladies auxquelles cet état du corps prédispose.

L’alimentation relâchante doit être réservée aux cas où l’individu se trouve dans un état de surexcitation générale, de sécheresse de tous les tissus ; et, aussi, dans le cas où il y a surabondance de sang et prédisposition à l’injection du cerveau, à l’apoplexie; alors, ce régime sera éminemment utile. Hors ces cas, il ne peut qu’être nuisible.

SECTION iv.

3' Gemre.

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