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CUISINE DE SANTÉ

L’alimentation des personnes affectées de maladies d’estomac ou d’intestins, ne saurait être la même que celle des personnes jouissant d’une bonne santé. Il est un grand nombre d’aliments qui exaspèrent les souffrances gastro-intestinales et qui en retardent la guérison. Ainsi, par exemple, on rencontre des gastralgiques qui rendent tel et tel aliment après 1 avoir mangé. Si le malade s’obstine à manger encore de cet aliment, les vomissements se succèdent sans relâche, l’estomac se fatigue, la nutrition languit, devient presque nulle, les forces s’affaissent et la maigreur survient, accompagnée de lassitudes excessives, de courbatures permanentes. Alors, la vie n’est plus qu’amertume et tristesse. Il est de nécessité absolue, pour ces personnes, de faire un choix parmi les substances

alimentaires; ce choix doit être guidé par l’expérience et l’instinct de l’estomac, qui trompe rarement. Après avoir essayé un certain nombre d’aliments de facile digestion, on doit s’arrêter à ceux qui passent le mieux. Je dis un certain nombre, car il ne faut pas se nourrir exclusivement d’un ou de deux aliments de la même classe ; il faut, au contraire, varier autant que possible sa nourriture. Une fois ce choix établi, le malade doit, sans cesse, veiller à la manière dont s’exécutent ses digestions. Tous les jours ne se ressemblent pas : on digère bien aujourd’hui, et, demain, on digère mal. Le jour même où le malade s’aperçoit que sa digestion a été pénible, il doit supprimer le repas suivant et se mettre au régime réduit pour les deux autres repas suivants ; c’est-à-dire qu’il doit retrancher le quart ou la moitié de ses repas ordinaires. Ce moyen si simple suffit presque toujours pour rétablir l’ordre dans les fonctions digestives. Au contraire, mange-t-il, malgré cet avertissement de l’estomac, la digestion devient encore plus pénible ; bien souvent, il y a indigestion, parfois vomissement, parce que l’estomac fatigué ne peut fonctionner et qu'il a besoin de repos , parce qu’on lui impose un travail qu’il est dans l’impossibilité d’exécuter.

Ces courtes considérations suffiront, sans doute, pour éclairer les personnes malades ou convalescentes, et les rendre plus prudentes dans la manière de digérer leur alimentation.

Avant de terminer, nous ajouterons, qu’après un régime sévère, l’estomac n’a pas encore acquis la force pour broyer les aliments qu’on lui donne, mal triturés par les dents. Dans ce cas, la digestion est longue, pénible, faute de forces suffisantes ; le meilleur moyen d’obvier à cet état de choses est de ne manger que des purées de pain, de légumes, des hachis de viande, jusqu’au moment où les forces de l’estomac seront revenues.

C’est donc sur l’expérience d’habiles physiologistes et sur nos expériences personnelles, que nous avons établi les préparations alimentaires qui terminent cet ouvrage. Ces préparations réunissent le double avantage de ne point fatiguer l’estomac et, selon que le cas l’exige, de rafraîchir, de relâcher, de stimuler, de tonifier l’organe gastrique et de verser dans la circulation d’abondants sucs nutritifs.

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