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CHAPITRE VI

DE L'EXERCICE PHYSIQUE CONSIDÈRE COMME MOYEN DE CONSERVER LES FORCES ET LA SANTÉ DANS LA VIEILLESSE

L’exercice physique est au corps ce que l’éducation morale est à l’esprit. C’est l’exercice qui développe le système musculaire et donne à nos membres la force et la vigueur. Plus un organe est exercé, plus il devient robuste, souvent même aux dépens des autres organes. C’est aussi l’exercice qui entretient la santé : plus un sujet s’exerce et travaille dans la mesure de ses forces, et mieux il se porte. On peut

donc considérer le travail physique et la gymnastique des muscles comme le soutien de la santé. (Voyez,

pour tout ce qui concerne les divers exercices g} in mastiques, notre ouvrage intitulé : J/ygiene de la H caillé humaine , dans scs lignes , ses formes et sa couleur). Ici, nous ne parlerons que des exercices

qui conviennent aux malingres et aux vieillards.

Le jardinage et Y agriculture offrent, aux personnes âgées et bien portantes, de précieuses ressources pour exercer doucement leurs muscles et leur procurer d’agréables distractions. — La chasse facile et sans fatigue, ainsi que la pêche, par un beau temps, sont aussi très-favorables au maintien de la santé. Quand le temps est mauvais ou lorsqu’on ne peut sortir, le jeu de billard est un moyen d’agir et de se distraire. Ce jeu possède le triple avantage de fixer l’attention, sans fatiguer l’esprit ; d’exercer les muscles des bras, des jambes, à tous moments, et d’exiger divers mouvements, diverses postures du torse ; de telle sorte qu’après avoir joué une heure, on a fait, sans s’en apercevoir, une longue promenade, qu’on n aurait peut-être pas eu le courage d’entreprendre, et pendant laquelle tous les muscles du corps ont été mis en action.

De tous les exercices, la promenade est, sans contredit, celui auquel on se livre le plus fréquemment; mais il n’est pas indifférent de se promener à tel ou tel endroit , a telle ou telle heure du jour. On doit éviter lus endroits marécageux, humides, malsains; les gorges où 1 air n’est pas assez renouvelé; où, pendant l’été, il fait une chaleur lourde, accablante. Les glandes chaleurs du jour, de mémo que la frai— ‘-‘heur des nuits, sont également à éviter.

La promenade dans une campagne riante est, pour

les personnes âgées, une source de plaisirs et de bienfaits. Les yeux sont récréés par les tapis de verdure qu’éclaire un beau soleil ; les parfums de mille fleurs viennent suavement affecter l’odorat ; le murmure des ruisseaux, le bourdonnement des insectes, le chant des pâtres, charment les oreilles et produisent sur l’âme les plus douces impressions. Alors, l’innervation languissante du vieillard reprend son cours, et toutes les fonctions organiques s'exécutent plus facilement ; alors, mêlant sa joie à toutes les joies qui l’entourent, le vieillard savoure l’existence et se croit rajeuni !...

Nous ne saurions trop conseiller aux personnes sur le retour de l’âge de faire, au moins une fois par jour, lorsque le temps le permet, une promenade soit à la campagne, soit sur les boulevards de la ville qu’ils habitent , soit dans tout autre lieu où elles puissent respirer un air pur. Lorsqu’il s'agit de gravir une colline, il devient nécessaire de faire quelques pauses, afin de ne point se fatiguer. Prendre bien garde surtout , si le corps est en moiteur, de s’exposer à un refroidissement.

Équitation, Voiture. — Parmi les exercices mixtes, le cheval et la voiture sont les plus en usage. L’équitation possède l'avantage de permettre aux personnes débiles et fatiguées de faire des excursions en îles lieux où elles n’auraient pu aller à pied: sur le penchant des collines, au sommet des monta—

g'iies, où les chevaux du pays montent facilement. Là, on peut jouir du plaisir de la vue et des bienfaits

d’un bon air. Les individus affectés de hernies ou d'hémorrhoïdes volumineuses doivent, par prudence, se priver du plaisir des promenades à cheval.

La promenade en voiture bien suspendue est le plaisir le plus doux, le moins fatigant des exercices mixtes. Elle convient particulièrement aux vieillards débiles, aux convalescents et à ceux dont les forces ont été usées par une longue maladie. Cependant, il devient utile et même nécessaire de se livrer à des

exercices actifs dès que les forces sont revenues.

Les gastralgiques, les hypocondriaques et les personnes qui ont les digestions laborieuses se trouvent très-bien de la promenade en voilure. C’est le cas d’ajouter ici que les voyages d’agrément entrepris pendant la belle saison ont presque toujours été favorables a ces personnes.

On ne saurait trop répéter aux gens du monde, et particulièrement aux femmes des grandes villes, que les exercices physiques sont une condition indispensable de force et de santé. En effet, la santé, qui consiste dans le jeu régulier de toutes les fonc-

tions, ne saurait se maintenir longtemps dans l’inaction, car l’inaction fait languir les digestions, rend les excrétions moins faciles, surtout la transpiration insensible, cette grande fonction dépurutive si importante pour les personne-! d’un Age avancé. La

circulation se ralentit aussi, surtout dans les vaisseaux capillaires, ce qui occasionne un reflux de sang’ dans les gros vaisseaux et les viscères, circonstance toujours fâcheuse. D’un autre côté, l’action nerveuse diminue, s’affaiblit peu à peu dans les organes extérieurs, où ne l’appellent plus les mouvements volontaires, et se concentre dans les organes intérieurs. De là une série de désordres nerveux, de congestions, de vices de nutrition en trop ou en moins, qui finissent par altérer la meilleure santé. L'exercice physique prévient tous ces désordres, en maintenant un juste équilibre entre toutes les fonctions. Donc l’exercice est une condition indispensable de santé, et j’ajouterai de longévité.

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