I I". — DIGESTION STOMACALE
Les aliments albuminoïdes, c’est-à-dire les viandes, le gluten et autres substances azotées, sont attaqués et transformés en albuminose par le suc gastrique; leur digestion se fait donc dans l’estomac, au bout d'un certain temps. L’absorption de l’ulbunnnosë (1) ou produit de la digestion des matières azotées s opère par les veines de l’estomac et du premier intestin. L’absorption de l’eau et du sucre formée aux dépens des aliments féculents est également faite par les mêmes veines.
Mais la masse alimentaire introduite dans l’estomac a chaque pas n’est point uniquement composée de viande et de substances azotées, elle contient en plus des matières grasses et des substances végétales hydro-carbonées, c’est-à-dire formées d’eau et de
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* revient h son état premier Albumine, dès ff elle sc trouve en contact avec le sang. Une partie du principe azoté nommé peplone, provenant de la transformation de la fibrine, se reconnue egalement à l’état primitif de fibrine, par son contact avec le
vivant.
£°nt merveilleuses et admirables.
carbone. Un grand nombre d’expériences, faites sur les animaux vivants, ont démontré que les matières grasses et hydro— carbonées n’élaient point attaquées par le suc gastrique ; qu’elles traversaient le pylore à l’état de bouillie, et passaient dans l’intestin pour y être transformées en chyle et portées par les chylifères dans la veine sous-clavière gauche.
Ainsi donc, voilà deux faits physiologiques de la plus haute importance ; tandis que les matières grasses et hydro-carbonées sont transportées dans le sang de la veine sous-clavière gauche, les substances féculentes et albuminoïdes converties en albuminose et en sucre pénètrent, avec l’eau des boissons, dans les veines de l'estomac et de 1 intestin qui les transportent dans le foie.
g n. — digestion intestinale.
C’est dans le premier intestin grêle, nommé duodénum ou second estomac, qu’a lieu la seconde digestion des aliments qui n’ont pas été digérés dans l’estomac. Cette seconde digestion s’opère :
ln Sur les parties grasses du chyme qui sont émulsionnées par l’action combinée du suc pancréatique et de la bile ;
2° Sur les parties amylacées contenues dans le chyme, qui sont converties en sucre. — Sur le sucre
pris en nature qui, pour être absorbable, doit être préalablement transformé en glucose ;
3° Sur le reste des matières azotées qui n’ont pas été absorbées dans l’estomac;
4° L’absorption intestinale s’opère encore sur les formations secondaires qui ont lieu pendant le parcours du chyme dans le tube intestinal, tels, par exemple, que l’acide lactique, l’acide acétique, etc.
Les substances albuminoïdes, non absorbées dans l’estomac, continuent, dans l’intestin grêle, leurs métamorphoses en dextrine, en fibrine et en caséine, afin d’être absorbées par les chylifères. On s’est assuré que ces métamorphoses ne dépendaient nullement du contact des sucs intestinaux, mais qu’elles étaient une continuation de l’action du suc gastrique. D’ailleurs, la présence de l’acide lactique, formé aux dépens des matières féculentes, prête son concours à ces transformations en entretenant l’acidité du milieu.
On peut résumer les phénomènes chimiques de la digestion, dans l’intestin grêle, ainsi qu’il suit :
1° Émulsion des substances grasses.
2° Transformation des matières féculentes en dextrine et en glucose par le suc pancréatique.
3° Transformation en glucose du sucre naturel ingéré.
4'1 Formation de l’acide lactique et de l’acide acétique aux dépens du glucose déjà formé.
5° Enfin, formation accidentelle de l’acide butyrique.
Il est facile de comprendre tout le parti qu’on peut tiier de ces données dans les diverses maladies du tube digestif. Nous dirons, plus loin, quelques mots sur cette importante question.
I III. — DUREE DU TEMPS QUE LES DIGESTIONS STOMACALE ET INTESTINALE METTENT A S’ACCOMPLIR.
La durée d’une digestion stomacale est, terme moyen, de trois à quatre heures, quelquefois plus, d’autres fois moins; cette durée varie selon l’âge, le tempérament, l’état physique et moral des individus et selon la nature des substances alimentaires. Les expériences faites à ce sujet, sur des personnes affectées de fistule intestinale et sur des animaux sacrifiés à diverses phases de la digestion, ont donné les résultats suivants :
Les substances qui fournissent peu de parties nutritives, telles que les épinards, le potiron, la laitue et autres légumes herbacés, lorsqu’ils sont cuits, ne séjournent pas plus de deux heures dans l’estomac. Les substances mucilagineuses, mucoso-sucrées, les purées de légumes verts, les panades de pain blanc, les œufs frais à la coque, etc., sont très-promptement digérés et passent dans l’intestin, après deux heures de séjour dans l’estomac et quelquefois moins. Cer-
laines huiles, quelques substances fades et légèrement excitantes, ne font, pour ainsi dire, que passer de l'estomac dans l’intestin, où, en agissant mécaniquement, elles déterminent, par leur contact, un léger effet purgatif; on les nomme laxatives ; il ne faut pas les confondre avec les substances purgatives , dont le mode d’action est tout différent. — Les viandes blanches de jeunes animaux : le veau, le lapin, l’agneau, le poulet, la caille; certains poissons : la sole, le merlan, la limande, etc., ne restent guère plus de deux heures dans l’estomac. — Les viandes rouges, le bœuf, le mouton, le jeune chevreuil, le pigeon, la perdrix, l’alose, le saumon, etc., exigent un travail de trois à quatre heures, de la part de l'estomac, avant de descendre dans l’intestin. Ces viandes contiennent plus de principes nutritifs que les précédentes. — Les viandes noires , trèsanimalisées, sont les plus excitantes et les plus nutritives de toutes les viandes; la chair du cerf, du chevreuil, du lièvre, du sanglier, du porc mâle, la bécasse, la bécassine, etc., sollicitent un travail plus énergique de 1 estomac, et quatre à cinq heures sont nécessaires à leur entière digestion. — Enfin, il est une dernière classe d’aliments, tels que les cartilages, tendons, aponévroses, graisses, huiles, pellicules des fruits, enveloppes des légumes farineux, qui résistent cinq à six heures à l’action du suc gastnque ; les dernières même, tout à fait insolubles
dans ce suc, sont rejetées, avec les selles, dans leur état primitif, sans avoir subi aucune altération.
Les liquides ingérés dans l’estomac y sont absorbés en moins d’une heure, surtout les boissons alcooliques.
La digestion intestinale est beaucoup plus longue à s’opérer que la stomacale ; il faut généralement vingt-quatre heures pour que l’aliment ingéré dans l’estomac soit rejeté par les selles, après avoir donné aux absorbants chylifères toutes les parties nutritives qu’il contenait. — Voyez, plus haut, les diverses transformations que subit la pulpe alimentaire dans son parcours de l’estomac au rectum.