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SYMPATHIES DE L’ESTOMAC AVEC DES POUMONS ET I.A PEAU

Les poumons sont les organes de la- respiration, tout le monde le sait; mais, là ne se borne point leur rôle, et ce que beaucoup de personnes ignorent, c'est qu’ils sont chargés de transformer le sang veineux (noir) en sang artériel (rouge); cette transformation s’opère dans le poumon môme au moyen de l’oxygène de l’air respiré. A chaque inspiration d’air par les poumons, le sang s’oxygène et devient rutilant; à chaque expiration, les produits usés, c’est-àdire l’eau, l’acide carbonique et l’azote sont expulsés au dehors comme des excréments. C’est dans le sang artériel que tous nos organes puisent les matériaux de leur nutrition et de leur activité.

La peau est criblée d’une infinité de pores, qui

sont les ouvertures des vaisseaux exhalants et absorbants ; c’est par ces ouvertures microscopiques qu’elle concourt, avec les poumons, à rejeter, à éliminer du corps les produits excrémentitiels.

Les rapports entre l’estomac, la peau et les poumons se manifestent constamment, d’où il résulte que plus la digestion est active, plus l’élimination excrémentitielle est abondante.

L’activité de la digestion reconnaît plusieurs causes : la première dépend de l’état de santé des organes ; la seconde de la nature des aliments ; les autres causes se rencontrent dans le milieu où l’on vit, dans la saison, les professions , etc., etc. Il est évident que les voies digestives , vierges de toute maladie, doivent fonctionner parfaitement; que les aliments légers et faciles à dissoudre par le suc gastrique se digèrent mieux que les aliments lourds et d’une assimilation difficile ; que l’exercice physique développe l’appétit et favorise la digestion ; enfin, que l’air pur des montagnes donne aux organes de Indigestion un surcroît d'énergie ; tandis que, un air épais et peu oxygéné retardant les fonctions respiratoires et cutanées, l’estomac devient paresseux et les digestions languissent. Ainsi, l’habitant des villes, qui digère mal ou très-lentement, retrouve 1 activité digestive pendant son séjour à la campagne: parce que l’air pur qu’il y respire imprime aux fonctions respiratoires et cutanées une énergie qu’elles

n’avaient pas. Une foule de personnes livrées à des travaux intellectuels ou à des occupations sédentaires, ne pouvant digérer, à la ville, qu’une petite quantité d’aliments choisis, sous peine d’indigestion, si elles dépassaient cette quantité , mangent trois fois plus à la campagne et digèrent très-bien. Et cela; nous le répétons, parce que les poumons et la peau fonctionnent plus activement à la campagne qu’à la ville.

L’observation prouve chaque jour que les affections de la peau, telles que blessures } brûlures, phlegmons, érysipèles, etc., etc., retentissent toujours sur les fonctions de l’estomac. La suppression d’une dartre , d’une irritation étendue , occasionne généralement des troubles dans les digestions. Les mêmes influences, les mêmes phénomènes ont lieu dans les affections du poumon.

Tant que la digestion marche régulièrement et sans obstacles, la peau conserve son élasticité, sa fraîcheur et son coloris : la chaleur y est régulièrement répartie dans toute son étendue. Mais, si l’estomac ou les intestins sont malades, si les digestions s’opèrent avec difficulté, alors la peau perd sa fraîcheur, sa souplesse et devient terne : la chaleur y est, irrégulièrement répartie; on éprouve un sentiment de chaleur insupportable à telle partie, tandis qu’on a froid à telle autre; le froid des pieds est constant. Dans l’état de santé, lorsque la digestion corn-

mence, un léger frisson se fait sen tir ; c’est signe que l’estomac attire à lui les forces vitales dont il a besoin en ce moment. Dans l’état de maladie, c’est, au contraire, un sentiment de chaleur qu'on éprouve à la région épigastrique; la calorification est irrégulière : nulle sur tel point , elle s’accumule sur tel autre. La fonction tactile est augmentée, diminuée ou pervertie. L’exagération de la sensibilité cutanée , chez certains gastralgiques, arrive à un si haut degré, qu’ils sont avertis du passage des aliments de l’estomac dans le premier intestin, et de celui-ci dans les autres. Enfermés dans leurs appartements, ils perçoivent toutes les variations de température; ils pressentent les changements de temps du beau au mauvais, comme du mauvais ail beau; la direction des vents, l’état hygrométrique de l’air, le froid et le chaud, l’humide et le sec,.. Ce sont de véritables baromètres vivants.

SECTION IV

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