DES SYMPATHIES ENTEE LES VOIES DIGESTIVES ET LE SYSTEME
M0SCULA1KE.
Les rapports entre l’estomac, les intestins et le système locomoteur sont aussi sensibles que les sympathies gastriques, pulmonaires et cutanées. L’exercice musculaire, par le travail ou la gymnastique,
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agit sur l’estomac, en développant son énergie digestive ; c’est un fait qui n’a pas besoin d’être discuté. Les agriculteurs, les hommes adonnés à des métiers qui exigent l’emploi de la force musculaire, mangent beaucoup et digèrent avec facilité les aliments les plus grossiers et les plus indigestes. Les personnes, au contraire, que leur position sociale condamne à la vie sédentaire, ont l’appétit beaucoup moins développé et les digestions plus lentes. Arrivées à l’âge mûr, ces personnes ou prennent un surcroît d’embonpoint, deviennent replètes, ou sont affectées de gastro-entérite chronique, de constipation opiniâtre, d’hémorrhoïdes , de catarrhe de la vessie, etc., etc. C’est là un des tristes privilèges de la vie sédentaire, de la vie bureaucratique. Nous conseillons donc aux personnes à qui les exigences de leur place ne permettent pas un exercice musculaire journalier, de faire chaque jour, matin et soir, quelques exercices avec un petit appareil de gymnastique fort ingénieux, qu’on peut placer dans un coin de son appartement (1).
L’exercice physique, au grand air, est encore plus favorable : sous sa bienfaisante influence, l'appétit naît, se développe, et les organes digestifs exécutent
(1) On trouve cet appareil au bazar des articles de voyage, boulevard Montmartre, n Paris. Une instruction indique les exercices et mouvements à faire pour mettre eu jeu les muscles et les di déroutes parties du corps.
librement leurs fonctions. Comparez cette robuste paysanne mordant à un pain grossier, mangeant impunément du lard, des haricots et tout ce qu'il y a de plus indigeste, à cette délicate citadine qui ne vit que de mets sucrés et se plaint sans cesse de son estomac , de ses nerfs. Voulez-vous connaître la cause de l’énorme différence qui existe entre ces deux femmes? la voici : la dame des cités se couche tard et se lève très-tard; souvent, le soleil, au milieu de sa course, éclaire son lever ; elle craint l’air frais du matin et ne respire qu’un air vicié par les émanations de la nuit. — La paysanne se lève avant le jour, travaille, se fatigue et gagne un dévorant appétit. — La dame, plongée dans un profond repos, se fatigue à ne rien faire et mange souvent sans appétit. — L’une a des digestions laborieuses, — l’autre digérerait du fer.
Tel est le bénéfice que donne le travail physique. C’est pourquoi on ne saurait trop recommander aux hommes et aux femmes du monde, qui sont menacés d une affection des voies digestives, de consacrer une heure au moins, chaque jour, à s’exercer physiquement, soit en pratiquant une gymnastique en rapport avec leurs forces, soit en exécutant les ordonnances du fameux docteur Trouchin, qui guérissait toutes les dames vaporeuses en leur faisant fiofter le parquet de leur appartement.
Le travail physique, l’exercice des muscles est le
seul moyen de prévenir ou de combattre ces affreuses maladies qu’on nomme névroses (jaslvo-intcslinales. Que nos lecteurs qui y sont prédisposés ou qui en sont atteints se pénètrent bien de cette vérité.
sectiox v.
SYMPATHIES DE l’üSTOMÀC AVEC LES ORGANES DE LA GENERATION
Les sympathies qui lient l'estomac et les intestins aux organes génitaux sont plus ou moins étroites, plus ou moins sensibles, selon les âges, le tempérament et le sexe.
Dans l’enfance , ces sympathies n’existent pas, puisque les organes génitaux sont à peine ébauchés; ce n’est qu’à partir de l’adolescence qu’ils se manifestent d’une manière très-sensible. L’on a même observé que les affections chroniques de l’estomac retardent les signes de la puberté chez l’un et l’autre sexe. Parmi les adolescents, la funeste habitude des nlaisirs solitaires attaque directement les fonctions de la digestion et de la nutrition. Une maigreur plus ou moins prononcée, selon la fréquence des attouchements, frappe les jeunes sujets adonnés à ce vice. Les digestions deviennent de plus en plus difficiles, et la consomption pourrait s’ensuivre, si la surveillance paternelle ou la crainfu de la mort
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ne leur faisait renoncer à cette funeste habitude.
Lorsque, chez les jeunes filles, la puberté s’établit difficilement , il arrive assez fréquemment une perversion de l’appétit, c’est-à-dire le désir de manger des substances qui ne sont point des aliments, telles que de la terre, du plâtre, du suif, du vieux cuir et autres matières semblables. La cause de cette perversion est une affection nerveuse, une névrose de l’estomac. La nutrition ne pouvant s’opérer et devenant insuffisante, ces jeunes filles ne tardent pas à être frappées de chlorose ou pâles couleurs. Rendez à l’estomac sa force première ; rétablissez-le dans ses fonctions normales, et les pâles couleurs s’effaceront.
1 endant la jeunesse et l’âge viril, les excès vénériens retentissent toujours d’une manière fâcheuse sur les organes de la digestion. Lorsque ces excès sont fréquemment renouvelés, il y a une espèce de renvoi de l’estomac aux organes génitaux. Ceux-ci, frappés à leur tour de débilité, restent muets aux excitants les plus énergiques, et la vigueur génitale dont on a abusé se convertit en impuissance.
Lorsqu’on arrive à l’âge du déclin, appelé âge cri - Uque a cause des orages qui viennent fondre sur 1 existence, combien d’affections gastro-intestinales ne compte-t-on pas! C’est alors que les prédispositiom> à ceitaines maladies deviennent causes occasionnelles, c est alors que la santé reçoit une atteinte
plus ou moins profonde ; c’est alors que l’exacte observation des règles d’hygiène domestique ou d’hygiène alimentaire est de toute nécessité pour prévenir, modifier ou combattre les tristes maladies qui font l’amertume de cette phase de la vie. La puberté avait ouvert le rôle reproducteur que l’être humain devait remplir , l’âge critique le ferme à tout jamais pour la femme. Une importante fonction s’est éteinte. Or, il devient urgent de prévenir les conséquences, tqyjpurjfhfâeheuses, d’une telle suppression. — Chez l’homme, les causes morbides sont moins apparentes, moins graves peut-être ; mais elles n’en existent pas moins; et l’homme ne saurait se soustraire aux lois qui régissent les êtres vivants. Nous renvoyons le lecteur à notre Hygiène du mariage , où cette grave question est traitée avec les développements qu’elle mérite.
Lorsqu’on réfléchit à l’intime corrélation qui existe entre les divers organes de notre économie et l'appareil digestif, on ne s’étonne plus du rôle important que remplit l’estomac dans le jeu des fonctions vitales. La conclusion de tout ce qui précède peut se résumer dans les préceptes suivants :
Ne jamais abuser des forces de son estomac ; — lui prodiguer tous les soins qu’il exige, eu éiat de santé ou de maladie; — l’écouter et lui accorder ce qu’il demande; le laisser en repos lorsqu’il est fatigué; — ne jamais lui donner un travail au-dessus de
ses forces. — Comme la digestion est une fonction éminemment nerveuse, elle est toujours plus ou moins troublée par les passions violentes, l’amour, la
haine, la colère, etc Ces manifestations violentes
sont donc à éviter. — Enfin, lorsque l’estomac est en travail, ne point troubler la digestion par l’ingestion d’aliments ou de boissons stimulantes, ni par un exercice violent, soit physique soit intellectuel. Pendant que la digestion s’opère, l'estomac est un centre vers lequel convergent les forces vitales ; la dispersion de ces forces sur un autre point, peut retarder et même arrêter l’important travail de la digestion.