DES EFFETS DU CAFÉ SUR L’ORGANISME
L’infusion de café produit de nombreux effets sur l’organisme humain. Les plus remarquables de ces effets sont une excitation cérébrale accompagnée de sensations agréables. Loin d’enivrer et d’eng'ourdir les sens, comme les boissons narcotiques et alcooliques, le café facilite la veille et dispose aux travaux intellectuels. Mais la stimulation nerveuse ne se manifeste point de la meme manière chez tous les individus ; les tempéraments, les idiosyncrasies, les
dispositions particulières modifient son action, la développent ou l’affaiblissent. Telle est probablement la cause de la divergence des opinions sur l’influence du café. — Les sujets nerveux, excitables, à la suite de l’ingestion d’une tasse de café noir, éprouvent une exaltation des facultés physiques et morales; le cœur bat plus vite et plus fort, les yeux brillent d’un éclat inaccoutumé, les idées sont plus nettes, la parole est plus facile, le corps entier participe à ce bienêtre momentané. — Les sujets lymphatiques, de même que les personnes habituées depuis longtemps au café, n’éprouvent que faiblement son action qui finit, plus tard, par devenir tout àfaitnulle.
Les antagonistes du café lui reprochent son excitation intellectuelle, précisément parce qu’elle use le cerveau et peut déterminer une mort anticipée ou une vieillesse improductive. L’observation est loin de légitimer une semblable assertion, et l’on peut leur citer comme exemple Voltaire et Fontenelle, deux grands buveurs de café; le premier mort 11- quatrevingt-quatre ans, suite d’une imprudence ; le second mort centenaire.
Les ennemis du café vous disent bien plus haut, que le café dessèche les fibres et diminue l’embonpoint. Ce reproche n’est nullement fondé, puisqu’on voit, par le monde , beaucoup plus de personnes grasses buvant du café, que de personnes maigres. On sait que l’usage du café contre les maux de tête
est une pratique vulgaire qui a bien sa valeur. — On ne saurait nier que le café apaise et dissipe les vapeurs de l’ivresse ; on l’administre également avec succès dans les cas de narcotisme ; c’est un des antidotes de l’opium et des poisons stupéfiants. Enfin, il combat ou prévient certaines dispositions maladives; le plus grand nombre des observations prouve que l'usage modéré du café est plutôt utile que nuisible.
Beaucoup prétendent, d’après l’illustre Liebig, que le café, bu après le repas, arrête la digestion ; mais, un plus grand nombre certifient le contraire et prouvent la fausseté de cette assertion par une pratique journalière ; d’où est venue la coutume de la tasse à café après clmer.