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DES BONNES ET DES MAUVAISES DIGESTIONS

Une bonne digestion dépend de deux conditions essentielles : 1 0 de l'intégrité des voies digestives; 2° de la qualité et de la quantité des aliments.

Il est évident que, pour fonctionner physiologiquement, c’est-à-dire selon la nature, les organes de la digestion doivent être exempts de toute maladie, de toute entrave. Il n’est pas moins évident que les aliments grossiers ou de digestion difficile, seront difficilement chymifiés dans un estomac manquant d’énergie ou par l’estomac d’un convalescent, d’un vieillard, et pourront occasionner une indigestion. — Relativement à la quantité, les aliments pris outre mesure distendent l’estomac, qui ne peut plus e.vécu-

ter ses mouvements triturateurs; d’où une dig-estion laborieuse, et souvent une indigestion. Il est donc indispensable de régler la quantité des aliments sur la capacité et les forces de l’estomac.

Les signes d'une bonne digestion peuvent se traduire ainsi qu’il suit : — sentiment de bien-être après le repas ; circulation légèrement accélérée ; force musculaire augmentée; désir de prendre de l’exercice ou des distractions. Aucune sensation pénible ni dans l’estomac ni dans le ventre. La dig’estion marche intérieurement sans qu’on la sente ; en d’autres termes, les aliments doivent passer de l’estomac dans le premier intestin, et de celui-ci dans les autres intestins sans qu’on en ait la conscience. La nutrition, qui est la suite forcée de la digestion, participe des qualités de cette dernière. Une bonne digestion produit un bon chyle ; une mauvaise digestion donne un mauvais chyle.

% tl. DIGESTION LABORIEUSE. — INDIGESTION.

La digestion laborieuse se reconnaît à l’état de malaise dans lequel on se trouve quelque temps après avoir mangé. On éprouve des pesanteurs dans l’estomac, des renvois plus ou moins acides. La masse alimentaire, imparfaitement chymifiée, descend dans 1 intestin en s’accompagnant de borborygmes, de fia-

— Zifi

tuosités; quelquefois de crampes d’estomac, de coliques et de diarrhée.

L’indigestion est, à strictement parler, l’expulsion par le vomissement ou les selles, des aliments que 1 estomac n a pu entièrement digérer. Les rapports odorants, les aigreurs, les douleurs de ventre, sont ordinairement les seuls accidents dont l’indigestion s’accompagne ; parfois il y a frisson, anxiété, malaise général, qui ne se dissipe que par le vomissement.

Les causes de l’indigestion sont : une indisposition ou un état de souffrance de l’estomac ; la mauvaise qualité les aliments et boissons ou leur quantité exagérée ; quelquefois leur mauvaise préparation.

Quand l’estomac est mal disposé ou irrité, il digère mal ou refuse de digérer les aliments qu’on a l’imprudence de lui donner; alors, une indigestion est imminente.

Les aliments de mauvaise qualité agissent soit en irritant l’estomac, soit en provoquant une répulsion par le dégoût qu’ils inspirent. Mais la cause la plus générale de l’indigestion est , sans contredit , une trop grande quantité d’aliments ou de boissons ingérés dans l’estomac. En effet, cet organe, distendu, ballonné par une quantité qui dépasse ses forces, ne peut agir et se hâte d'expulser, par le vomissement, tantôt l’excédant et tantôt la presque totalité des aliments. C’est Vindigestion stomacale.

Lorsque les aliments, en excès, ont pu traverser le pylore et arriver dans l’intestin, la portion qui ne peut être élaborée, traverse le tube intestinal et ne tarde pas à être rejetée au dehors sous forme de diarrhée. C’est l’indig'estion intestinale.

g III. — TRAITEMENT I)E L’iNDIGESTION.

Il est des plus simples : la dicte et Veau. Loin de recourir aux spiritueux, aux élixirs, comme on le fait généralement, ce qui aggrave presque toujours les accidents , il s’agit tout bonnement de boire de l’eau tiède pour favoriser l’expulsion des aliments. Aussitôt que le vomissement a débarrassé l’estomac de la cause du malaise, les effets de l’indigestion cessent ; il ne. reste plus que la fatigue des efforts qu’on a faits et qui exigent le repos de l’organe. Si, par hasard, l’eau tiède ne provoquait point le vomissement, ce qui est très-rare, il faudrait recourir à l’ipécacuanha, à l’émétique ; c’est l’affaire du médecin.

Dans l’indigestion intestinale, c’est encore à l’eau tiède , aux boissons mucilagineuses, adoucissantes, aux lavements émollients qu’on doit avoir recours et qui obtiennent le résultat désiré.

Les boissons aqueuses tièdes, abondantes, ne contiennent pas seulement dans le cas d’indigestion, elles sont aussi très-efficaces dans les cas de pesanteur d’estomac, d’embarras gastrique, de digestion

laborieuse à la suite d’un repas trop copieux. — Les liqueurs spiritueuses, loin d’activer la digestion, ne font, au contraire, que la retarder, et convertissent bien souvent la digestion laborieuse en véritable indigestion.

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