DES DIVERSES QUALITES DE CHOCOLATS
La bonne qualité du chocolat dépend naturellement de la qualité du cacao et des soins donnés à sa fabrication. Le cacao Caraque est le plus estimé; le cacao des lies lui est inférieur. On peut réduire à deux espèces les variétés de chocolat: la première est le chocolat de santé ; la seconde le chocolat vanillé.
De tous les chocolats, celui de santé repose sur les éléments les plus simples ; il est uniquement composé de cacao et de sucre. Les estomacs excitables, les convalescents d’affections gastriques, les bilieux et les nerveux doivent user de ce chocolat de préférence à tout autre. Il nourrit, répare les pertes sans stimu 1er; c’est un bon stomachique pour ceux qui le digèrent bien.
Le chocolat vanille ne diffère du premier que par l’addition d’une certaine quantité de vanille ; il est plus flatteur à l’odorat, plus agréable au goût; il stimule légèrement la membrane muqueuse de l’estomac, et cette stimulation le rend plus digestible. Il convient aux lymphatiques, aux estomacs paresseux, qui ont besoin d’être stimulés, et aussi à toutes les personnes qui ont les organes de la digestion dans leur état de santé.
Mais, il faut le dire, dans beaucoup de chocolats étiquetés à la vanille, il n’entre pas un atome de vanille, à cause de la cherté de cette substance. On lui donne le parfum de vanille avec du benjoin; on y met aussi de la cannelle et autres aromates trèsexcitants, ce qui rend ce chocolat nuisible à beaucoup d’estomacs. La fureur du bon marche , en France, a forcé les fabricants en tous genres d’altérer leurs produits pour y trouver un bénéfice ; car, d’après le prix élevé des matières premières, ils seraient en perte s’ils livraient à bas prix la qualité supérieure. C’est pourquoi les personnes sensées qui veulent avoir du vrai chocolat à la vanille, doivent l’acheter dans une des grandes fabriques de la capitale, dont la réputation de probité est une garantie. On le paie plus cher, mais on n’est pas trompé. Du reste, le proverbe qui dit que le bon marche est toujours cher est strictement vrai.
La facilité avec laquelle on incorpore, dans la pâle de cacao, toutes sortes de substances, a permis de fabriquer diverses sortes de chocolats hygiéniques et médicinaux. Les inventeurs se sont largement exercés sur ce genre d’industrie ; parmi les nombreuses variétés de ces sortes de cliocalats, nous citerons les
Chocolat analeptique.
Chocolat tonique, stomachique.
Chocolat pectoral.
Chocolat ferrugineux ou martial.
Chocolat pharmaco-dynamique.
Chocolat purgatif.
Chocolat anthelmintique (contre les vers).
Chocolat aphrodisiaque.
Chocolat homœopathique.
Chocolat incrassant (propre à engraisser).
Chocolat des affligés (à l’ambre).
Et beaucoup d’autres qu’il serait trop long’ d’énumérer. Lorsque ces chocolats médicinaux sont fabriqués par des hommes compétents ou sous leur surveillance, on peut en faire usage avec confiance ; mais lorsqu’ils proviennent d’industriels qui n’ont d’autre but qu’un sordide intérêt, on doit s’en méfier, par la raison que, le plus souvent, ces chocolats ne contiennent point les substances annoncées dans le prospectus. Ainsi, par exemple, les chocolats analeptiques, qu’on annonce au salep, au sagou, à l’arow-root, n’en recèlent pas un atome ; c’est tout bonnement de l’amidon ou de la fécule de pommes de terre qui remplacent ces produits exotiques. Bien que cette fraude n’entraîne aucun danger pour la santé, elle n’en est pas moins un abus de confiance que l’autorité devrait réprimer.
Il existe d’autres falsifications beaucoup plus criminelles ; nous voulons parler de l’incorporation dans le chocolat des farines de pois, de fèves, de lentilles, de vesces, etc.; et de l’introduction de beurre, de
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graisse pour remplacer une partie du cacao. Ces falsifications n’ont lieu que pour les chocolats à bon marché ; il est aisé de les reconnaître à la dégustation et à l'odeur; car, au bout de quelque temps, la graisse ou le beurre se rancit et communique sa rancidité aux tablettes de chocolat; cette mauvaise odeur se manifeste surtout lorsqu’on les fait fondre dans l’eau.
Le bon chocolat, bien fabriqué, Offre une cassure nette et de couleur uniforme ; tandis que le chocolat falsifié offre une cassure graveleuse. — Mis dans la bouche, le bon chocolat s’y fond aisément, en lui communiquant son arôme. Le mauvais chocolat se fond difficilement et rend la bouche pâteuse. Lorsqu’on prépare à l’eau ou au lait le bon chocolat, l’odorat est délicieusement affecté de l’arôme de cacao que développe l’ébullition. Le chocolat falsifié par des fécules ou des farines, répand une odeur de colle. Enfin, il est des chocolats à bon marché qui, en vieillissant, répandent une odeur de fromage, ceuxlà devraient être saisis par la police, car ils ne peuvent qu’être nuisibles aux personnes qui les mangent.
Le bon chocolat, nous le répétons, est un aliment aussi sain que facile à digérer ; très-riche en sucs nutritifs, il s’assimile promptement et répare les forces épuisées ; il convient à tous les tempéraments et particulièrement aux personnes débilitées par suite d'excès ou de maladies.
A Paris, où la fabrication du chocolat s’opère en grand, il existe plusieurs fabriques de premier ordre à la tête desquelles se place la Compagnie Coloniale. Les chocolats de cette maison, dont la réputation méritée grandit tous les jours, sont faits avec des cacaos et des sucres de premier choix; de plus, les soins éclairés qui président h leur fabrication , les immenses ressources dont dispose cette Compagnie, son incontestable probité, sont les garants de la supériorité de ses produits. En effet, l’on peut, en toute confiance, acheter les chocolats portant la marque de la Compagnie Coloniale , avec la certitude de ne pas être trompé. Il serait à souhaiter, dans l’intérêt de la santé des consommateurs, que toutes les fabriques de chocolats marchassent sur les traces de celte maison modèle.
Forcé de garder un régime sévère par cause d’une maladie nerveuse gastro- intestinale, nous avons essayé de tous les chocolats de la capitale ; et, nous devons le dire a la. louange de la Compagnie coloniale , son chocolat de santé est le seul que nous ayons pu digérer facilement. C’est pourquoi nous le recommandons aux personnes affligées d’irritation d’entrailles, comme devant leur procurer quelque soulagement.