‹ Hygiène alimentaireChapitre 76 sur 155 · DU THE · texte numérisé non relu

DU THE

L arbuste qui fournit le thé est originaire de la Chine et du Japon. Les Chinois le cultivent depuis

un temps immémorial, et les Japonais lui attribuent une origine miraculeuse.

Après la cueillaison, les feuilles de thé sont soumises à divers manipulations qui ont pour but la dessication et le roulage. Cette dernière opération exige de grands soins et beaucoup d’habitude ; car mieux le thé est roulé plus il flatte l’œil. Nous n’entrerons point dans les détails de ces manipulations, qui sont étrangères à notre ouvrag’e ; on peut consulter, à cet égard, les traités sur la botanique.

Il existe en Chine une grande variété de thés : d’après la nomenclature extraite d’un manuscrit chinois, par le chimiste Klaproth,' on en compterait au moins cinquante-six variétés ; chaque variété est suivie d’une ou plusieurs épithètes qui indiquent la localité d’où elle provient, sa forme, sa couleur et ses propriétés.

Dans le commerce européen, îes thés sont divisés en deux grandes catégories : les thés noirs et les thés verts. D’après les renseignements pris sur les lieux mêmes, il paraîtrait que la distinction du thé vert et du thé noir n’est relative qu’au mode de préparation ; puisque les Chinois ont avoué qu’on pouvait faire, indistinctement, du thé vert ou du thé noir avec les feuilles du même arbre.

TnÉ9 Noms.

Pekoe ou pak-ho. — Le plus délicat, lo plus par-

famé des thés noirs, et aussi le plus cher. Son infusion rappelle la saveur de la noisette fraîche.

Orange pekoe. — Le mot orange a été ajouté par les Anglais, probablement à cause de sa couleur. Son infusion est assez agréable ; mais elle se fait rarement pure ; on y ajoute presque toujours une partie de thé souchong.

Cougo. — C’est cette variété de thé qui, en Chine, compose la boisson journalière des habitants; sa saveur est légèrement amère ; on préconise ses propriétés bienfaisantes.

Souchong. — On le considère comme le plus fort des thés noirs. lise récolte sur l'arbrisseau qui fournit le pekoë, et n’en diffère que parce qu’il a été cueilli quelques mois après le pekoë, ses feuilles étant arrivées à maturité. Son mélange avec le pekoë forme une boisson délicieuse, au dire des amateurs.

Pouchong. — Son arôme suave et pénétrant, sa légèreté, ses vertus bienfaisantes, le rendent supérieur au souchong.

Kien-poey. — Cette variété a beaucoup de ressemblance avec le souchong, mais elle lui est inférieure. En Angleterre, on ordonne le kien-poey comme boisson rafraîchissante.

tiies vekts.

Hyson. — De tous les thés verts c’est le plus es •

timé; il provient de la première récolte. Sa feuille exige une infusion plus prolongée pour développer l’arôme; elle s’ouvre alors entièrement. Sa saveur est un peu âcre.

Hyson junior. — Lorsque cette variété est naturelle, sans aucun mélange, sa feuille est petite, crispée, d’un vert jaunâtre. Sa saveur est agréable et son parfum offre de l’analogie avec celui de la violette.

Hyson-schoulong. — Variété assez rare qu’il faut commander une année d’avance pour en obtenir du véritable. Son arôme, assez développé, n'a aucune ressemblance avec celui des autres thés.

Poudre a canon, ou thè perle — Ce thé n’est autre que le hyson, dont les feuilles les plus petites et les mieux roulées ont été triées. Sa teinte est vert-foncé; il est nécessaire de faire infuser plus longtemps ses feuilles pour obtenir leur déploiement.

Thé impérial. — De même que le précédent, il provient du triage de l’hyson. Il existe en Chine un thé impérial, spécialement réservé pour la maison de l’Empereur, et qu’on ne trouve jamais dans le commerce.

Tun-ké. — Cette variété, peu estimée, provient de la récolte d’été ; son infusion, d’une couleur jaunâtre, a la saveur désagréable du poisson frais.

Page 1